LB MARQUIS DE ROME A M. DE SALABBRRT
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de vice-poy. Le roy de Prusse est celui qui pourroit s'y opposer le plus, dil-on ; alors le système politique de l'Europe n absolument changer.
Tout le tapage arrivé dans le ministère a été ourdi par M°** de Staël* et M"* de Gondorcet*, qui menoient TAssemblée nationale à leur volonté. La veille du décret de M. de Lessart, elles avoient soupe avec 12 députés, des meilleures poitrines. Chacun avoit son rôle à jouer, et a parfaitement réussi. Mais la trame a été découverte, et M. de Narbonne renvoyée U vouloit être ministre des Affaires étrangères, et il remue encore ciel et terre pour y parvenir. Mais je ne crois pas que ceU reprenne.
Voilà, mon ami, l'état des choses. Il est grandement question de faire rentrer les trois régimens de ligne créés à Paris des ci-devant g[ardes] f[rançaises] dans la garde nationale, parce que l'Assemblée commence à la trop craindre et loi veut chercher à Taffoiblir. J'ai l'opinion contraire et je pense qu'étant divisés ils seront moins à craindre. Les sections se sont assemblées hier pour cela. Rien n'est encore conclu. Le vrai est que Ton prend de grandes précautions pour assurer U tranquillité publique. L'on devoit donner hier ce fameux opéra d'Adrien * ; mais on a craint le bruit, et il a été défendu de le jouer. Les amateurs crient que le droit de l'homme est blessé.
L'on s'égaie sur le jugement d'accusation prononcé par l'Assemblée contre M. de Lessart ; on le prétend inique, et deux députés que j'ai vus hier en gémissent et conviennent que jamais l'Assemblée ne se lavera de cette iniquité.
Tu prendras le temps de lire mon bavardage, si tu en as le loisir, ou bien tu me brûleras, tout comme tu voudras, mais j'ai voulu te donner une idée de notre position... Bonjour, je t'embrasse ; dis mille choses tendres et respectueuses pour moi à ta moitié.