II
— Paris 1846.
Cinq-Mars. Malgré son clat de sanlé, Richelieu recherchait activement la preuve matérielle de la culpabilité du favori — dont il avait la certitude morale — et qui était indispensable pour convaincre le roi. L'agitation que lui donna cette affaire, jointe à ses autres soucis de gouvernement, aggrava son état. Les médecins lui conseillèrent de quitter Narbonne dont le climat — comme le disait justement Patin — était et est resté insalubre, pour se rendre en Provence. Le roi se joignit à ces sollicitations. Le Cardinal obéit, quitta Narbonne le 27 mai, se dirigeant sur Tarascon. On lui remit à Arles la preuve qu'il recherchait, livrée peut-être par l'Espagne elle-même : la copie du traité conclu avec celle-ci par Gaston d'Orléans, le duc de Bouillon et Cinq-Mars; ce document qui devait entraîner la perte du favori et raffermir Pinfluence de Richelieu parut lui rendre un instant les apparences de la santé. Après son entrevue avec Louis NUI, qui était venu le rejoindre à Tarascon, entrevue dans laquelle ils arrêtèrent la mort des conspirateurs, avant même la réunion du Tribunal qui devait les juger, il écrivait au roi, que sa visite lui avait produit un si bon effet « qa'en me fesant panser à six heures, je levay mon bras tout seul à In vue de toute la Faculté ». Avenel. Lettres de Richelieu. T. VI, p. 951).
Mss. 935S, i-OL. 59.
LETTRE LXVll
A Monsieur Beli>, docteur ein médecine a Troies.
Monsieur,
Comme je pcnsois à vous faire rcsponce. Monsieur votre frère est icy tombé malade; il a eu quelques accez d'une tierce qui n'est pas encor bien réglée, laquelle néantmoins le sera, si la nuit prochaine elle revient, stata periodo. Comme quoy qu'elle face, j'espère que nous en aurons raison, soit qu'elle vienne ou non. 11 a esté saigné quatre fois, et a pris quelques lavemens qui l'ont fort soulagé ; j'ay pressé les saignées au commencement, melu suffocalionis qiise à nimia pleihorn videbalur perlcalum minarl. Quand il sera tout à fait guéry, nous solliciterons vostre procez.
Je ne crois, ny ne croiray, ny en possessions, ny en sorciers, ny en miracles, que je ne les voye et les discerne. Je crois tout ce qui est dans le Nouveau Testament, comme article de foi, mais je ne donneraypas telle authorilé à toute la légende des moines, fabulosis et commentitiis narrationibus Loyolitarum, qui, dans leurs romans qu'ils nous envoyent des Indes, disent des choses aussi impertinentes et aussi peu vrayes que les fables d'Esope'. Vous diriez que ces gens-là ne travaillent qu'à infatuer le monde; il est vray que si nous estions tous bien sages, ces maistres pharisiens du christianisme seroient en danger de bientost mourir de faim. Credo in Dcum Chrislum crucifixiiin^etc.,. de minimis non carat prsetor. Le mensonge est une chose
1. Ésope, fabuliste grec, né en Plirygic au Vie siècle av. J.-G.
■2'2G LETTHKS DE (iUi PATIN
horrible et indigne tout à fait J unhonneste liomme ; mais c'est encore pis que tout cela, quand il est employé et meslé dans les affaires de la religion. Chrislus ipse, qui veritas est, non indigel mendaclo. Je ne scaurois goûter les puantes fausselezque les moines débitent par le monde pour authoriser leur cabale, et m'estonne fort, imo serio irascor, de ce qu'ils ont tant de crédit. Noctarnos lémures, portenlaque Thessala, saavUer rideo, sed Lacitus. Vide franciscanuni Georgii Buchanani' sub finem; videbis opus mirabile, ut sunt omnia admiranda illius hominis. MM. de S' Mars S de ïhou' et Ghavanac ' sont encore de delà, et ne scay s'ils seront si heureux d'estre icy amenez. Son Eminencc est encor à Tarascon, nonduni conjîrmata valetudine. Le Roy, vient, ce dit-on, bientost, à Fontainebleau ; mais néantraoins, on ne dit pas encor qu'il soit parti de Lyon. La Reine-mère est morte "* à Cologne, le 3 de ce
1. Franciscanas. Poème satirique contre les Cordcliers, Irailuit en français, Seoan, 1599, in-S", et en vers français, par Florent Chrétien Genève, 1o67. Est connu sous le nom de « Cordelier de Biichanan » . — Buchanan (Georges) (io06-lo82), poète et historien, avait publié un autre ouvrage diffamatoire contre les moines, Frater Fralerrimi.
2. Cinq-Mars (Rusé Goiffier, marquis de), Maître de la garde robe du Roi, grand Ecuyer de France, né à Cinq-Mars (Touraine), en 1620, exécuté à Lyon le 12 septembre 1642.
3. Cf. note : Lettre du 20 novembre 16i2. — Thoù (Auguste de), né à Paris, vers 1607, fils du grand historien de ce nom, successivement conseiller au Parlement, maître des Requêtes et conseiller d'Etat, vivait à la cour où il se lia avec Cinq-Mars. Il reçut la confidence du complût, et quoiqu'il ait pu invoquer pour sa défense qu'il y était resté étranger, il fut condamné. Il paraît prouvé que Richelieu, se rendant par le Rhône de Tarascon à Lyon, le traînait à sa suite dans une galère remorquée par son propre bateau. (Avenel. Corresp. de Richelieu. — L. ^t87...) Ce fut sans doute pour économiser une escorte, mais on fit par la suite de cet incident un orgueilleux caprice de vengeance du cardinal de Richelieu. (Cf. Bazin, op. cit. T. v. p. 402.)
4. Cliavanac ou plutôt Ghavagnac, gentilhomme auvergnat protestant, qui semble représenter dans le parti de Cinq-Mars la cause de la Religion réformée.
•J. Marie do Médicis, chassée de Londres par la haine du catholicisme (22 août 1641) abandonnée par l'Espagne et repoussée par la Hollande, s'était réfugiée dans l'électoral de Cologne (12 octobre 1641). C'est dans cette ville que cette princesse, dont quatre des enfants
A BELIN m
mois '. Pour Monsieur, frère du Roy, siint turbatœres suœ : son traité n'est pas encor achevé.
Je vous baise très humblemeut les mains, à Madame Belin, et à M. votre frère, et scray toute ma vie,
Monsieur, \ostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 18 de Juilkt 1G42.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1SJ6.
comptaient parmi les souverains de l'Europe, mourut le 3 juillet 1642; dans l'abandon et le dénuement.
1. R. Parisc et les anciens éditeurs ont écrit: <( La Reine-mère est encore à Cologne ».
LETTRES DE (iLl PATIN
Mss. 9358, FOL. 70.
LETTRE LXVIII A Monsieur Belin, docteur e> médecine, a Trotes.
En continuant mes devoirs à vostre endroit, je vous asseureraypar la présente que M. vostre frère va tousjours de mieux en mieux; Faccez de samedy, après midy, fut fort tolérableau prix des autres, et bien plus court; luy-mesme l'avoue franchement, et se contente fort de nostre procédé. Hier, qui fut dimanche, il fut repurgé, leni et benigno medicamenlo à quo mira dejecit, et surtout un grand plein bassin de bile jaune, grasse, espaisse et visqueuse, au grand contentement du malade et du médecin. Sa fièvre estant devenue doresnava.it simple tierce, son accez sera aujourd'huy après midy ; mais j'espère qu'il sera bien léger, et que nous irons toujours en amendant jusque à la fin. Dès qu'il y aura quelqu'autre changement, qui sera, à ce que j'espère, dans deux ou trois jours, je vous en donneray advis. Vostre M. le Fèvre, qui a apris son empirique à Rome, nous a icy laissé de la prati(|ue; avant que de partir, il a conseillé à une femmephthisique, qui avoit un flux de ventre, de prendre de la Ihériaque pour luy appoiser ce flux ; elle en a pris quatre fois ; elle a achevé de brusler son luminaire avec grandes douleurs. M. Moreau en a consulté ce malin avecque moy: elle n'a pas oublié de bien maudire son docteur thériacal. Voilà comment les charlatans nous donnent bien de la pratique malgré eux. On dit qu'il a bien emporté de l'argent de deçà, je le veux bien, per me sinl cmnia prolinus alba : j'aimcrois mieux moins gagner, et sçavoir mieux faire mon mestier, n'estre point charlatan,
etc. Mais qu'y ferions-nous ? necesse est hœreses esse, ut Veritas mani/estetur.
De rébus aulicis nihil novi. La cour est à Fontainebleau, comme aussi M. le chancelier ', qui de là, s'en va à Lyon, faire le procez aux prisonniers qu'on doibt amener. On dit que le prince d'Orange ' a envoyé au Roy pour obtenir quelque chose en faveur de M. de Bouillon' : ce sont affaires de princes, de quibus Deus ipse videbit.
Je vous baise les mains, à Madame voslre femme et à M. vostre frère, pour estre toute ma vie,
Patiiv.
De Paris, ce lundv 28 de Juillet 1642,
EiiiT. DE Rotterdam 1695.
iD. 1725.
Paius 1S46
1. Le chancelier Seguier. — Cf. sa noie: Lettre du 20 mars 1633.
2. Orange {Henri Frédéric de Nassau, prince d'), sthatliouder de Hollande, né à Delft, le 28 février 158i, mort à la Haye, le 14 mars 1647. Fils d'une Française, Louise de Coligny. il était l'oncle de Bouillon. Sa vie fut remplie par sa lutte contre l'Espagne en faveur de l'indépendance de sa patrie. Par le traite de Paris 1G36, il avait conclu une alliance avec la France.
3. Bouillon {Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de), né à Sedan le 22 octobre IGOo, mort le 9 août 1632. Fils d'Elisabeth de Nassau, princasse d'Orange. Il obtint sa grâce, en échange de sa ')rincipauté de Sedan, que sa femme la duchesse de Bouillon livra au Roi sous cette condition. La négociation de cette affaire fut conduite par le cardinal Mazarin,
Mss. 9358, FOt. 71.
A Monsieur Beli>. doctelh en médecine, a Troyes.
C'est en continuant pour vous donner toujours asseurance que je fais ce que je puis à la maladie de \lonsieur vostre frère : il est fort mal le jour de son accez qui, combien qu'il diminue et en longueur, et en la grandeur des symptômes, ne laisse pas de l'incommoder et de l'embarrasser bien fort, à cause de la foiblesse dans laquelle l'ont réduit les accez très violens qu'il a eus par cy-devant. Son dernier accez futlundy, 28 de ce mois ; il dura huit heures. Le mardy 29, qui fut hier, il fut purgé d'un petit médicament qui fit merveilles pro natura sua. Hier au soir, il estoit en bon estât; ce matin, il a pris un lavement pour tant plus desboucher son ventre, qui est extrêmement désemply depuis douze jours. 11 a vuidé une si grande ([uantité deglairesbilieuses, jaunes, verdastreset noirastres, que je m'estonne, combien qu'il ait esté fort mal, qu'il n'en ait encor esté pis, voire mesme qu'il n'en est crevé. Il est vray qu'il a eu sept ou huit accez extrêmement rudes : il a esté saigné huit fois, et ne luy a esté tiré que du sang très corrompu. J'espère qu'à ce soir, il aura un accez plus doux qu'il n'a point encor eu, et que doresnavant tout ira de mieux en mieux ; je vous en donneray advis, Dieu aidant.
Toute la cour est à Fontainebleau ; M. le chancelier y estoit allé saluer le Roy pour aller de là à Lyon y faire le procez aux prisonniers d'Estat, in qiiibus potissimum lugeo Franc. Thuanum claris.fimi viri filium ; mais on dit que son voyage est différé : iitinam ad salulcm Thiiani. cujus
parenii et indefesso in scvibenda historia labort plnrimuin debcnt omnes quolquol Musas amant, atque bonariim litterarnm suavitati incuminuit. Yostre procez est sur le bureau; je le recommanday hier à M. du Laurans.
Je vous baise les mains, à madame Belin, et à M. voslre frère, comme aussi à MM. Camusat et Allen, avec dessein d'estre toute ma vie,
Monsieur,
De Paris, ce mcrcrcdv malin 30 de Juillet 164i '.
Edit. ut: Rotterdam 1695.
— Paris 1816,
1. Letthe datée du 30 juillet '16i-.3 dans les édit. A^iTi'n.
Mss. 9358. FOL. 72.
LETTRE LX\ A Monsieur Beli>, docteur en médecine, .v Troies.
MojiSIEUR,
Je vous dii-ay en continuant que Monsieur vostre frère eut hier son accez, qui dura huit bonnes heures, avec frisson et vomissement dans le commencement, et sueur à la fin : je le vis hors de son accez, in perfecla dn-jf,-iiy.. Il m'a avoué que cet accez luy a esté beaucoup plus supportable que tous ceux de par cy-devant. Je luy ay promis, et j'espère qu'il sera vray, que doresnavant tous ses accez diminueront à veue d'œil. Il doibt avoir son accez demain à huit heures au matin ; afin de diminuer la matière qui le fomente, je Tay purg aujourd'huy avec casse, séné et sirop de roses palle, quali medicamenlo incredibile est qiiot et quanta dejecerit antehac. Selon Testât auquel il sera, j'espère que je ne perdray aucune occasion de vous en donner advis. Les jésuites sont brouillés à Rome ; on dit que le pape leur a osté tous leurs privilèges, et qu'il veut les réduire à petit pied : fiat,fiat ! On dit que Monsieur le Chancelier ne bougera d'icy, et qu'on amènera les prisonniers au parlement afin de leur faire faire icy leur procez *. Le général Lamboy est icy prisonnier dans le bois de Vin-
1. li y eut peut-être hésitation. Mais on se décida pour Lyon où ils furent jugés par un Tribunal d'exception ainsi formé : Sept magistrats du Parlement de Grenobh;, et cinq conseillers d'Etat ou maîtres des requêtes, présidés par le chancelier Seguicr. Parmi ses membres siégeait le trop fameux Laubardemont.
cennes '. On imprime à Lyon l'Hippocrate de Foësius% sur la copie d'Allemagne ; ce qui est fort à propos, car on n'en trouve plus icy pour de l'argent : c'est le mesme libraire qui par cy-devant, a imprimé in-quarto les cinq Centuries d'Observations chirurgicales de Guilielmus Fabricius Hildanus \ C'est le mesme qui imprime les œuvres de Zacutus Lusitanus ', en deux volumes in-folio, lesquelles sont en onze tomes in-8° d'impression d'Amsterdam, que j'ay céans tous onze. Ce Zacutus est mort le 21 de Janvier dernier. Croyez que je n'espargneray ni n'omettray chose quelconque pour la guérison de Monsieur vostre frère.
Je vous baise les mains, totique Jannliœ, et suis.
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin
De Paris, ce jeudy 31 de Juillet 1642
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1816.
1. Lamboy {Guillaume de), né on Belgique, général autrichien, fait prisonnier à Kempfen, en 1(34-2 et, enfermé à \incenncs. Il mourut en 1()70.
2. Magni Hippocratis. medicorum omnium facile principii opéra omnia quœ cxtant, in Mil sertiones ex Erotiani mente dislributa ; nunc recens latind iutcrpretatione et annotalionihus illustrata. Frascgflrti, 1o9o, in-fol. ib. 1603, in-fol. ib. 162t in -fol. Genev.e, 1Go7, in-fol. Cet ouvrage mit le sceau à la réputation de Foës. (Cf. sa note. Lettre du h novembre 1631). La publication des œu\ res d'Hippocrate à un moment où la doctrine des Arabes régnait encore dans les Universités, où les médecins ignoraient la langue grecque, et ne possédaient que quelques fragments épars des œuvres « du Prince delà Médecine », exerça sur révolution de la science une intluence capitale, en faisant connaître des vérités oubliées ou altérées, et recommande son nom à la postérité.
3. Ihldanus (Guilielmus Fabricius) — Hildan (Guillaume Fabrice — né à Hilden (Suisse) en lo(JO. mort à Berne en l()3'i-. Ses observations chirurgicales imprimées après sa mort à Lyon en 1041, à Strasl)ourg en 1713, et 1716 en deux parties in-S», contiennent des faits intéressants et la de-cription d'un grand nombre d'instruments de son invention.
4. Zacutus dit Lusitanus, né à Lisbonne en lo7o, mort à Amsterdam en 164-2. Le recueil de ses ouvrages parut, en efTet, à Lyon, en 16 12, en 2 vol. in-fol., sous le titre de : Opéra omnia. Le l" volume contient six livres: de medirorum principnm liistoria in-8>'; le deuxième volume renferme les pièces suivantes : Praxis historiarum libri quinque. Introitus medici ad praxini. — • Pharmacopsea cleganlissima — Praxis medica admiranda. Les cinfj livres du Praxis historiarum aNaient déjà été imprim('s séparément à Amsterdam, 164-1-164-2.
o. Lettre datiîe nu 30 juillet 1641 dans les édit. axték.
Mps. 9358, FOL. 73
LETTRE LXXI A Monsieur Belin. docteur en médecine. aTroyes.
Monsieur,
J'ay reçeu la vostre dont je vous remercie. Je vous asseure que M. vostre frère est réduit pour le présent à une fièvre tierce purement intermittente, de laquelle l'accoz ne dura pas hier plus de trois heures; il est vray que son ventre et son cstomach pâtissent fort, parce que, outre son flux qui continue, il vomit presque toute la journée. Aujourd'huy matin, qui est son jour d'intermission, il a pris un breuvage fait de rhubarbe et de séné, ad majoreni biliosi humoris intus coerciti excrelionem promovendam, ne amplius in posterum sœviat, et nova symptomata producat. .J'espère bien mieux doresnavant de sa santé, que je n'ay encore fait par cy devant ; il n'y a que ces vomissemens qui me laissent du doute. 11 doibt avoir son accez demain à trois heures du m.atin ; j'espère qu'il sera bien supportable, principalement si le remède d'aujourd'huy fait ce qu'il doibt. 11 est tout converti, et est bien délibéré d'avoir grand soin de sa santé à l'advenir. Sa médecine qu'il a prise aujourd'huy opère fort bien ; il a vuidé par en bas, (il ne vomit guère que le jour de la fièvre), quantité de bile jaune et verdastre assez espaisse; je pense que toute cette impureté descend de son mésentère qui est la partie dans laquelle est contenue et se croupit toute la cause conjointe des accez de la fièvre tierce, ex sententia nostri Fernelii, quam puto esse verissimam. Le Roy est encor à Fontaine-
A HE LIN 23q
bleau. On dit que M. le prince s'en va en Bourgogne, et de là, en Languedoc. On imprime à Lyon en deux volumes in-fol. toutes les œuvres de Zacutus Lusitanus.
Je vous baise les mains, et suis,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce lundy à midy, 4 d'Aoust 1642.
ElJIT. I)K UOTTIIKHAM 1695.
in. 1725. I
— Paius 1840.
Ms?. 9538, FOL. 74.
LETTRE LXXII A MosiEin Belin, docteur en médecine a Troyes,
Mo> SIEUR,
Je doibs responce à deux des vostres, ausquelles je satisferay par ordre. M. le Fèvrc se peut bien vanter davoir guéry M. de Bordeaux, car il n'y a icy guère de gens qui le disent, et encore moins qui le croyent ; il a, tant il est ignorant en nostre dogmatique, ordonné de la thériaque en des flux de ventre chyleux, et à des phthisiques qui m'ont bien fait courir; j'estimeray tousjours heureux nos tre party, si nous n'avons jamais de plus sçavants adversaires que luy. 11 ne sçavoit ce qu'il faisoit à M. de Bordeaux, et il a esté en ce coup-là plus heureux que sage, et son malade n'en estreschappé (['.\e fati ope, non medici.^qm n'en fut pas mort quand on l'eut saigné jusques à une poëlette, comme les médecins luy demandoient. et M. le Fèvre mesmes le tenoit pour moribond dans le jour suivant. Pour Zacutus, c'estoit un médecin. Portugais de nation, juif de religion, qui est mort à Amsterdam le 21 de janvier dernier'. J'ay céans de luy douze volumes in-8°, qui contiennent une explication de tous les exemples et de toutes les histoires médicinales qui se lisent dans Hippocrate. dans Galien. dans Avicenne, et aliis mcdicinse scriploribiis, qu'il y a réduites en ordre et appropriées chacune en son rang des maux de teste, de la poitrine, du ventre, etc. ; et en ce dessein, sont employez les six premiers volumes; le septième est. De praxi medica admi-