‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 203 sur 260 · Cf. Lellre et note du 29 mai i6U · texte numérisé non relu

Cf. Lellre et note du 29 mai i6U

Mss. 9357. FOL. 31.

LETTRE CLVIII A Monsieur Spon, docteur en médecine, a Lion.

Monsieur,

Je vousenvoiay, le 24 de mars, un pacquet de lettres dans lequel deux des miennes étoient contenues avec l'épistre de M. Hofman liOurM. Gras, ut prœjigalur ù^actatui de anima. Depuis ce temps là, je vous diray qu'il est mort icy un habile homme d'advocat et considérable en sa sorte, éloquent et sçavant, magnl nominis et cselebs, nommé M. Hilaire. Cefutluyqui plaida contre ^I.le Prince pour Madame de Combalet, et qui défendit le testament du Cardinal de Richelieu'; il a esté un des accomplis personnages qui ayent jamais esté dans le Palais : il n'y avoit pas quinze jours que sa mère estoit morte chez luy : il avoit quelque peu moins que soixante ans. 11 court icy un libelle diffamatoire du gazettier de Cologne, ou au moins, soubs son nom , contre le gazettier de Paris", M. Hilaire estoit un homme purement atrabilaire, qui, tamen morum suaintate, étoit aimé de tout le monde. Le premier médecin du Roy la veu en sa maladie, et luy a donné de l'or potable ', nonobstant lequel, siii desiderium slatim reUquit.

Enfin, les voleurs ont esté exécutez, le vendredy 27 de mars, au bas de la rue de Tournon; la femme de Campy a premièrement esté pendue : les deux massacreurs, sçavoir

■1. Cf. Note : Lettre du 8 mars i6li!i.

Page 1