‹ Lettres d'aristocratesChapitre 335 sur 541 · LA DUCHESSE DE SAULX-T A VANNES · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE SAULX-T A VANNES

renoncer. J'espère que ce ne sera pas pour longtemps. L'Empereur a une force si considérable, qu'il pourra arrêter les choses, aussitôt qu'il les trouvera aller trop loin.

Je me suis mise, en recevant votre lettre, tout à fait en colère contre la personne qui vous relient à Paris. Il est sûr que sa démocratie se trouveroit fort gênée ici, où elle seroit obligée de la renfermer très soigneusement. J*ai eu le plaisir de voir mettre à la porte, il y a quelque temps, deux citoyens françois vêtus d'habits nationaux. Ils sont proscrits, ainsi que la cocarde, sous les ordres les plus sévères. Je voudrois bien vous voir aussi, ma chère petite, soustraite au pouvoir national ; vous vous trouveriez fort bien d'habiter un pays d'esclavage, où régnent encore le fanatisme et les préjugés...

Il arrive du monde tous les jours. Le nombre des François qui est ici ne se conçoit pas... Nous avons eu des redoutes tout ce carnaval. Elles ne sont pas fort agréables. 11 y a un monde affreux, et l'usage immodéré que nos Flamands font du punch et du bishop rend fâcheux de danser avec eux. Mais, comme nous sommes beaucoup de François, on peut éviter cet inconvénient.

Adieu, ma chère petite...

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