‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 43 sur 260 · LETTRE XXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXVIII

A Monsieur Belin, docteur en médecine, a. Trotes, EN Champagne,

Monsieur,

Je vous eusse plustot escript si je n'eusse espéré de parler à M. M. Seguyn ou Cousinot ; le premier desquels n'est pas en cette ville, et le second que je n'ay pu encor attraper depuis la vostre reçeue ; je vous escris néantmoins afin que vous ne soyez pas davantage en peine. Je ne croy pas que M. Bouvard ' vous puisse faire continuer vostre syn dicat ; outre que je ne sache personne qui l'en veuille prier, pas mesme M. Cousinot. Le bon homme n'est pas comme le grand prestre Ely^, qui nimium erat indulgens in suos : et pour ce faire, il faudrait avoir un arrest du Conseil contre lequel vos jeunes s'opposeroient, n'estant donné que sur simples requestes et parties non ouïes ; il faut qu'en cela, la coustume vous juge, et sans doute que le Parlement en jugera ainsi. Si on s'en rapporte à l'usage de nostre eschole, nostre doyen est changé de deux en deux ans, et un nouveau establi selon les statuts, lequel est appelé à la visite età l'examen des apothiquaires et des chirurgiens. Si vostre coustume immémoriale est formellement contraire à cela, c'est à vous à l'exhiber et la faire valoir ; car si celuy qui a eu devant vous le syndicat ne l'a eu perpétuel en sa oersonne, on vous monstrera l'usage formellement contre vous, et en ce cas ne le pourrez retenir, si vous ne rescusez d'incapacité ceux qui veulent jouyr du mesme droit. Voylà

1. « Bonnard » dans les édit. aniér. Il s'agit de Bouvard le médecin de Louis XIII.

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