PRÉFACE
[UDe étude sur Calvin, formaDt une histoire du Béformateur d'après les documents originaux et authentiques, sera ultérieurement publiée, comme complément de sa Correspondance.]
Peu de jours avant sa mort, dans un des derniers entretiens dont le souvenir nous a été conservé par Théodore de Bèze, Calvin montrant d'une main défaillante ses meubles les plus précieux , c'est-à-dire les manuscrits de sa bibliothèque et les archives de la vaste correspondance qu'il avait entretenue durant un quart de siècle avec les plus grands personnages de l'Europe, demanda que ces documents fassent recueillis par des mains amies , et qu'un choix de ses lettres fût offert aux Eglises réformées comme un témoignage de la sdlicitude et de l'affeetioo da leur fondateur ^ .
' « Migraturus ad Deum Johannes Calviniu, q^on d€ conoiodlft Ecdesi» ne tune quidero cogitare desineret, sua mibi mt^^gun, id est sdiedanim Ingentem acervum commendavft, ut si qaid in ib Ivve- Btaem quo Juvari possent Ecdesi», id qaoque io loceiD edereCor. » Th. de Bèze à TEleclPur Palalin, \" février 4575. Lettre qui sert de préCace à la Correspondance latine imprimée de Cahris.
Ce vœu du réformateur mourant, gravé dans ia mémoire de ses disciples, n*obtint cependant qu'une réalisation tardive et imparfaite au XVP siècle. Les temps étaient rigoureux, et l'oeuvre difliciie. La peste qui parut pour^la troisième fois à Genève et y compta des milliers de victimes, de grandes catastrophes publiques et privées, le contre-coup des événements douloureux qui se succédèrent en France depuis l'explosion des guerres civiles jusqu'au massacre de la
Sainl-Barthélemy, les scrupules de l'amitié elle-même accrus par les périls de la cité réformée, tout parut conspirer à l'ajoumement du vœu l^ué par Calvin à ses amis. — « Sans parler, dit Bèze, des secours étrangers qui m'étaient nécessaires pour le dépouillement d'une correspondance aussi étendue, et du temps qu'exigeait un pareil travail, les calamités qui fondirent sur notre ville, les bouleversements qui survinrent dans un pays voisin du nôtre, interrompirent plus d'une fois l'œuvre commencée. De graves difficultés étaient d'ailleurs attachées au choix des lettres en un temps où les esprits inclinent si aisément à l'injustice et à ia malignité. Il y a des choses qui peuvent se dire ou s'écrire femilièrement dans le commerce d'esprits ingénus et sincères, comme l'était Calvin, qui ne sauraient sans inconvénients être livrées à la publicité. Il fallait tenir compte à la fois dans notre travail des personnes , des temps et des lieux \ » — Ces scru-
1 ff Et habeiida quoque nobis fuit uoii modo personarum, veru» eliam temporum et locorum ratio. » Letirc déjà citée.
pvies d'un disciple respectueux et sincère, préoccu|iC à la fois des ménagements dus aux contemporains et des ^ards réclamés par une grande mémoire, paraîtraient déplacée aujourd'hui. Mais leur expression était l^iiime en un siècle de rércrfutions et de ccmibats où k parole était un glaive, et où la lutte, souvent cruelle, des opinions, survivant aux hommes, se perpétuait dans leurs écrits.
Toutefois , il faut le reconnaitre , malgré tant de difficultés réunies, les amis du réformateur ne failU^ ront pas à leur devoir. Par leurs soins, les originaux ou les copies d'un grand nombre de lettres adressées en France, en Angleterre, en Allemagne et en Suisse, fiirrat réunis à Genève, et vinrent s'ajouter au pré* GÎeux dépôt qui leur était confié. Les archives de la cîlé calviniste reçurent ce trésor, et le gardèrent fid^ment à l'abri de l'orage plus que séculaire qui s'abattit sur les Eglises de France, et détruisit ou dis* persa dans l'exil tant de pages de leurs annales. Par u édatant privilège» Genève, la cité sainte du pro* testantifime français, l'école de ses docteurs et de ses martyrs , après lui avoir donné ses croyances et son colle, devait lui conserver encore les titres do son histoire. Ces titres sont glorieusement inscrits dans la belle collection de lettres que l'on doit aux soins pieux de quelques réfugiés du XVP siècle, dont le nom s'est comme perdu daus la gloire de Calvin et de Bèze, mais dont les services ne sauraient être oubliés sans ingratitude. Nommons du moins, avec reconnaissance
et respect, Jean de Budé, Laurent de NormaQdie et surtout Charles de Jonvillers.
C'est à ce dernier qu'appartient principalement l'honneur de la formation du beau recueil épistolaire qui fait aujourd'hui l'ornement de la Bibliothèque de Genève. Issu d'une famille noble des environs de Chartres, poussé au delà des monts par l'irrésistible besoin de confesser les croyances dont il avait accepté l'empire, Charles de Jonvillers trouva dans l'affection de Calvin un dédommagement au sacrifice qu'il venait d'accomplir par le volontaire abandon de sa fortune et de sa patrie. Admis dans l'intimité du ré* formateur avec les jeunes patriciens, ses compatriotes, qui composaient l'élite du parti réformé, il voua un respect filial, un attachement sans bornes à l'homme puissant dont la foi et le génie façonnant un peuple rebelle, transformaient une obscure cité des Alpes en une des métropoles de l'esprit humain. Il devint son secrétaire , après le jurisconsulte François Baudouin et le ministre Nicolas des Gallars. Il put dès lors Tassister dans les travaux de sa correspondance , le suivre à l'auditoire et à l'académie, et recueillir pendant ses leçons ses lumineux commentaires dédiés aux plus illustres personnages du siècle , et que la théologie moderne n'a point surpassés.
Tel était l'homme que Taffection de Calvin et la confiance de Bèze devaient particulièrement désigner pour l'importante et laborieuse tâche de préparer les matériaux de la publication des lattrcs du réforma-
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leur. Il y porla le zèle d'un <lisciplc et la sollicitu<Ie iVua Gis qui s'oublie lui -môme dans Taccômplissement d'une tâche sacrée, entreprenant de lointains voyages pour obtenir la communication d*une pièce, transcrivant de sa main de nombreuses lettres, et soutenu dans ses recherches par lé sentiment d'un devoir fidèlement rempli *. Ce travail commencé de bonne heure, et continué durant vingt années sous le contrôle vigilant de Théodore de Bcze, fut Torigine du recueil de la Correspondance latine de Calvin, publiée pour la première fois en 1575, hommage incomplet mais véridique rendu au réformateur par ses disciples, monument imparfait qui put suffire à la piété d'une génération contemporaine de la Réforme, mais qui ne suffit plus à la curiosité de la nôtre *.
Trois siècles se sont presque entièrement écoulés, sans rien ajouter à l'œuvre de Jonvillers et de Bèze. Les lettres pubUées par leurs soins, sont devenues la source à laquelle ont inégalement puisé les apologistes ou les adversaires de la Réforme, tandis que les
* R Ad eam rem uiiius prœcîpue Caroli Jonvilaei studiosissimi istamm rerum custodis fidem, diligentiam, operam denique operosam et sumptuosam nobis appositissimam fuisse profitemur. » Th. Bezae admonilio ad lectorem.
' C'est le recueil intitulé Calvlni epistoiœ et responsa, quibus inierjecix suni insignium in Ecclesia Dei virorum aiiqnot etiam epistolXf publié pour la première. fois en 4575, à Genève, réimprimé l'année suivante à Lausanne, et inséré avec quelques additions dans la collection des Œuvres de Calvin, Calvlni opéra omnla, T. IX, édit. d'Amsterdam, 4674. CeUe dernière édition comprend 284 leUresdc Calvin dont 27 traduites du français en latin.
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nombreax documents inédits conservés à la Biblio* thèque de Genève , ou réunis ullérieuremenl dans les Bibliolhèques de Paris el de Gotha, demeuraient oubiiés. Il était réservé à nos jours de les lîrer d*an injuste oubli, en ouvrant à l'histoire une source féconde et si longtemps ^orée.
C'est ici le lieu de rappeler avec une juste reconnaissance ce que la Correspondance inédite de Calvin doit aux investigations récentes de plusieurs écrivains dont le protestantisme s'honore. Mentionnons particnlièrement la Vie de Calvin » par le docteur Paul Henry de Berlin, monument pieux élevé à la gloire du réformateur par un fils du Refuge, et enrichi de nombreuses lettres empruntées aux collections de Genève et de Paris * ; citons ensuite, après les doctes recher^ ches du professeur Bretschneider, éditeur des lettres conservées à Gotha % l'important ouvrage de Ruchat, réiHlilé par Thabile continuateur de Jean de Muller, M. le professeur Vulliemin de Lausanne ', avec des appendices étendus qui contiennent de précieux fragments de la Correspondance française de Calvin, reproduits dans la Chronique de M. Crottet *. C'est à ce dernier écrivain qu'est due la découverte et la publication des lettres de Calvin à Louis du Tillet. Ces
* D€Uf Lpben Calvins^ 3 vol. ln-8®. Hambmirg, 4835, 1842.
* Johannh CaMni, Bezst^ aliommqite titterx qusedam nondum editap, 1 vol. în>8*. Lipske, 1835.
* Histoire de te Réformation en Suhse. 1838. 7 vol. în-8».
* Petite Chronique protestante de France, XVI* siède. ♦ rot. in-S<*. Paris, 484».
réserves faites, il doit nous être permis de revendiquer pour nous-méme le privilège d'offrir pour la première fois au public un recueil général et complet de la Correspondance de Calvin dont la majeure partie est essentiellement inédite.
Ce recueil est le fruit de cinq années d'études el de recherches assidues dans les Bibliothèques de la Suisse, de la France et de T Allemagne. Chargé par le gouvernement français, sous l'administration de Messieurs de Salvandy et de Falloux, d'une mission scientifique qui nous a permis de réunir les premiers matériaux d'une Correspondance dont les plus riches dépôts étaient placés à l'étranger, soutenu dans nos recherches par les plus hautes et les plus bienveillantes sympathies, nous n'avons rien épargné pour compléter une collection qui doit répandre tant de lumières sur l'histoire de la grande révolution religieuse du XVP siècle.
La Correspondance de Calvin commence dès sa jeunesse, et no se termine que sur son lit de mort. (Mai 4528— mai 1564.) Elle embrasse donc toutes les phases de sa vie depuis l'obscur écolier de Bourges et de Paris se dérobant par l'exil au bûcher, jusqu'au réformateur triomphant qui peut mourir puisqu'il a vu son œuvre accomplie. Rien ne surpasse l'intérêt de cette Con-espondance où se reflètent dans une série de documents aussi variés que sincères une époque et une vie d'une saisissante grandeur, où les effusions familières de l'amitié se mêlent aux graves préoccu-
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pat ions de la science, el aux inspirations magnanimes (le la f(H. De son lil de soufTrances el de labeurs conlinuels, Calvin suit attentivement le drame de la Réforme dont il marque les triomphes et les revers dans tous les Etats de l'Europe. Investi par le droit du génie d'un apostolat presque universel, il exerce une influence multiple comme son activité. Il exhorte la noble sœur de François l'^, Mai^erite de Valois, et le jeune roi d'Angleterre Edouard Yl ; il s'entretient avec Bullinger et Mélanchthon , inspire Knox, anime Coligny, Condé, Jeanne d'Albret, la duchesse de Ferrare. Le même homme, usé par les veilles et la ma-** ladie, mais s'élevant par Ténei^e de Tàme au-dessus des défaillances du corps, terrasse le parti des libertins, pose les fondements de la grandeur de Genève, affermit les Eglises étrangères, fortifie les martyrs, dicte aux princes protestants les conseils de la politique la plus prévoyante et la plus habile, négocie, combat, enseigne, prie, et laisse échapper avec son dernier soupir de grandes paroles que la postérité recueille comme le testament politique et religieux de sa vie.
Ces traits suffisent sans doute à faire apprécier tout l'intérêt qui s'attache à la correspondance du réformateur, héritage commun des peuples émancipés par la Réforme , et que n'a pas cessé de vivifier son esprit; monument également imposant de l'histoire et de la littérature de la France au XYP siècle. Formé à la double école de l'antiquité profane et sacrée, de
FEglise et du monde, Calvin écrit en laiin comme un contemporain de Cicéron et de Sénèque dont il reproduit sans effort la phrase élégante et concise ; il écrit en français comme un des créateurs de cette langue qui lui doit ses plus beaux traits avant Montaigne, comme le précurseur et le modèle de cette grande école du XVII'' siècle qui ne l'a combattu qu'en lui empruntant ses propres armes, et ne l'a point surpassé par la hauteur de* la pensée et la majesté sévère du style. Les lettres françaises de Calvin, dignes sœurs de Fimmortelle préface de Vlnstitutian chré" tienne^ offrent d'admirables pages que la France ignore , et que l'éloquence a marquées du sceau le plus glorieux. Elles devaient à ce titre composer un recueil distinct. Détachées de la Correspondance latine qui sera l'objet d'une publication séparée, elles présenteront dans une langue accessible à tous, une série d'études littéraires et morales sur l'écrivain et sur l'homme, une véridique image du réformateur peint par lui-môme dans les documents originaux et inédits que nous restituons pour la première fois à rhistoire *.
' Nous avons le droit de le dire pour la portion la plus considérable de la Correspondance française de Calvin. 11 faut excepter toutefois les Lettres de Calvin à Jacques de Bourgogne, seignevr de Faiais^ publiées en 4741 , par le libraire Welstein à Amsterdam. Elles sont an nombre de 50. Si Ton y joint les lettres publiées intéfralement par MM. Henry et Vulliemin, ou insérées par Crespin dans V Histoire des Martf^s, le nombre des pièces inédites qui Ugurent dans notre recueil est d'environ 470 sur 278.
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L'opportuDÎté d'une telle pubUcatioo ne saurait être contestée. Le grand débal toujours pendant entre le Caihoikîâme et la Réforme se réveille de nos jours avec une vivacité nouvelle. L'attaque provoque la défense y et dans la mêlée des opinions , les droits de la justice et de la vérité sont trop souvent méconnus. Pendant que de nobles esprits, éclairés par les méditations de rhistoîre ou par la comparaison attentive des dogmes qui règlent la vie morale des peuples soumis à l'empire de l'un on de l'autre culte, s'élèvent à une impartialité supérieure et formulent un jugement plein de lumière qui prépare celui de l'avenir % les adeptes d'une école tristement connue par la glorification des excès que réprouvent également la religion et la philosophie, n'ont pas assez de malédictions et d'outrages pour la glorieuse révolution à laquelle demeurent inséparablement unis les noms de Luther et de Calvin. Jamais peut-être le dénigrement et l'injure n'ont été prodigués avec plus de fureur à ces héros de la conscience ; jamais leurs intentions n'ont été plus méconnues, leurs actes plus audacieusement dénaturés. Aux mensonges d'un parti qui ne recule
^ Gttizot, Notice iwr CaMn^ dsns le Mviée des FrotesUmU célèbres ^1. M, 2«|iartie.
Mignet, Etablissement de la réforme religieuse et constitulion du calvinisme à Genève , dans la nouvelle édilion des Mémoires historiques^ Paris, 4854.
Charles de Rémusat, De la Réforme et du Protestantisme y à propos tlu bel ouvrage de M. Merle d'Aubigné, Histoire de la Réformation du XFf siècle*
pas devant les plus odieuses calomnies \ opposons le témoignage impartial de Thistoire. Apprenons de la bouche même de ces grands hommes ce qu'ils ont pensé, voulu, poursuivi, et ne cherchons qu'en eux seuls le secret de la révolution dont ils ont été les instruments dans le monde.
La correspondance de Calvin répandra, nous Tespérons, une clarté nouvelle sur ces graves questions que la science digne de ce nom se pose de nos jours avec un besoin de justice et d'impartialité qui l'honore. Ce sentiment , nous osons le dire , a été le nôtre dans le cours des longues recherches par lesquelles nous avons préparé la composition du recueil dont nous offrons les premiers volumes au puUic. Guidé par un seul désir, celui de la vérité, et ne reculant devant aucune révélation , pourvu qu'elle fût contrôlée par des {ûèces authentiques, nous n'avons négligé aucune source de reoseignements , omis aucun témoignage. Notre ambition était de faire revivre Calvin tout entier avec son âme austère et ses persuasions inQexibles, qui n'étaient pas sans indulgence dans le commerce de l'amitié ou dans l'intimité domestique ; avec cette âpre immolation de sa vie au devoir, qui peut seule expliquer sa puissance, et amnistier ses erreurs; avec les infirmités qu'il tenait de son temps et celles
> On peut en juger par les fausses lettres de Calvin à M. du Poët que Ton trouvera réfutées dans l'Appendice de cet ouvra{$e. Il est d'autres calomnies dont la réfutation trouvera plus naturellement Na place dans V Histoire même de Calvin.
qu'il tenait Ae liii-mt^ne. L'hisloire inlent^éc dans les documents originaux, o'esl pas un panégyrique. Elle ne jelte pas un v<Hle complaiiaQt sur les imperfections de ses héros ; mais elle se souvient qu'ils sont hommes, et puise d'égales leçons dans le spectacle de leur faiblesse et de leur grandeur.
Nous ne saurions terminer celle préface sans olTrir l'expression de notre gratitude sincère aux amis qui ont facilité nos recherches, soit en France, soit à l'étranger. Il nous eM particulièrement doux de nous rappeler tes nombreux témoignages de bienveillance et de sympathie qui nous ont été accordés dans le cours de nos travaux à Genève. Nous avons dû beaucoup à la science éclairée de l'ancien archiviste de ta république, M. Sordcl, et de son di^ne collègue, M. Heyer ; nous n'avons pas contracté moins d'obligations envers M. le pasteur Archinard, qui nous a si tibéralement ouvert les archives de la Compagnie, et envers les conser\'aleurs de la Bibliothèque, MM. les professeurs Ghastel et Privât, qui nous ont communiqué avec tant d'empressement les belles collections manuscrites confiées à leur garde. Enfin, dous avons beaucoup reçu de 1^1. le colonel Henri Tronchin, dont les archives presque royales nous ont livré la plus belle pièce de ce recueil', les adieux de Calvin aux ministres de Genève , et dont te nom s'unit dans nos souvenirs les plus reconnaissants à celui de l'élo-
'T. Il, p. 573-579.
queol historien de la Réformation, M. Merle d*Âubigné.
A Paris, nos travaux ont éié suivis durant plusieurs années, avec le plus constant intérêt, par plusieurs des membres de l'ancien comité des monuments historiques, MM. Le Bas, Paul Lacroix et de la Villegille ; ils nous ont valu de précieux encouragements de l'homme d*Etat et de l'écrivain illustre que les sciences morales, la politique et les lettres réclament avec le même orgueil, M. Guizot; en même temps, par un privilège dont nous sentons tout le prix» nous leur avons dû les conseils, la persévérante sollicitude d'un historien non moins célèbre, dont l'influence inspire ou soutient tant de travaux qui trouvent en lui le plus noble protecteur et le plus pur modèle.
En nommant M. Mignet, auquel appartient l'initiative de ce recueil , destiné d'abord à faire partie de la collection des documents inédits de l'histoire nationale, et qu'une bienveillante décision de M. le Ministre de l'instruction publique nous a permis de publier à part, nous en sentons plus vivement les imperfections, et nous éprouvons le besoin de solliciter l'indulgence , non pour l'œuvre de Calvin , mais pour son faible et inhabile interprète.