Du marquis de Vibraye au marquis de la Queuille
{Ibié.).
A Bruxelles, ce 30 août 1791.
Plus j'ai réfléchi, mon cher Marquis, sur la proposition que vous m'avez faite hier au soir, plus je sens que je ne peux l'accepter. Une des raisons principales de mon refus est que cette formation, cette organisation de la noblesse par troupes ne peuvent présenter aucun avantage militaire, aucun moyen de concourir au succès de ce que nous désirons et qu*étanl faites avant que le prononcé de l'Empereur et de TEurope soil connu, elles ne peuvent que produire de grands malheurs particuliers, parce qu'elles seront connues publiquement aussitôt qu'elles auront été faites.
Vous connoissez d'ailleurs le François. Ce qui en fait partie ici y est venu librement. L'engagement que cette organisation va lui faire contracter lui déplaira beaucoup. Il semble même annoncer un doute sur la franchise de ses sentimens. Ne pourroit-il pas à toute rigueur même ne pas convenir de Tautorité qu'on exercera sur lui pour le retenir dans ce pays? L'exécution de cette organisation ne peut donc qu'être très désagréable pour celui qui en sera chargé. Je le sens trop, pour
1. Anne-f^uise-Caroline Gouyoa de MalignoD, morte en 1846. qui arait épwué Abw- Gharles-FrftDçois, duc de MonlmoreDcy, marquis de Fosseux (176S-1846).
î. Alexandre-Louis- Auguste de Rohan-Chabot, duc de Roban, prince de Léon (17Ct-lSI6 . qui avait épousé Anoe-Louise-Madeleine-Elisabelh de Montmorency.
3. Amable-Emilie de Chastillon, morte en 1840, qui avait épousé Marie -Praoçois-Bama- ■aei de Grussol, duc de Cnusol.
4. Jean-Claude- Marie, marquis de la Queuille et de Cbàteaugay (1742-1810), aaréclial <le eamp en 1788, député do la noblesse d'Auvergne aux Etats généraux.