A M. MONTÉNÉGRO A ANDRIA (ITALIE
Genève, 17 avril 1866.
Cher Monténégro. Les massacres de Barletta m'ont bien fsdt penser à vous. Que de haines et de ténèbres encore, sous la face libérale de notre siècle ! Ces haines et ces teurs peuvent bien encore rugir et assassiner, mais rien de plus; elles n'arrêteront plus le monde.
Avez-vous eu connaissance du projet d'un comité d'Ascoli Piceno, qui me concerne? Comme les Italiens se
^uviennent! Comme ils sont fidèles à quiconque les
aime !
Chef Monténégro, ne doutez jamais de moi, quand
que beaucoup d'autres ont perdue ; ils savent se souvenir, s'associer, persévérer, honorer ceux qui les ont servis;^— /:^ ce sont là les qualités qui fout les grands peuples. x> r: é
Il y a dix ans, j'ai présenté aux Français l'exemple des "•" Italiens dans tout le cours de leur histoire ; aujourd'hui, je présente, dans mon ouvrage la Révolution^ aux Italiens Veiemple des Français. Puisse le récit de nos calamités,
de nos chutes, profiter à tous les peuples qui renaissent.
Vous éviterez nos désastres et vous jouirez, peut-être
avant nous, des biens que nous poursuivons depuis bientôt
quatre-vingts ans.
EDGAR QUINET
même je suis obligé quelquefois d'ajourner ma réponse. Songez que j'ai deux cents correspondants et que ma femme est mon unique secrétaire. La force, la santé, le temps manquent souvent ! le cœur jamais.
EDGAR QUINET