Du même au même
ilbid., fol. 2-3).
Paris, ce 20 avril 1789.
Les envieux mourront et non jamais Tenvie.
Mon cher Docteur, c'est une grande vérité, et les gens les plus sages sont ceux qui ne voient dans tous les propos vides de sens que Ton débite que le besoin irrésistible que certaines gens ont de parler. Au surplus, j ai été hier à Versailles au baptême de Mademoiselle d'Orléans S et l'on m'a très bien reçu. Je crois que la besogne sera difficile à faire ; mais avec une logique différente de ceux dont vous me parlez, j'espère que je viendrai à bout de ce que j'ai entrepris.
M. de Guibert*, après avoir été éconduit de Bourges, pour la lecture de son mémoire', n'a pas voulu en avoir le démenti; Q l'a fait imprimer et, comme il est fort insultant pour le Roy, il s'est brouillé à Versailles* ainsi qu'à Bourges, et il a éprouvé le même sort ici. Il n'est plus rien au Conseil de la guerre.
Les Etats commencent toujours le 27. Mais le Roy n'y viendra que le 10 de mai. Nous y montrerons nos pouvoirs et nous serons assemblés dans nos Chambres particulières.
La procession et l'ouverture véritable sera le 10 de mai. Indépendamment des places nécessaires aux 1.200 députés, il
1. AdéUIde-Louise d'Orléans, dite M"* de Chartres, née à Paris au Palais-Royal le 23 août 1777, baptisée en la chapelle du château de Versailles, le 19 arril 1789.
î. Jacques- Antoine-Hippolyle. comte do Guibert, né en 1743, mort le 6 mai 1790, maréchal <fe camp, eoUaborateur du comte de Saint-Germain au ministère de la guerre.
3. Il arait été candidat i la députation aux Etats généraux dans le bailliage de Bourges, Mis l'assemblée de la noblesse arait refusé de l'admettre dans son sein. « A Bourges, dit l'sateur de la Correspondance secrète, le comte de Guibert a éprouvé une cruelle mortifictlioa. Un oHHcier, le Toyant entrer dans l'assemblée, lui dit ou'un homme qui avoit cherché à «fUir le soldat français ne devait point figurer parmi la noolesse frannûse. On le pria de ■ertir ; il s'obstina. On lui reprocha d'avoir décidé dans le Conseil de la guerre qu'on ptavoit punir le soldat par le plat d'épée et par le biton ; enfin après plusieurs avanies ■élées même de menaces, il fut obligé de se retirer » {Correspondance secrète. . . publiée par M. de Lescure, 1. 11. p. 340). Le mémoire, dont parle Sillery,est probablement celui que usibert fit paraître sous le litre de Projet de discours d^un citoyen aux trois ordres de t Assemblée du Berry, 1789, in-8*.
4. A la date do 2 avril, de Versailles : • M. le comte de Guibert, écrit encore Tanteur de b Correspondance secrète, est arrivé de Bourges. En débarquant, il a fait part an public ^■a précis de ce qui s'est passé à son égard à l'Assemblée du Berry. Les reproches qu'on Isi a laits peuvent n'être pas fondés ; mais ils prouvent qu'il s'est, on ne sait comment, Nada odieux aux militaires » (/6t(f., p. 341). Le mémoire, auquel fait allusion la Correspondance secrète, est le Précis de ce qui s'est passé à mon égcurd d V Assemblée du Berry (fi Ktrs). par M. le comte de Guibert. 1789. in-8*.
LE SAKOmS OB SILLERY
y a des places pour 1.800 personnes. La Reine et toute la cour y seront.
I.a noblesse de Paris s'afisemfale aujourdliui S et il y a du mécontentement relativement à la réduction de la Noblesse pour la nomination des députés *.
On assure que les nouvelles de Provence annoncent un peu moins d'effervescence.
Les logemens à Versailles sont hors de prix. Le bon Mar- <:illy^ a trouvé le moyen de me nicher assez passablement. L'appartement que M. le duc d'Orléans m'avoii doaiié u'étoit pas logeable.
Lorsque la mission sera finie, ceux qui ne seront pas contons de mon travail viendront me le dire ; mais iusqja'ii cette époque, mon cher Docteur, je ne veux croire qu'à la bienveillance demesconcitoyens.dont je ferai les affaires avec le plus de zèle qiL*il me sera possible.
Je vous embrasse et votre aimable famille de tout taoù cœur.
Vf
P,S. — Le 27, je prends mon logement à Versailles et je quîtk celui de Paris que je n'habiterai plus. Comme celui-ci me coûte 16 louis par mx)is, j*airae autant éviter cette dépense. Vous m'adresserez vos lettres à la Grande écurie du Roy à Versailles.
Mabquis db Silleut.