A M. E. LEPOITEVIN
Ce mercredi.
Mon cher Lepoitevin, je vous prie de vouloir bien être mon interprète auprès de nos confrères de la Commission pour les prier de m’excuser si je ne puis
me rendre à la séance de demain. Je suis trop indisposé pour me permettre une sortie, surtout le soir : je l’étais déjà la dernière fois, et il aurait été plus prudent à moi de garder la chambre.
J’ai réfléchi à un des objets les plus intéressants qui se rattachent à notre projet d’exposition : j’aurais à cœur de soumettre mes idées à ces messieurs au sujet de la formation du jury. J’ai, au reste, déjà parlé de ces idées à quelques-uns d’entre eux, qui m’ont paru les accueillir. Dans le cas où je ne serais pas présent quand il sera question de cet article important, je prends la liberté d’en dire ici quelques mots que vous communiqueriez à la Commission et qui mettraient peut-être sur la voie de quelque chose de meilleur encore.
.Une idée de l’ancien projet, quoique inexécutable à la pratique, présentait un grand avantage : c’était de rendre en quelque sorte tout le monde juge de tout le monde. On sera frappé en meme temps du désagrément de la perte de temps et de la difficulté dans les fonctions de jurés, surtout quand ils fonctionnent en petit nombre.
Je crois qu’il n’y aurait aucun inconvénient à faire nommer par les exposants cinquante jurés , tout autant, mais qui, n’agissant que par fractionnement de cinq ou sept personnes au plus (trois, à mon avis, ne feraient que mieux la besogne), ne verraient revenir leur tour qu’à des intervalles assez éloignés