Cf. la note Bourdelot, Lettre du 2 mars IG'iS
maise : de Lingua HeUenislica, adversus Dan. Heinsuim. Samuel Maresius \ ministre françois à Bolduc, a fait tout fraischement deux livres in-8, assez gros : Antechrislus adversus Hugonein Grotium. Il escript fort bien; je les ay veus chez un amy a qui ils ont esté envoyez ; mais je pense qu'il nous en viendra pour nostre argent.
Je vous baise très humblement les mains et suis.
Monsieur,
De Paris, ce o Février 1643.
Au BEVKRS, DE L* MAIN DE EdIT. d'AmSTERDAM 1718.
Spon: 10J3. Paris. 5 FÉVRIER, — de La Haye 1718.
Lyon, 17 DLDiT. RisposTA, LE — de Paris 1810.
MESME JOUR et DO>m'; MA
LETTRE A M. Le Uoy.
1. « Concordia discors et Antechristus revelatus contra Hugonem Grotium. » Amsterdam, 2 vol. in-S», l(Ji2. — Desmarels(Sam»eiJ — Maresius — né en Picardie le 9 août 1599, mort à Groningue en 1(573. Minisire protcslanl. A écrit un nomljrc; considérable de livres de controverse contre les catlioliqnes et surtout contre Grotius.
Edit. d'Amsterdam 1718.
PAGES G-'.)
LETTRE LXXIX A Monsieur Spon, docteur e's médecine a Lton.
Monsieur,
Je \ous donne avis que i'ay reçeu vostre pacquet tant attendu et vostre lettre aussi responsive ' de celle que je vous avois écrite. J'ay présenté vos deux livrets à M. Morcau, qui vous en remerciera ; il m'a dit que vous lui aviez écrit depuis peu. La Présence des absens ne vaut pas le diable, et encore moins que son auteur mesme ; il ne vaut pas le papier bleu dont il est couvert ; c'est un petit in-8o que le bureau d'adresse vend cinq sols ; dès que vous l'aurez veu, vous en serez dégoûté'. Le gazettier est logé chez Guillot le Songeur depuis la mort de son « protocole » \ qui le portoit contre nous ; mais. Dieu merci, il a plié bagage.
Il est en plomb l'excellent personnage.
Qui de nos maux a ri plus de vingt ans, etc. *
Pour le portrait de M. de Thou dernier mort, je n'en ay
1. Responsive, en réponse. D'après Furetière, ce vieux terme ne s'employait guère qu'au Palais. (( Des écritures responsives à celles qui ont été produites. »
2. La Présence des absents, ou facile moyen de rendre présent au médecin l'état d'un malade absent. Dressé par le Docteur en médecine consultant charitablement à Paris, pour les pauvres malades. M.D.C.XLII. L'opuscule est de Renaudot et est rédigé avec une extrême habileté. Il organisait un mode de traitement par correspondance qui n'a certainement pas été égalé par les chailatans contemporains.
3 Protocole, se disait de a celui qui est derrière celui qui parle en public, pour lui suggérer ce qu'il doit dire. » C'était l'équivalent du « souffleur ».
4. Ces vers que tous les ennemis de Richelieu avaient sur les lèvres et que Cosmadeuc, l'évèque de Vannes, osa déclamer, en pleine séance
pas ouï parler. S'il se fait, dabo operam ne careas. Pour celui du père, qui a fait cette belle histoire, et qui est mort icy, Taa 16 17, j'en ay un à vostre service in-folio, fort approchant du naturel ; j'en recouvreray bien aisément de son logis. Mais à propos du dernier mort, je vous veux indiquer une chose de luy, laquelle si vous ne sçavez, vous sera sans doute agréable. Inter Hugonis Grotil Poëmata, il y en a un sur la fin intitulé : Sylva ad Fr. Aag. Thaanum. C'est un poëme très excellent, plein de très bons avis et de beaux mots fort bien choisis, et entr'autres, y parlant de la religion, et disant qu'autrefois on n'en faisoit ni mestier, ni marchandise, comme on fait aujourd'hui, il a dit ces mots qui valent de l'or :
Cuin rudis et siinplex, nondum se feceral artein fietligio
Si vous prenez la peine de lire toute la pièce, j'espère qu'elle vous plaira, et que si ce pauvre malheureux eust cru M. Grotius, qu'il seroit encore en vie. (On a fait ici en ime petite taille-douce le portrait de M. de S^ Mars).
M. de Bourdelotse gardera biendescrire delà digestion'.
des Etats, en face du Maréchal de la Meillerave, cousin du Cardinal, sont extraits du rondeau suivant que composa Miron. (Lettre de Patin, 15 mai 16^3).
n est passé, il a plié bagage, Ce Cardinal, dont c'est moult grand dommage, Pour sa maison. C'est comme je l'entends ; Car pour autrui, maints hommes sont conteuls ; ^ En bonne foi, et n'en voie que l'image,
Sous sa faveur il enrichit son lignage, Par dons, par vols, par fraude et mariage. Mais aujourd'hui, il n'est plus le temps,
11 est passé.
Or, parlerons sans crainte d'être en cage. // ei'( en plomb, l'éminent personnage Qui de nos maux a ri plus de vingt ans.
1. Bourdelot, né à Sens, le 2 février 1610, mort à Paris le 9 février 1685, s'appelait en réalité Pierre Miction, mais reçut le nom de Bourdelot de ses deux oncles, Jean Bourdelot, avocat au Parlement et Edme Bourdelot, médecin de Louis XIII, qui lui firent étudier la médecine. D'abord médecin du comte de iNoailles qu'il suivit à Rome où il se rendait comme ambassadeur (1032) puis de Henri II, prince de Gondé, qu'il accompagna à Fontarabic et en Uoussillon, il prit
Il fait comme font les évesques de France, à ce que dit du Moulin ; il quitte et quittera toujours hardiment la lettre dominicale pour s'arrêter au nombre d'or. Il a un maistre à servir duquel il apprendra mieux que d'aucun autre l'économie de sa fortune '.
Entr" autres choses qu'on a faites sur M. le Cardinal, on a fait une bonne rencontre' sur M. de ïhou. On dit que quand Madame de Pontac, sœur du défunt, alla en la chapelle de Sorbonnejetter de l'eau bénite à son Eminence, qu'elle luy dit ce que dit la sœur du Lazare à Jésus-Christ : Domine, si fuisses hic, /rater meus nonfuisset mortuus. Et avant que de quitter le pauvre M. de Thou, quem lugeo nimium acerbà morle extinclum, je vous dirai que la vraye cause de sa mort est dans l'histoire de M. son père, sub Francisco, 2e tome, p. 743 de l'édition de Genève; le
le bonnet de docteur en 1642, et fut médecin du roi la même année. Ce fut à cette époque qu'il commença h tenir à l'hôtel de Condé des réunions régulières de savants, sorte de conférences académiques auxquelles assistait souvent le Prince de Condé. En 1651, la reine Christine de Suède étant tombée malade, il fut mandé auprès d'elle, sur la proposition de Saumaise. Patin, auquel avant lui, la même demande avait été adressée, recula devant ce long voyage et refusa. Bourdelot, médecin sans grand talent, mais d'une grande souplesse do caractère et de beaucoup d'esprit, conquit les bonnes grâces de la reine qui obtint pour lui l'abbaye de Massay (ou Macé) qui avait appartenu au garde des sceaux Châteauiieuf. Bourdelot ne jouissait pas d'une bonne réputation et le rôle qu'il joua auprès de la reine Christine est suspect. La princesse Palatine dit dans une de ses lettres que la reine « livrée à tous les genres de débauche était redevable de ses vices aux français et surtout au vieux Bourdelot. » (LeUre de la Palatine, 10 novembre Util) et le duc d'Aumale dit que, pour les Suédois, il fut le mauvais génie de Christine [op. cit.) A son retour do Suède, il reprit ses séances d'Académie et mourut par accident à l'âge de 76 ans. On a de lui : Recherches et observations sur les vipères. Paris, 1670. Relations sur les appartements de Versailles. Paris, 168i-, et des Conférences. Paris, 1765. Cf. sur ce personnage les Mémoires de Hixet (p. 65-06) les Menagiana, les lettres ultérieures de notre auteur, les ouvrages du duc d'Aumale (op. cit ), de Tamizey de Laroque (op. cit.\ etc. Bourdelot avait une nièce dont il adopta le fds, Bonnet, qui prit le nom de Bourdelot et devint médecin de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, médecin ordinaire de Louis XIV et jjremier médecin de la duchesse de Bourgogne. 11 mourut en 1707.
1. Allusion à l'avarice du Prince do Condé dont Bourdelot était le médecin.
'i. Rencontre, pour bon mot, allusion malicieuse... (Kuretièrc).
Cardinal qui tiinc regnabal ayant résolu et dit en son esprit : Ton père a mis mon grand oncle dans son histoire, tu seras dans la mienne '. On a fait de beaux vers latins dont je vous feray part si vous ne les avez. Le dernier finit par là :
Vera loqui si vis, discito sœva pâli.
Le Roy a esté mal, il y a quelques jours; mais il est Dieu mercy, mieux, horsmis que le bon prince amaigrit fort. 11 est à souhaitter qu'il nous dure longtemps, car nous n'eusmes jamais tant affaire de lui. On dit icy que la resvocation du sol pour livre est arrêtée ; je ne sçay pourtant pas quand elle s'effectuera. Madame de Saint- Georges, gouvernante de Mademoiselle, fille de Monsieur, frère du Roy, est icy morte il y a trois jours. Le Roy a fait mener aux Carmélites de Saint Denis, sa niepce^ pour y demeiircr, jusques à ce qu'on l'ait pourveue d'une autre gouvernante. Le Roy est en colère contre le comte de Harcourt, à cause qu'il ne veut pas aller commander une armée, cet été, en Italie, et aussy à cause de quelque brouillerie quïl a eue avec le cardinal Mazarin.
Si jamais vous écrivez à Augsbourg ou en quelque autre lieu, faites moy la faveur d'y cherclier un petit in-quarto imprimé à Augsbourg, l'an 1607, intitulé : Vita Joannis Vincenti Pinelli, etc. ; ^ qui a été un excellent homme, et
1. Dans « l'Histoire de son temps ». Jacques de Thou le père de François-Auguste, exécuté à Lyon en 16i-2, avait ainsi stigmatisé un mauvais prêtre, grand-oncle du Cardinal. (( Antonius Plessiaciis Richeliits. quod eam vitam professas faissrt, voto ejurato, omnis se licenciée ac libidinis génère contaminasset ». De Thou. — Hisloria sud temporis. Lib. XXIV, p. 1108 et lib. XX p. 101, T. II. Cf. sur Antoine du Plessis, l'ouvrage de M. Hanoteaux : Ilist. du Cardinal de nichelieii, T. T, p. 27-31.