‹ Lettres de 1815Chapitre 19 sur 82 · A l'aide-de-gamp Sonnet · texte numérisé non relu

A l'aide-de-gamp Sonnet

Embrun, 5 mars.

J'ai reçu votre lettre et copie de celle du général Loverdo. Si ce général arrive à Gap avec les forces qu'il a à sa disposition, aous l'engagerez à se replier sur Embrun dans le cas ovi il n'aurait pas d'ordre contraire (1). J'approuve l'envoi au comte Marchand et au général Mouton-Duvernet de la copie de la lettre

(i) « Si le gcnéi-al LoverJo, s'étant retiré sur Sislcron, avait délruil les ponts qui sont établis sur la Durance, la marche rapide de Buonaparte aurait été arrêtée au moins de quaranle-Luit heures ; ce qui aurait donné le temps aux gardes nationaux de Marseille d'arriver ; la proclamation du préfet des Hautes-Alpes aurait eu l'effet auquel il devait s'attendre ; Buonaparte aurait été forcé de se retirer et même de fuir ; aucune troupe de li^ne n'aurait été à portée de renforcer sa garde ; la France et l'armée n'auraient pas à gémir aujourd'hui sur les maux qui affligent tous les vrais Français ». (Note de UostoUant.)

02 LKTiiiKs m: 1815

(lu général Loverdo. S'il vous arrive quelque cliose dans la jouniée, veuillez leur en donuor connaissance et leur dire que je nie suis retiré dans mes places Tories eu leur observant que je suis sans arg-enl pour la solde de« troupes ni apjirovisionuenient de viAres (1).

li. Au SOLS-PIIÉFET b'IVMliia .\

Embrun, .') mars.

J'ai l'honneur de vous prévenir que la garde nationale de Gap arrive ici demain. Kn conséquence, je vous invite à l"airt> tenir les logements]) rets. Vous engagerez les habitants d'Embrun à nourrir celle troupe, et vous voudrez bien aussi prendre les moyens les plus prompts pour approvisionner la place en vivres, vin, eau-de-vie, etc.. pour quinze jours au moins dans chaque place pour une garnison de 1.200 hommes à Embrun et autant à Mont-Dauphin, ^'ous ferez réunir sur le champ les cohortes do la garde nationale do rnrrondissenumt d'Embrun pour entrer en activité de service demain. A dater d aujourd'hui, il ne sortira rien delà place en vivres. J'en donne l'ordre formel au commandant d'armes.

'i)« J'afais rc|H'iid.Hnl In ceilitinlc, »%ci' la pcliloB rcssoiui c» du payt, d'avoir de» vivres au moins pour un mois, i (Nulc de Uoslollant.

LETlIiKS l)i; ISl.'i G3

\i\. A l\i:uvi:usKAi:

liiniijrun, 5 mais.

J'ai l'homieui' de vous adresser copie d'une lettre du i^énéral Loverdo où vous verrez la marche rapide de Buouaparte. Il est instant, et sans mettre de retard, (jue vous preniez toutes les mesures nécessaires pour ramiement de la place et des forts sous vos ordres. 11 vous arrivera incevSsamnient quelques compagnies d'artillerie. Si je puis me rendre près devons dans la journée de demain, je le ferai avec plaisir; j'en doute, car je suis occupé à taire armer Embrun et Mont-Dauphin. Voyez M. le sous-préfet et entendez-vous avec lui pour api^rovisionner la place au moins pour dix jours. Faites aussi prendre les armes à la garde nationale de Briançon pour être employée, ainsi que tous les citoyens de cette ville, à la défense de la place. Faites distribuer des cartouches et lenex-vous sur vos gardes. 11 est aussi néce^isaire que vous fassiez éclairer la route du Mont-Genèvre. Cet événement malheureux pour la France mérite la plus grande attention (1).

(i) <i Bonaparte, à son arrivée à liap, a fait dcuiander troi» officiers à la demi-solde, un, pour Gresoble. un, pour Valence, tl l'amlre pour Embrun, pour porter des proclamations ; le dcrni«r a été arrêté par mon aidedu camp, sur la route de Gap à Embrun ; à son arrivée, je l'ai fait mettre au cachot. » (Nets de RostoHant.)

64 LCTTliliS DE 1815

IG. Au COMMANDANT d'aUMES DE MoM-DaUPHIN

Embrun, .'» mars.

Au reçu de ma lettre, vous vous occuperez sur le champ de faire armer la place de Mont-Dauphin. Je m'y rendrai dans la journée. Ne perdez pas un moment, faites toutes les diligences possibles. Dans quelques jours nous aurons des canonniers, je vous ferai connaître les raisons qui m'obligent à cette mesure.

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