‹ Lettres d'aristocratesChapitre 294 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid.)

Bruxelles, ce 12 mai 1791.

e profite de l'occasion du duc de Crussol *, qui retourne à •is, pour t'écrire, mon cher ami. J ai eu grand plaisir à uver Victor' ici, à mon retour de la petite course que nous >ns faite à Ostende, et je désirerois bien t'y voir arriver si bientôt. Il m'a dit t'avoir écrit hier et mandé la difficulté s'établir à Mons. Je doute qu'il y ait de l'économie. La fumée charbon de terre en rend l'habitation malsaine, quand on est pas accoutumé. M™* d'Ecquevilly s, dont tu connois la me santé, n'y est restée que huit jours et y a eu la fièvre, îrois possible de te trouver ici un logement au même prix à Mons, en ne le choisissant pas dans le beau quartier, où illeurs il n'y en a plus. On est ici à portée des généraux, à source des nouvelles. Tu y trouveras beaucoup de gens de connoissance, Perrier, Lamoignon*, etc.. Tu crois bien ï je me compte aussi pour quelque chose. Je pense donc i, d'après toutes ces considérations, tu dois sans hésiter

Maric-François-Emmanucl de Crussol (1756-1843), dit le duc de Cmssol, du Tinnl de >èie Frauçoiâ- Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès.

Anne- Victor-Dents Hurault de Vibraye (1767-1843). fils du correspondant d'Ecquerillr. ra ci-après quelques lettres de lui.

M. d'Ecquevilly avait épousé Amable-Cécile de Durfort-Uvrac.

Je ne sais duaucl des trois frères Lamoignon il peut être ici question, de Chrbtiaa- -AufTuslin de Lamoignon, marquis de Baville (1765-1845), de Anne-Pierre-Chrèlîen. nie de Lamoignon (1770-1827), ou de Marie-Charlcs-Guillaume de Lamoignon ( 1767-

M. VICTOR DB VTfiBAYB A SON PÈRK 337

donner la préférence à Bruxelles. 11 faut alors que tu te décides promptement et que tu mandes sur-le-champ à Victor de te trouver une maison, à la recherche de laquelle je Taiderai.

J'aurois beau être à Paris, d'après ce que je vois, d'après ce que je sais, il me seroit impossible d'adopter jamais les opinions qu'on paroît y avoir sur les événemens qui se préparent. Nous en sommes à attendre le jour ; il ne dépend plus que de l'arrivée de toutes les troupes qui sont en marche : Hessois, Hanovriens, Autrichiens ; car il en vient encore 18.000 dans le Brisgau, où je crois que Glerfayt * commandera. Nous avons reçu, depuis quatre jours, un nouveau conseil de M. le comte d*[Artois], qui nous exhorte à la patience, d'autant qu'elle ne sera plus longtemps à l'épreuve. Toutes les mesures sont tellement prises, le plan si bien combiné que le succès est infaillible.

Tout est arrangé ici pour les affaires du pays. Les États ont eu une telle peur, en voyant arriver le comte de la Marck * ici, qu'il ne cherchât à y établir les principes de l'Assemblée nationale, qu'ils ont consenti à tout. Un courrier est parti surle-champ pour aller chercher l'archiduchesse qui est déjà à Dresde et qu'on attend avec impatience pour l'inauguration.

Adieu, mon cher ami, je t'embrasse de tout mon cœup.

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