AU DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS
bonnes intentions et aussi de ses fautes de français.
Je vous serai fort reconnaissant, monsieur, de cette petite rectification.
Eug. Delacroix.
Ce second billet est également adressé à M. L. Curmer, directeur de la revue les Beaux-Arts.
Monsieur,
Je ne m’attendais pas à voir sitôt confirmées mes tristes prévisions au sujet de X Andromède : j’apprends qu’un des derniers orages a rompu, précisément au-dessus du groupe, une grosse branche d’arbre qui a brisé dans sa chute l’une des mains de X Andromède et une portion du bouclier du Persèe. Je vous transmets sans commentaires cette nouvelle affligeante. Il va sans dire qu’on a aussitôt que possible restauré et fait disparaître les traces du dégât ; mais cette restauration n’est elle-même qu’un outrage de plus. Les amis des arts doivent-ils déses-
pérer encore de voir arracher à une destruction totale un des ouvrages les plus capitaux du plus grand sculpteur français?
Agréez, monsieur, etc.
Eug. Delacroix.
Ce beau groupe a enfin trouvé sa place, au Louvre, dans les salles de l’École française.
A Mme FR. VILLOT
Ce samedi matin (1844).
J’ai appris, chère dame, qu’on était venu àChamprosay pour vous et qu’on n’a pu vous rapporter la petite porcelaine qui était chez moi ; je suis désolé de ce contre-temps ; je l’ai rapportée chez vous sitôt que je l’ai su, vous priant de m’excuser.
Je comptais être à Paris samedi et j’aurais essayé de vous voir ce jour-là ou le lendemain, car voilà 4 bien longtemps que je suis privé de ce plaisir auquel la vie des champs m’avait accoutumé. Voilà que Jenny vient d’être prise d’une de ces crises qui lui
durent trois ou quatre jours. Elle est au lit tout à plat, et comme elle est la grande ordonnatrice des paquets et que mon retour est définitif, je suis ici le bec... sur mon fauteuil, car j’ai été pris aussi d’une indisposition à laquelle je suis sujet et qui me rend très-pénible d’aller et de venir. Voilà de vrais malheurs. Aussitôt mon retour j’irai voir comment vous allez et si le séjour de Paris vous réussit. Recevez donc en attendant mille vœux et hommages de cœur.
Eug. Delacroix.