Hebr., xi
a mis si près d'elle pour lui aider à porter sa croix. Qu'elle ne se détie point de Dieu, et il saura mesurer ses douleurs avec la patience qu'il lui donnera. Il n'y a que celui qui a fait les cœurs, et qui les refait par sa grâce, qui sache ces justes proportions. L'homme en qui il les observe les ignore ; et ne connaissant ni l'étendue de l'épreuve future, ni celle du don de Dieu préparé pour la soutenir, il est dans une tentation de découragement et de désespoir. C'est comme un homme qui n'aurait jamais vu la mer, et qui, étant sur un rivage sans pouvoir fuir à cause d'un rocher escarpé, s'imaginerait que la mer qui, remontant, pousserait ses vagues vers lui, l'engloutirait bientôt. Il ne verrait pas qu'elle doit s'arrêter à une certaine borne précise que le doigt de Dieu lui a marquée, et il aurait plus de peur que de mal.
Dieu fait de l'épreuve du juste comme de la mer; il l'enfle, il la grossit, il nous en menace, mais il borne la tentation. Fidelis Deits, qui non patietiir vos tenlari supra id qiiod potestîs \ Il daigne s'appeler luimême fidèle. O quelle est aimable cette fidélité. Dites-en un mot à votre malade, et dites-lui que, sans regarder plus loin que le jour présent, elle laisse faire Dieu. Souvent ce qui paraît le plus lassant et le plus terrible se trouve adouci. L'excès vient, non de Dieu, qui ne donne rien de trop, mais de notre imagination, qui veut percer l'avenir, et de notre amour-propre, qui s'exagère ce qu'il souffre.
Ceci ne sera pas inutile à X..., qui se trouble