‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 224 sur 253 · II. 3o · texte numérisé non relu

II. 3o

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celle des deux derniers verres C , D : Tune et l'autre paire pouvant être regardée comme une lunette simple, composée de deux verres convexes. Mais quelle doit être la distance entre les deux verres du milieu B , C ? Serait-elle bien permise à notre bon plaisir, puisqu'il est certain que, soit qu'on la prenne plus grande ou plus petite, le grossissement, . qui est toujours composé des deux grossissements que chaque paire produirait séparément, demeure le même ?

II. Or, à ne consulter que Texpérience , on apercevra bientôt qu'en approchant beaucoup les deux terres du milieu, le champ apparent s'évanouit presque tout à tait, et que le même inconvénient se manifeste quand on fait celte distance très-grande. Dans l'un et Taulre cas, quand on dirige la lunette vers un objet quelcoisque, on n'en découvre qu'une ' "> très-petite partie.

m. Par cette raison, les artistes se servent de cet expédient : ils approchent ou éloignent la dernière paire de verres de la première, jusqu'à ce qu'ils découvrent le plus grand champ ; et après avoir trouvé cette situation, ils y fixent les verres. Or, ils ont observé que dans cet arrangement , le plus avantageux, la distance des verres du milieu B,C, est toujours plus grande que la somme des distances de foyer de ces deux verres B et C.

IV. V. A. jugera aisément que cette distance ne dépend point d'un pur basait , nmis qu'elle tire sa détermination de la théorie, et cela beaucoup plus exactement que par la seule expérience. Or, c'est

DES LUNETl'ES TERRESTRES. 467

le devoir d'un physicien de rechercher la cau^e de tous les phénomènes que l'expérience nous découvre. Je vais donc exposer les vrais principes qui nous fournissent la distance la plus avantageuse BC entre l'es deux verres du milieu. \ o\ez Jig, 1 1 1 .

V. Puisque lous les rayons doivent être conduits à Tœil y considérons la route du fayon qui^ venant de l'exirémité o de l'objet visible, passe par *lo milieu k du verre objectif; car, à moins que ce rayon ne soit conduit dans l'œil , cette extrémité o ne sera pas visible. Or, ce rayon ne souffre aucune réfraction dans le verre objectif, parce qu'il passe par son milieu A ; il continuera par conséquent sa roule en ligne droite jusqu'au second verre, qu'il rencontrera à son extrémité A, puisque c'est le dernier rayon transmis par les verres.

VI. Ce rayon étant rompu par le second verre , changera de route, en sorte qu'il rencontrera quelque part en tt l'axe des verres : cela arriverait dans le foyer de ce verre, si auparavant le rayon kh avait été parallèle à l'axe ; mais, puisqu'il sort du point A, sa réunion avec l'axe en // sera plus éloignée dti verre B que sa distance de foyer.

VIL Maintenant il faut placer le troisième verre C en sorte que le rayon , après 'avoir traversé Taxe en /i, rencontre le verre C précisément dans son extrémité c; d'on l'on voit que plus l'ouverture de ce verre C est grande, plus on le doit reculer du verre B, et plus la distance BC devient grande; mais, de l'autre côté, il faut bien se garder d'éloigner le verre C «lu delà , puisque alors le rayon lui échap-

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celle des deux derniers verres C , D : Tune et l'auti-e paire pouvant être regardée comme une lunette simple, composée de deux verres convexes. Mais quelle doit être la distance entre les deux verres du milieu B , C ? Serait-elle bien permise à notre bon plaisir, puisqu'il est certain que, soit qu'on la prenne plus grande ou plus petite, le grossissement, . qui est toujours composé des deux grossissements quei^haque paire produirait séparément, demeure le même ?

II. Or, à ne consulter que Texpérience , on apercevra bientôt qu'en approchant beaucoup les deux Irerres du milieu, le champ apparent s'évanouit presque tout à tait, et que le même inconvénient se manifeste quand on fait cette distance très -grande. Dans l'un et Tautre cas, quand on dirige la lunette vers un objet quelcop.que, on n'en découvre q'u'uue ' "> très-petite partie.

ni. Par cette raison, les artistes se servent de cet expédient : ils approchent ou éloignent la dernière paire de verres de la première, jusqu'à ce qu'ils découvrent le plus grand champ; et après avoir trouvé celte situation , ils y fixent les verres. Or, ils ont observé que dans cet arrangement , le plus avantageux, la distance des verres du milieu B,C, est toujours plus grande que la somme des distances de foyer de ces deux verres B et C.

IV. V. A. jugera aisément que cette distance ne dépend point d'un pur basait , mais qu'elle tire sa détermination de la théorie, et cela beaucoup plus exactement que par la seule expérience. Or, c'est

devoir d'un physicien de rechercher la cau^e de lis les phénomènes que l'expérience nous découvre, vais donc exposer les vrais principes qui nous urnissent la distance la plus avantageuse BC entre i deux veires du milieu. Woyezjig. 1 1 1.

V. Puisque tous les rayons doivent être conduits Tœil j considérons la route du rayon qui, venant 5 l'extrémité o de l'objet visible, passe par le miîu A. du verre objectif; car, à moins que ce rayon * soit conduit dans l'œil , cette extrémité o ne sera is visible. Or, ce rayon ne souffre aucune réfraction ms le verre objectif, parce qu'il passe par son mim A ; il continuera par conséquent sa route en jne droite jusqu'au second verre, qu'il rencontrera son extrémité A, puisque c'est le dernier rayon ansmis par les verres.

VI. Ce rayon étant rompu par le second verre , langera de route, en sorte qu'i) rencontrera quelue part en n l'axe des verres : cela arriverait dans

foyer de ce verre, si auparavant le rayon kfj avait é parallèle à l'axe ; mais, puisqu'il sort du point A, i réuniou avec l'axe en // sera plus éloignée dit »n*e B que sa distance de foyer.

VII. Maintenant il faut placer le troisième verre en sorte que le rayon, après avoir traversé Taxe

n n , rencontre le verre C précisément dans son utrémité c; d'on l'on voit que plus l'ouverture de B verre C est grande, plus on le doit reculer du erre B , et plus la distance BC devient grande; mais, e l'autre côté, il faut bien se garder d'éloigner le erre C au delà , puisque alors le rayon lui écha|)-

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perait, et ne serait plus transmis par ce verre : c'est donc cette circonstance qui détermine la juste distance entre les deux verres du milieu BC j conformément à l'expérience.

VIII. Le troisième verre C produira une nouvelle réfraction dans notre rayon, qui le doit conduire précisément à l'extrémité d du dernier oculaire D, lequel étant plus petit que le troisième C , la ligne cd sera un peu convergente vers Taxe, et ainsi souffrira dans le dernier verre une telle réfraction, qu'il en est réuni avec l'axe à une moindre distance que son foyer; et c'est précisément là qu'il faut placer l'œil, pour recevoir tous les rayons transmis par les verres, et y découvrir le plus grand champ.

IX. Par ce moyen , on est eu état de nous procurer un champ dont le diamètre est presque deux fois plus grand que dans les lunettes astronomiques du même grossissement. Ainsi, par ces lunettes à quatre verres on obtient, outre l'avantage que les objets sont représentés debout , encore celui d'un plus grand champ, ce qui est d'une très-grande conséquence.

X. Enfm, il est possible de trouver un tel arrangement entre ces quatre verres, que, sans porter aucune atteinte aux avantages dont je viens de parler, les couleurs d'iris s'évanouissent entièrement, et que les objets y sont représentés avec la plus grande netteté. Mais peu d'artistes sont capables d'atteindre à ce degré de perfection.

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