Cependant on observe ici un phénomène bien
singulier, lorsque le trou fait au volet de la chambre obscure est très-petit : quoiqu’alors il n’v ait point de verre, on aperçoit cependant sur la muraille opposée les images des objets qui sont dehors, et même avec leurs couleurs naturelles : mais cette représentation est très-faible et confuse, et dès qu’on élargit le trou davantage, tout ce spectacle disparait entièrement. Je me vois obligé d’expliquer la cause de ce phénomène.
Dans la fig. 68, MN est la petite ouverture par laquelle les rayons des objets de dehors entrent dans la chambre obscure EFGH. L a muraille FF! vis-àvis du trou est blanche, pour mieux recevoir l’impression de toutes sortes de rayons.
Que le point O marque un objet dont il n’y a que les rayons OM, ON , avec ceux qui se trouvent entre eux, cpii peuvent entrer dans la chambre : ces rayons tomberont sur le petit espace oo de la muraille, et l’éclaireront; cet espace oo sera d’autant plus petit, ou approchera d’autant plus d’un point, que le trou MN sera petit; si donc ce trou était très-petit, nous aurions l’effet précédent où chaque point de la table blanche ne reçoit que les rayons d’un setd point de l’objet; il s’y ferait par conséquent une représentation semblable à celle que produit le verre convexe placé dans le trou du volet. Mais, dans le cas présent, le trou ayant une certaine étendue, quelque petit qu’il soit, chaque point O de l’objet éclairera un certain petit espace oo sur la muraille, et l’ébranlera par ses rayons. Il arrivera donc à peu près la même chose que si un peintre, au lieu de
il. a3
faire des points sur le tableau, y faisait, avec un gros pinceau, des taches d’une certaine grandeur, en y observant toutefois le dessin et le coloris; ce sera à un tel barbouillage que ressemblera notre représentation faite sur la muraille : cependant elle sera d’autant plus nette, que le trou par lequel les rayons entreront sera petit.
(0 jantirr !7«2 1
Sur les lanternes magiques et les microscopes solaires.
La chambre obscure n’a proprement d’effet que sur des objets fort éloignés, mais V. A. comprendra aisément que son usage s’étend également à des objets plus voisins; alors il faut éloigner davantage la table blanche du verre , et cela conformément à cette règle générale, que plus on approche l’objet du verre convexe, plus l’image où la table blanche doit être placée s’en éloigne : or, en cas que la chambre n’ait pas assez de profondeur, on n’a qu’à employer un autre verre dont le foyer soit plus court.
On pourrait donc placer hors la chambre , devant le trou où est le verre convexe, un objet quelconque ou bien un tableau , et alors on en verrait une copie dans la chambre obscure exprimée sur la table blanche, ou plus grande que l’original, ou