‹ Lettres d'aristocratesChapitre 416 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Ibid.)

Paris, le !•' juillet 1792.

Monsieur,... depuis plusieurs jours, j*ai suivi la place; il ne se fait rien. Il faut voir ce que feront nos armées ; je crois que le branle commencera sérieusement vers le milieu ou la fin de ce mois. 11 faut attendre aussi ce que feront les jacobins qui sont dénoncés et attaqués par M. de la Fayette, et qui, n'ignorant pas non plus ce qui se dispose extérieurement contre eux, font rage pour ameuter tout le peuple et provoquer quelques massacres, à quoi, j'espère, ils auront bien de la peine à réussir; le parti des honnêtes gens grossit tous les jours, et ce n'est véritablement pas le peuple qui remue, mais bien la plus vile canaille. Enfin la partie est engagée, le gant jeté ; il faut que la querelle se vide. 11 seroit trop douloureux d'imaginer que les gueux pussent abattre les honnêtes gens. J'espère qu'il n'en ^era rien. Mais, quoi qu'ils fassent, ils auront bien de la peine à renouveler une scène semblable à celle qui a eu lieu le *20 juin ; la manière dont le Roy s'est montré dans cette circonstance pénible et difficile lui a concilié l'estime et le cœur de beaucoup qui le jugeoient sans caractère, et on peut dire que cette époque est faite pour l'immortaliser : les roys qui ont été guerriers n'ont jamais été exposés comme lui et n'ont pas témoigné plus de bravoure et d'intrépidité...

J'ai l'honneur...

Lefbbvrb d'Acy.

A If. VANLBRBBRGHB 469

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