LETTRE XLVI
(7 noTembre 1761.)
Du tourbillon magnétique , et sur Taction des aimants ^ l'un sur l'autre.
V. À. vient de voir en quoi consiste le caractère distinctif des aimants , savoir , qu'un aimant est
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pourvu de plusieurs canaux , tels que je viens d'en donner la description.
Lay^. aS {pL II) représente un aimant AB avec trois canaux magnétiques abj par lesquels la matière magnétique coulera avec la plus grande rapidité, en y entrant par les bouts a^ et sortant par les bouts b : elle en sortira bien avec la même rapidité; mais y rencontrant d'abord de l'éther mêlé dans l'air grossier y elle y trouvera de très-grands obstacles qui s'opposent à la continuation de son mouvement selon sa direction , et en conséquence son mouvement sera non-seulement ralenti , mais sa direction sera aussi détournée ver^ les côtés ce. La même chose arrivera à l'entrée, vers les bouts aaa^ ou à cause de la rapidité dont les molécules de la matière magnétique entrent dans ces bouts; le tour viendm bientôt à celles qui sont encore plus vers les côtés ecj et qui seront à leur tour remplacées par celles qui , étant sorties des bouts bbbj ont déjà été détournées vers ce y en sorte que bientôt h même matière magnétique qui est sortie par les bouts bbb retourne vers les bouts aaa en fisiisant le tour bcdea; et ce mouvement, qui se fera tout autour de l'aimant, est ce que nous nommons tourbillon magnétique.
Cependant, il ne faut pas s'imaginer que c'est toujours la même matière magnétique qui forme ces tourbillons; une bonne partie s'en échappera sans doute, tant vers B que vers lé^ côtés, en faisant le tQur ; mais, en récompense,. il entrera par les bouts aaa de la nouvelle matière magnétique ;'^de sorte
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que la matière qui constitue le tourbillon est compensée et bien variable : cependant il se conservera toujours un tourbillon magnétique dont Taimant sera entouré, et qui produit les phénomènes observés ci-dessus dans la limaille de fer qu'on jette autour de l'aimant.
Que y. A. fasse attention à cette circonstance, que le mouvement de la matière magnétiqucf dans le tourbillon hors de l'aimant est incomparablement plus lent que dans les tuyaux magnétiques, où elle est séparée de Féther^ y ayant été poussée par toute la force élastique de Téther; et que, dès qu'elle sort, elle se mêle de nouveau avec l'éther, et y doit perdre la plus grande partie de son mouvement; de sorte que la vitesse dont elle foit le tour de l'aimant pour rentrer par les bouts aaa est incompa*> rablement plus petite que dans les canaux magnétiques abj quoiqu'elle soit encore très-grande à notre égard. Maintenant Y. A. comprendra aisément que les bouts des canaux magnétiques par lesquels la matière entre dans l'aimant , et par lesquels elle en sort, sont ce que nous nommons les pôles magnétiques d'un aimant ; d'où je dois remarquer que les pôles magnétiques d'un aimant ne sont rien moins que des points mathématiques, toute la place où les uns et les autres bouts des canaux magnétiques aboutissent étant un pôle magnétique, comme dans l'aimant représenté au commencement, QÙ toute la face A et la face B en sont les deux pôles.
Or, comme ces pôles sont distingués en boréal et
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en méridioiialy oo ne saurait dire si c'est par le pôk borëal ou mëridional que la matière magaëtique entre dans les aimants. Y. A. verra dans la suite que tout phénomène qui est produit tant par rentrée que par la sortie se ressemble si parfaitement, qu'il parait absolument impossible de décider cette question par les expériences. Par cette raison, il sera indifférent de supposer que la matière magnâique entre par le pôle boréal et sort par le niéridioÉaly ou bien qu'elle entre par le méridional et sort psr le bcuréal, peu importe.
Mais, quoi qu'il en soit, je marquerai par la lettre A le pôle où la matière magnétique entre j et B Taotre pôle où elle sort^ sans me soucier lequel est boréal ou méridional. Maintenant, nous n'avons qiA réfléchir sur ces tourbillons pour juger comment deux aimants agissent l'un sur l'autre.
Supposons que deux aimants AB et ab (Jîg. ag) se regardent par les pôles du même nom A, a, et leurs tourbillons seront tout à fait contraires entre eux. La matière magnétique en C entrera en partie par A , en partie par a ; et ces deux tourbillons ticfaant de se détruire l'un l'autre, la matière qui avance par E pour rentrer en A rencontre en D celle de l'autre aimant, qui revient par e pour rentrer en a; de là il doit nattre un choc entre ces deui tourbtUons , par lequel l'un repousse l'autre; et cet effet rejaillit sur les aimants mêmes, qui dans cette situation se repoussent l'un l'aiùtre. Lbl même chc^ arriverait si les deux aimants se regardaient par les autres pôles 6 et b; c'est pourquoi on nomme les