DXXXIV
A M. SPINUZZA A FLORENCE
Genève, 16 arril 1866.
Monsieur,
Mille soins de tout genre, sans compter la santé, m'ont empêché de vous répondre plus tôt. J'ai été et je suis touché de votre lettre. Il me faudrait cent mains pour vous dire à vous et à ceux qui vous ressemblent tout ce que j'ai dans le cœur. L'Italie, quoi qu'on fasse, marche et inarchera. Ne vous liez pas à de vieilles formes, à des choses finies et mortes. C'est un grand avantage pour vous, den'avoir pas, dans le dernier siècle, des idoles immobiles aux pieds desquelles vous pétrifieriez le présent. Ne sacrifiez pas le présent à une certaine manière fictive, ^ftificielle de voir le passé. Vous êtes libres, même de
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93; profitez de cet avantage, osez être de votre temps ; ne --..-'* 'regardez pas en arrière. Soyez, comme vous Têtes, des ï 'i?i -^hommes nouveaux. Nous périssons parla vaine imitation "^^■i^ de ce qui n'est plus, de ce qui ne peut plus être. Montrez en toute chose au monde ce que doit être une révolution au XIX® siècle.
Adieu, cher Monsieur.
Voire dévoué
EDGAR QUINET