Passage précédent supprimé dans les édil. anler
Mss. 9358, KOL. 86.
LETTRE CVIIl A M. Belin, Docteur en médecine a Troyes.
Monsieur,
Je doibs responce à vos deux dernières. Le gazettier ne pouvoit pas se contenir dans la médecine, qu'il n'a jamais exercée, ayant tousjours tasché de faire quelqu'autre mestier pour gagner sa vie, comme de maistre d'eschole, d'escrivain, de pédant, de surveillant dans le huguenolisme, de gazettier, d'usurier, de chymiste, etc. Le mestier qu'il a le moins fait est la médecine, qu'il ne seut jamais ; c'est un fanfaron et un ardello, duquel le caquet a esté rabaissé par cet arrest, que nous n'avons pas tant obtenu par nostre puissance que par lajustice et bonté de nostre cause, laquelle estoit fondée sur une police nécessaire en une si grande ville contre l'irruption de tant de barbares qui eussent icy exercé l'escorcherie au lieu d'y faire la médecine'.
Nostre apothiquaire n'a pas encor ouï parler de M. Bareton. Ce petit garson là n'a guère soin de ses affaires ny de
1. Ce passage concerne les médecins étrangers à Paris dont quelques-uns appartenaient à la Faculté de Montpellier et que llenaudot s'était adjoint pour sa consultation de la rue de la Calandre. L'arrêt du 9 décembre 1()43 rendu par le prévôt de Paris et confirmé par la cour dans son arrêt du 1" mars 16ii leur défendait d'exercer la médecine à Paris, conformément aux prétentions et aux statuts de la Faculté. ^( Nul n'exercera la médecine à Paris s'il n'est docteur ou licencié de la Faculté de médecine de Paris ou s'il n'y a été agrégé selon la coutume (art. 50 des statuts). C'était un des statuts qui lui tenait le plus à cœur, et elle interdisait à ses médecins de consulter avec les docteurs appartenant aux écoles de province résidant à Paris. Un décret du 5 novembre loOi, rendu à contre-cœur, et bien des fois regretté, faisait exception pour les médecins du roi, des princes et des grands de la couronne, pendant que la cour résidait à Paris et aux environs. Après sa victoire, la Faculté revint sur ce décret, le 15 avril 1644, et refusa d'enregistrer les médecins du duc d'Orléans et du Prince de Gondé. '
son honneur ; si cela se peut faire aisément, vous m'obligerez d'en dire encore quelque mot, à la charge qu'une autre foisjeserayplus sage, et quejepraliqueray plus exactement ce bon mot de l'Apocalypse : qui sordescil sordescat adhiic : il a esté bien et fîdellement servy ; il s'en devroit soubvenir. Vous m'avez fort obligé de distribuer mes thèses, dont on me demande si grande quantité de toutes parts, que j'en ay donné plus de cincq cents depuis un mois ; Si en desirez d'austres, vous n'en manquerez pas. Il y a longtemps que je n'ay pas veu M. vostre fils ; je ne sçay à quel jeu j'ay perdu ses bonnes grâces , il ne doibt pas s'estranger ' de moy, veu le dessein et l'envie que j'ay de le servir. M. le duc d'Orléans ' est devant Gravelines' : le Roy et la Reine sont à Ruel pour y prendre Fair. où après avoir esté quelque temps, ils iront à Fontainebleau. Madame la comtesse de Soissons est icy fort malade '. Il n'y a rien de nouveau en nostre Faculté ; nous avons dessein de faire imiirimer quelque chose, dont je vous fcray part en son temps, et qui fera secouer les oreilles à quelqu'un. Pour les loyolistes, pestem hanc longe latèque serpentem, etiain invilis Diis, àfinibus veslris prociil arceat Deiis Optimiis maxinms. Je vous baise très humblement les mains et à tous nos amis de delà, pour estre toute ma \ie.
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Pati>.
De Paris, ce 9 de Juin 1644.
Edit. de Rotterdam 1695.
— Paris 1^6.