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<. Neawiad. à 26 kilomètres de CoblenU.

360 M. ALEXANDRE DK SAINT-SOUPPLETS

On est ici très sévère sur messieurs les arrivans. On vienl d'emprisonner hier à la citadelle un jeune officier nommé Viennay, qui a été vu à Caen en voiture avec l'abbé Fauchet dont il est l'ami, ainsi qu'au club de la propagande de Caen. 11 y a quelques jours que M. de Montchenu *, rencontrant un oflicier des gardes du corps d'Artois, l'accusa en présence de tout le monde d'avoir été d'un club de propagande. A la vérification, il s'est trouvé que M. de Montchenu s'étoit trompé. Il y a eu plusieurs coups d'épée de donnés. En général, il faut être très circonspect, car on est fort susceptible.

On veut nous faire espérer ici que Gros- Louis ^ quittera sa prison pour venir nous voir. Cet espoir; dont on leurre les émigrés, ne sera, je crois, pas réalisé. Si cela arrivoit, il seroit absolument nécessaire, cher ami, que tu vinsses le rejoindre.

On attend l'abbé Maury. Il y a au moins dix lettres à la poste pour lui. M. de Bonnay ^ est venu hier. Il y a des gens qui le voient avec peine. Je ne sais comment il sera reçu de son Corps; il doitTôtre avec attachement, car il a parfaitement parlé sur le Corps en général, lors de l'arrestation du Roy. H y a dans ce pays un parti d'intrigues atroces. Plusieurs, à la vérité c'est le petit nombre, voudroient deux chambres comme en Anglelerre. Mais on ne parle pas [de] moins que de jeter parles fenêtres les auteurs d'un tel projet...

Je crois que d ici à huit jours, mon cher ami, je serai établi dans un grand château, à trois quarts de lieue de Coblentz, appartenant à un baron allemand qui loue à 19 de nous son château, moyennant 12 louis par mois, ce qui est exorbitammeiit cher. Cependant, comme une chambre dans un village se loue 18 ou 20 livres par mois, et qu'il faut aller patauger dans les crottes pour aller chercher son diner, je crois qu'il sera plus agréable pour moi de demeurer dans ce château avec mes camarades. Nous aurons une cuisinière et nous ferons ménage en commun. Notre cuisinière aura pour gages 12 sous par jour à partager entre 17, car j'apprends à l'instant que la chambre que l'on destinoit à deux autres camarades est pour les domestiques.

Ce jeudi, à 6 heures du soir. — J'arrive du palais de lÉlec-

i. Claude-Henry Marrin de Monlchenu, baron de Tliodure, colonel de dragons, maréchal de caïup en 1815.

i. Uuis XVI.

3. Charles-François, marquis de Bonnay (1750-1825', ancien officier aux Gardes du corps, député aux Etats généraux par la noblesse' de Nivernais.

k SON FRÈRE

leur, auquel j ai été présenté par M. le comte de Vergen Nous avons été 103 présentés depuis dimanche. II y a ici plus d'émigrés qui n'ont pas encore d'uniformes. Le princ« d'une affabilité extrême ; il dit un mot à chacun. A moi, il dit : « Y a-t-il longtemps, monsieur, que vous avez augm cette colonie ? » Ce soir, il y a un grand couvert. J'ai été £ présenté à la princesse Cunégonde, sœur de rKlecteur. 1 sieurs les prince de Gondé et duc de Bourbon sont V( aujourd'hui dîner chez l'Electeur, qui ne les attendoit pj qui a été très étonné de les voir. J'ignore s'il y a quelque ra cachée dans cette visite.

Adieu, mon trèô cher ami. Il est inutile que tu m'env mon épée, parce qu'on va nous en donner une en cuivre, d forme. Ne crois que ce que jeté manderai. Il y a ici deux p très distincts. Il y en a un qui veut le bien, et l'autre qui so le feu de la discorde. On assure que l'Archiduchesse a ord< à M. de la Ghastre de disperser dans les villes l'établisser de Ath, qu'elle trouvoit trop considérable et qui effraie le ton du Brabant. Il se débite aussi que M. le comte d'A projette un voyage à Vienne. Dans tous les cas, il faut esp que l'hiver mitonnera nos affaires...

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