LETTRE LXV
(ISjMftol76S.)
Sur l'usage et l'effet d'un verre convexe simple , lorsqu'on regarde immédiatement à travers.
On se sert aussi de verres convexes pour n^rder immédiatement à travers ; mais , pour en expliquer les dilTérents usages , il faut pousser plus loin dos recherches sur leur nature.
Ayant observé la distance du foyer d'un tel verre, j'ai déjà remarqué que lorsque l'objet en est fort éloigné y son image est représentée dans le foyer même ; mais si l'on approche l'objet du verre , fimage s'en éloigne de plus en plus ; de sorte que si la distance de l'objet est égale à la distance du foyer du verre, l'image s'en éloigne à l'infini, et devient par conséquent infiniment grande.
La raison en est que les rayons OM, OM (/ig. 70}, qui tombent du point O sur le verre, sont rompus par le verre, en sorte qu'ils deviennent parallèles
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ire eux comme NF et NF : et comme des lignes jrallèles sont censées courir à Tinfîni , et que Fi-^ ftge est toujours où les rayons qui sont sortis d'un nnt de l'objet se réunissent de nouveau après la fraction; dans le cas où la distance de rolrjet OA t égale à la distance de foyer du Terre , le lieu de mage s'éloigne à l'inAnî ; et puisqu'il est indifférent l'on conçoive que les lignes parallèles NF et NF mcourent à l'infini vers la gauche, ou qu'elles connurent vers la droite^ on peut dire également que mage se trouve, tant à droite qu'à gauche, dans un oignement infini, l'effet en étant toujours le même. Cela remarqué, V. A. jugera aisément en quel lieu mage doit se trouver, lorsqu'on approche l'objet Kvantage du verre.
Soit OP {Jig. 71) Tobjet; et puisque sa distance )A du verre convexe est moindre que sa distance u foyer, les rayons OM, OM qui y tombent du oint O sont trop divergents pour que la force rénctive du verre les puisse rendre parallèles entre 01 : ils demeureront donc encore, après la réfracon, divergents, comme le marquent les lignes NF i NF^ mais beaucoup moins qu'auparavant; et con-^ k|uemment en prolongeant ces lignes en arrière , lies concourront quelque part en o, comme V. A. 5 peut voir dans les lignes ponctuées No et No. Par onséquent, les rayons NF et NF, après avoir passé lâr le verre, tiennent la même route que s'ils venaient du point Oj quoiqu'ils n'aient pas passé par e point, puisque ce n'est que dans le verre qu'ils >nt pris cette nouvelle route. Un œil donc qui re-
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çoit ces rayoDs réfractés NF, NF^ sera également affecté que si ces rayons venaient efTectiveineDt du point o y et par conséquent s'imaginera que l'objet de sa vision existe en o. Toutefois, il n'y aura point d'image comme dans le cas précédent: on aurait beau mettre en o une table blanche , il ne s'v représenterait aucun tableau, faute de rayons; c'est pourquoi ou dit qu'il y a en o une image imaginaire, c'est-à-dire, une image qui n'est point réelle, le mot imaginaire étant opposé à celui de réel.
Cependant un œil placé en £ reçoit la même impression que si l'objet OP, dont les rayons sont sortis originairement, existait en o. Il est donc trèsimportant de connaître, tout comme dans les cas précédents , tant le lieu que la grandeur de cette image imaginaire op. Pour le lieu , il suffit de remarquer que si la distance de l'objet AO était égale à la distance du foyer du verre,- l'image en serait éloignée à l'infmi , et c'est ce que ce cas a de commun avec le cas précédent; mais plus on approche l'objet du verre, ou que la distance AO devient plus petite que la distance du foyer du verre, plus aussi l'image imaginaire s'approche du verre, de sorte pourtant qu'elle reste toujours plus éloignée du verre que l'objet même.
Pour éclaircirla chose par un exemple,supposons que la distance de foyer du verre soit de six pouces; et pour les différents éloignements de l'objet, li table ci-jointe nous marque la distance de l'image imaginaire op.
g J de Tobjet AO 6, 5, 4 , 3 , a, i.
.S I de rimage Ao infini, 3o, la, 6, 3, i|.
Pour la grandeur de cette image imaginaire op, la r^le de la trouver est aisée et générale : on n'a qu'à tirer par le milieu du verre ( que j'ai marqué par la lettre C) , et par l'extrémité de l'objet P , la ligne droite CPp, et où elle rencontre la ligne op tirée perpendiculairement en o à l'axe du verre, elle donnera la grandeur de l'image imaginaire op; d'où l'on voit que cette image est toujours plus grande que Tobjet même OP , et cela autant de fois qu'elle est plus éloignée du verre que l'objet OP. Ensuite on voil aussi que cette image n'est pas renversée comme dans le cas précédent, mais qu'elle est debout de même que l'objet.
De là V. A. comprend quel usagé peuvent tirer de ces verres les personnes dont la vue n*est pas bonne pour regarder les objets de près , et qui les voient mieux dans un grand éloignement. Ces personnes n'ont qu'à regarder ces objets par des verres convexes, et ils les verront comme s'ils étaient fort éloignés. Ce défaut de ne pas bien voir les objets ^i sont près de nous se trouve ordinaii*ement chez les vieillards , qui se servent aussi pour cette raison de lunettes qui contiennent deux verres convexes, et qui, étant exposés au soleil, brûlent aussi bien qu'un verre ardent, ce qui fait connaître la distance du foyer de chaque verre. Quelques personnes ont besoin de lunettes dont le foyer est fort -ourt; d'autres se seiwent de lunettes d'un fover
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plus grand , selon la portée de leur vue : mais il me suffit pour le présent d'avoir expliqué l'usage de ces lunettes en général.