Du même au même
{Ibid.)
Paris, le 18 janvier 1793.
Monsieur,... j'ai reçu l'honneur de la vôtre du 48, par laquelle je vois que le change de Londres a moins baissé qu'à Paris, ce qui me donneroit lieu de présumer que dans ce pays, peut-être, on ne regarde pas la guerre avec nous comme certaine, et feroit croire qu'on fera mieux de profiter de ce moment de baisse pour placer, si, comme plusieurs le croient, le jugement du Roy prononcé, tout reprendra, ce dont, néanmoins, je suis loin d'être convaincu... Je vous répéterai qu'on travaille
en aveugle, et que courtiers, agens de change ou aut ticuliers suivant la bourse ne peuvent rien dire de pré sujet. Il faut donc aller au hasard et d'après ses idées...
J'ignore si le jugement du Roy, qui vient d'être pi influera en hausse ou en baisse. Les uns croient que vention, qui vient de le condamner à mort à une ma 5 voix seulement, fera en sorte que les denrées de tout soient dès ce moment diminuées pour le peuple, et autres affaires se rétablissent en proportion. Âlais ce en leur pouvoir? C'est ce dont je doute fort, à moins < prennent aux uns pour donner aux autres, ce qui vraisemblable.
Tout ce que je puis vous dire sur cet événement e: naire, c'est que Paris est dans un calme qui resseï silence de la consternation, de l'effroi et de la mort, personne qui ne s'attendrisse sur le sort de ce malheure si puissant, et qui cependant périra sans oppositio exemple! Et quelles réflexions ne fait-il pas naître? Il f tendre et se résigner à tout, quels que soient les év^ subséquens.
Je n'en serai pas moins cordialement, et avec attac tout à vous.
Lefebvrr d' Acy .