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Paroles de consolation sur la mort de son époux

16 novembre 17 14.

Ce que vous me faites espérer, madame, est une des plus grandes consolations que je puisse ressentir dans tout le reste de ma vie. En attendant, je prie Dieu tous les jours qu'il vous console. Il y a une consolation que notre cœur ne veut point, et c'est avec raison; elle est vaine, et indigne de l'esprit de grâce. Mais il y a une autre consolation qui vient de Dieu seul. Il apaise la nature désolée ; il fait sentir qu'on n'a rien perdu, et qu'on retrouve en lui tout ce qu'on semble perdre ; il nous le rend présent par la foi et par l'amour; il nous montre que nous suivons de près ceux qui nous précèdent; il essuie nos larmes de sa propre main. J'espère, madame, que celui qui vous a affligée par un coup si accablant modérera

I. Henriette-Louise Colbert, seconde fille du miinstre, épousa en T671 le duc de Beauvilliers. De ce mariage naquirent treize enfants. Très occupée del'éducation deses huitfilles, la duchesse de Beauvilliers pria Fénelon de l'aider dans sa tâche. Le jeune abbé composa son traité de VÉducation des filles, ouvrage qui n'a, depuis deux siècles, que des admirateurs.

Il8 FÉNELON, LETTRES DE DIRECTION

votre douleur; il n'y a que lui qui le puisse faire. Ayez soin de votre santé ; elle doit être bien altérée : vous avez horriblement souffert. (VII, 388.)

28, — Consolations sur la mort de son époux.

5 décembre 17 14 Je profite de cette occasion pour VOUS dire, madame, combien je suis occupé de vous et de toutes vos peines. Dieu veuille mettre au fond de votre cœur blessé sa consolation ! La plaie est horrible ; mais la main du consolateura une vertu toute-puissarite Non, il n'y a que les sens et Timagination qui aient perdu leur objet. Celui que nous ne pouvons plus voir est plus que jamais avec nous. Nous le trouvons sans cesse dans notre centre commun. Il nous y voit, il nous y procure les vrais secours. Il y connaît mieux que nous nos infirmités, lui qui n'a plus les siennes, et il demande les remèdes nécessaires pour notre guérison. Pour moi, qui étais privé de le voir depuis tant d'années, je lui parle, je lui ouvre mon cœur, je crois le trouver devant Dieu; et, quoique je l'aie pleuré amèrement, je ne puis croire que je l'aie perdu. O qu'il y a de réalité dans cette société intime ! (VII, 390.)

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