LE COMTE D ECQUEVILLY AU MARQUIS DE VIBRA YE
pour un mois; mais ce n'est pas la faute de la foudre qui voudroit éclater d'ici à huit jours et prétend être assez sûre de la disposition d'une province qui l'avoisine et des arcades qui y sont pour entrer sur-le-champ. Tu peux être certain de ce que je te mande ; je l'ai vu, et cette certitude est arrivée pas plus tard qu'hier. Je suis étonné, d'après cela, qu'on t'ait mandé de ne pas te presser, car je puis te répondre que la précipitation de la foudre est telle qu'on a beaucoup de peine à l'arrêter et à démontrer qu'il vaut mieux attendre le concours de tous les moyens, dont on est assuré d'ici à cinq semaines au plus tard. Les fruits allemands^ sont tous d'accord, et on n'attend plus que la signature du jardinier ^ qui Ta promise authentiquement. On s'occupe aussi à Londres de nos affaires. La paix de la Russie est sûre ; tous les obstacles s'aplanissent chaque jour, et jamais nous n'avons été dans le cas de voir plus couleur de rose. Mon voisin promet toujours de s'en aller d'ici au 10 du mois prochain ; mais tu crois bien qu'on n'y compte pas et qu'on agit en conséquence. Si j'apprends quelque chose de plus positif, je tâcherai de trouver un moyen de t'en instruire. Mais quoi que tu entendes dire par gens se disant bien informés, sois certain que personne ne l'est mieux que moi et que nous touchons au dénouement.
Je n'ai pas besoin de te recommander le plus grand] secret sur ce que je te mande relativement à la foudre. Si tu disois un mot à cet égard, il ne seroit pas difficile de reconnoître par où il t'est parvenu, parce que je crois que l'impatience extrême dont je t'ai parlé n'a pas été confiée à beaucoup de monde.
Tu m'as fait grand plaisir de me donner de meilleures nouvelles de ta santé. Continue de la bien ménager pendant trois ou -^ quatre semaines et tâche qu'alors elle ne te fasse pas faux-bond . |
Adieu, je t'aime et t'embrasse de tout mon cœur. J
Du même au même.
[Ibid.)
Saint Thomas étoit un enfant auprès de toi, mon cher ami, en fait d'incrédulité. Je ne puis rien ajouter à ce que je t'ai