‹ Lettres d'aristocratesChapitre 527 sur 541 · LETTRES DE M- DC THOMA881N A SON MARI · texte numérisé non relu

LETTRES DE M- DC THOMA881N A SON MARI

(avril 1794)

Notice. — En roule vers le Tribunal révolutionnûre.

Alexandrine-Claadine-^élicIté de Mandat, née à Neailly (Haute-Marne) Je âo octobre 1767, était la fille de Jean-Marie Galiot de Mandat, baron de Nully,et Grancey, grand-bailli de Chaumont-en-Bassigny,6t nièce de Jean- Ânloine Galiot de Mandat, seigneur de fierny, commandant de la Garde nationale parisienne, massacré le iO août. Elle avait épousé Alexandre de Thomassin de Bien ville, né en i7M, grand-bailli d'épée de Saint-Dizier. et avait, en 179i, deux petites filles Henriette* et Claudine-Marie-Zoé*.

Bien qu'une partie de ses parents eussent émigré, et notamment son père et son frère, Adrien-Simon Galiot de Mandat, M"« de Thomassin était demeurée avec son mari à Saint-Dizier; ils y avaient vécu tranquilles jusqu'au commencement de 1794. Mais, à cette date, une lettre de M. de Thi^massin à sa sœur ayant été interceptée, une perquisition fut faite ch« lui, qui aurait achevé de perdre cette famiille, si le simple billet qu'ils avaient entre les mains n'eût suffi déjà aux pourvoyeurs de la guiUotiae

On se souvient de ce M. Raclet, intime ami des Thomassin-Mandat, dont j'ai plus haut publié les lettres adressées à l'époque du Dix-Août à M"* de Thomassin. Ce fut précisément la découverte de cette correspondance qui décida en môme temps du sort de M. Raclet et de celui de ses amis. M»" de Thomassin fut arrêtée la première ' et quelques heures après, à son insu et alors qu'elle pouvait espérer que son mari était demeurt* libre, celui-ci fut de même incarcéré. Puis, par un raffinement d'inhumanité et pour laisser la malheureuse dans l'ignorance de toute Tétendae de son infortune, on dirigea les deux époux sur Paris à un jour d'intervalle, faisant partir M«« de Thomassin le 18 germinal an II et son mari le 19.

C'est à ce dernier, qu'elle croyait encore auprès de ses deux petites filles, tandis qu'il avait pris comme elle le chemin de la capitale, que M"« de Thomassin adressa les deux lettres que l'on va lire et qui ne furent jamais remises à leur destinataire. Mari et femme ne devaient se retrouver que devant le Tribunal révolutionnaire et au pied de l'échafaud. Ces*

1. Elle épousa Alhanase de Pcichpeiroux de Comminges, comte de GuiUul.

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