‹ Lettres d'aristocratesChapitre 85 sur 541 · Celait est faux. Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

Celait est faux. Voir plus loin, p

3. li. de Savonnières fut seul blessé. Il n'y eut pas de morts. ,

96 LE MARQUIS DE VSRGENxVBS

viande et la chandelle fussent diminués, ce que Sa Majesté a promis. Les femmes, en nombre de plus de 800, sont entrées à l'Assemblée nationale, où elles ont été très bien reçues sauf par le Clergé qu'elles ont hué et menacé.

Pendant ce temps, la troupe nationale de Paris est arrivée, en nombre d'environ 15.000 hommes, sous Versailles. Le Roy a envoyé au-devant de M. de la Fayette qui étoit à leur tête. M. d'Estaing a demandé au régiment de Flandre s'il étoit du parti de la Nation. Le régiment alors a retourné ses armes la crosse en haut et remis ses cartouches à la Garde nationale. Pendant ce temps, les dragons en détachement sont venus se joindre à M. de la Fayette. Les Gardes du corps retirés alors dans le Château se sont dispersés le plus vite qu'ils ont pu.

Le Roy, après la réception faite à M. de la Fayette avec les plus grandes marques d'estime, a donné ses ordres pour le départ du régiment de Flandre et reconnu pour sa garde les milices nationales de Paris et de Versailles. Les postes de l'intérieur et du dehors ont été pris à l'instant. Les patrouilles ont été faites concurremment par les deux troupes.

La Roy a signé et sanctionné la Constitution et a signé en outre la déclaration des Droits de l'homme S a donné des ordres pour que les villes de Senlis et de Soissons puissent apporter des subsistances à Paris, et ordonné de même à toutes les municipalités du royaume d'escorter les convois. Ensuite on a fait prêter serment par les troupes et les deux gardes nationales, à la Nation, au Roy et à la loi et d'empêcher tout désordre à Versailles.

P,'S. — Le 6, 11 heures du soir. — Le Roy, la Reine et toute la famille royale, s'étant déterminés dans la nuit à venir s'établir au palais des Tuileries, sont arrivés le soir entre 7 et 8 heures dans le même carrosse, escortés par les 15.000 hommes de la milice nationale, le régiment de Flandre qui partira de Paris, et grand nombre de Gardes du corps rentrés en grâce, selon son désir, au moyen de la cocarde nationale arborée, les uns à pied avec des bonnets de grenadiers et les autres à cheval et sans bandoulières. Les restes de deux des tués avoient été promenés le matin au Palais-Royal et à la Grève. Leurs Majestés ont été six à sept heures en route, par attention pour l'escorte à pied à laquelle ils ont fait faire quinze ou vingt pauses. Complimentés aux barrières par

1. Plus eiaclcmeDt. le 5 octobre, le Roi arait donné son i accession aai div<a« Articles de la CottsliluUon déjà décrétés ». {Arch. part., t. IX, p. 343.)

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le maire, ils ont été à l'Hôtel de ville aux acclamations générales de : « Vivent la Nation, le Roy et la Reyne ! » La ville étoit illuminée. Trente-six députés de TAssemblée nationale les sui voient \ et Ton dispose l'Ecole militaire pour y tenir désormais leurs séances. On compte les garder à Paris.

Tout s'est bien passé, et les fonds remontent déjà. Rien de plus étonnant, malgré l'escorte nombreuse, que la double haie de milice nationale en uniforme depuis les barrières à la Grève. La Reine surtout a voit l'air 'sensible et reconnoissant. Vous devez être content vous-même, mon cher ami, de l'étendue de ma relation, sur laquelle je vous souhaite avec mes hôtes mille bonsoirs et vais me coucher.

Mon fils, qui n'avoit point dormi depuis 36 heures, a bordé la haie toujours sur ses pattes depuis 3 heures jusqu'à 8, et s'en porte bien.

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