Frédéric Chopin à Camile Pleyel, à Paris
Palma, 21 novembre 1838.
Cher ami,
Je suis arrivé à Palma, pays délicieux — printemps perpétuel — oliviers, orangers, palmiers, citronniers, etc., etc. Ma santé se trouve mieux — et la vôtre? — J'ai eu le chagrin de partir sans savoir positivement comment je vous laissais. — Ne me laissez pas longtemps si loin de vous sans savoir si vous êtes tout à fait rétabli. Dites-moi aussi quelque chose sur les vôtres.
Adieu, Chérissime, mes respects à votre Maman et mille belles choses à Mme et Mr Denoyers.
Ch.
Adressez vos lettres:
A M. le chargé des Affaires étrangères à Marseille, pour faire passer à Mr le Consul de France à Barcelone (et sous enveloppe) à Mr Chopin à Palma de Mallorca.
Mon piano n'est pas encore arrivé. Comment l'avez vous envoyé? par Marseille, ou par Perpignan?
Je rêve musique mais je n'en fais pas — parce que ici on n'a pas de pianos... c'est un pays sauvage sous ce rapport.
26. — La comtesse d'Agoult au major Pictet, à Genève. Florence, 2,6 novembre [1838].
[...] Décidément, je me vante d'avoir mis les pianistes à la mode. George enlève Chopin, la p[rince]sse Belgiojoso accapare Dôhler [...]
27. — Frédéric Chopin à Albert Grzymala, à Paris. [Palma] le 3 décembre [1838].
Mon chéri,
remets à Fontana la lettre pour mes parents. Je toussote, je tousse et je t'aime. Nous parlons souvent de toi. Jusqu'à présent, je n'ai pas reçu de tes nouvelles. C'est un pays diabolique en ce qui concerne les postes, les hommes et le confort. Le ciel est aussi beau que ton âme; la terre est noire comme mon cœur. Je
t'aime toujours.
Ch.