‹ Lettres d'un émigrant ou Voyage au Canada [microforme]Chapitre 17 sur 29 · AU · texte numérisé non relu

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passer comme les lignes rivales des Etats Unis au milieu du grand désert américain, a l'avantage de traverser les contrées connues sous le nom de Zone Fertile, (Fertile Belt.)

De plus, le Manitoba est le centre de la navigation intérieure dans l'Amérique du Nord.

Winnipeg, capitale de cette province, est bâtie sur une langue de terre au confluent de l'Assiniboine et de la Rivière-Rouge. La première est navigable sur une longueur de plus de six cents milles, (mille kilomètres). La Rivière-Rouge, qui prend sa source dans l'Etat du Minnésota, est déjà navigable sur un parcours de 440 milles, (734 kilomètres,) à partir de Moorehead avant d'atteindre la ville de Winnipeg; de là, elle poursuit son cours jusqu'au lac Winnipeg, lequel est d'environ 300 milles, (500 kilomètres,) de long. Elle reçoit aussi les eaux de la Saskatchewan, rivière navigable depuis quelques milles de son embouchure jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses. Pour les besoins du moment, on a établi un ligne de tramways pour parcourir la courte distance qui sépare la partie navigable de cette grande rivière et le lac Winnipeg, Ce système de communication par voies d’eau est un des caractères physiques les plus remarquables de l'intérieur du continent de l'Amérique du Nord. La longueur totale des rivières est d'environ dix mille milles, (16,600 kilomitres,) dont trois ou quatre mille milles sont navigables pour les bateaux à vapeur.

Lors de sa visite au Manitoba, en 1877, l'ex-gouverneur-général, Lord Dufferin, dans un discours prononcé à Winnipeg, s'exprima ainsi sur les conditions de ce pays que nous venons de mentionner.brièvement :

« Si l’on considère sa position géographique et ce qui » la distingue des autres pays, la province du Manitoba » peut être regardée comme la clef de voûte de cette arche » puissante composée des provinces du Canada et s'éten- » dant de l'Atlantique au Pacifique. C'est ici que le » Canada, surgissant de ses forêts, découvrit pour la » première fois ces immenses prairies de ce Nord-Ouest » inexploré et apprit, par une révélation inattendue, que » ses territoires historiques du Canada, ses côtes mari- » times du Nouveau-Brunswick, du Saint-Laurent, ses » Champs de blé et ses pâturages à eux seuls plus étendus » qu'une demi-douzaine de Royaumes d'Europe n'étaient » que les vestibules de ce vaste pays dont on n'avait pas » eu d'idée jusqu'alors, et dont les dimensions incommen- » surables confondent les calculs des ingénieurs et de » explorateurs.

» À dater de ce jour, ne considérant son passé que » comme le prélude de ses futures destinées, il prit » un nouvel essor, puisa ses inspirations à une source » plus élevée et cessa de se considérer comme un endroit » propre seulement à l'établissement des colons le long » d'une rivière; mais il s’aperçut qu'il constituait à » lui seul la moitié d'un continent, grâce à l'étendue de » ses possessions, à la richesse de ses ressources et à la » vigueur de ses forces matérielles, il se sentit l'égal de » toute autre nation du globe. »

En’ parlant ainsi, Lord Dufferin n'exagéra rien. Au contraire, il s’est abstenu de donner libre cours aux pensées qui se pressaient en foule dans son esprit.

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