‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 61 sur 253 · III* PARTIE. LETTRE XII · texte numérisé non relu

III* PARTIE. LETTRE XII

aux mouveraenU des fluides électriques , el qu'on nomme pc cette raison corps ifoU conducteurs ou isolants,

IV. Abstraction faite du fluide naturel, dont l'action est nd l'excès de 0uide positif ou négatif que peut posséder un eoi conducteur plongé dans un milieu non condnclaBry td queFj se porte tout entier à la surface du Corps coQducteiir, en va de Tacdon répulsive qu'exercent les unes sur les autres les p ticules du fluide. Là ce fluide est censé former une couche^Â épaisseur inappréciable , maïs pourtant variable d^on Tautne de la surface. L'épaisseur esf plés grande aus la courbure dé la surface est plus grande cMii JLa fluide électrique , ou la force avec laquelle il tend à miéfà/j^ au dehors , en vertu de la répulsion de ses partianlesfMl| proportionnellement au carré de l'épaisseur de la qDUcbi; Q/k la surface du corps conducteur oHre des pointes, çesl-à-d des points où la courbui^ est comme infiniment grtnde, l# Êm électrique s'y accumule, et y acquiert une iension capihle surmonter les obstacles qui s^opposenC k sa diCfusicMi d^ns milieu environnant.

. V. La couche électrique, située à la surface d'un corps op ducteur, agit par influence sur le fluide naturel des corps eai ronnants; elle tend à le décomposer, en repoussant le fluide • même nom et en attirait le fluide de nom contraire. Si ces cof sont conducteurs et isolés » ils se couvriront d*uue coudbe ék trique. Dans une région de leur surface, l'électricité sera postah et dans l'autre région elle sera négative ; la ligue de séparati des deux régions se Cuvera à l'état neutre.

VI. £n général , toute perturbation dans la coustitulion aaol culaire d'un corps est accompagnée d'une décompositiatf i fluide naturel 9 et du dégagement de deux quantités égales d'À tricité positive ou négative. C'est ainsi que le frottement» 1 chocs, 1 evaporation , la fusion, les changements de températdi les actions chimiques, sont des causes d'électricité. ^

VU. La commotion électrique résulte de la recompositii soudaine d'une certaine quantité de fluide naturel , par la i^ tralisation de deux quantités égales d'électricités contraires.

1>E L'ATMOSPfiÈRE ÉLBCTRIQUE. 13 L

Vni. Une décomposition et une recomposition continue de luide naturel, le long d'une file de molécules pondérables , constituent un courant électrique, La théorie des courants électriques, ioeonnuedu temps d'Euler, se nomme Véiectro- dynamique. Cette théorie a des connexions aussi intimes que variées , non-seulemeot avec toutes les branches de la physique proprement dite , nais encore avec la chimie et avec la physiologie.

A Taide des principes posés cirdessus, et notamment des principes 1 , IV, y, on explique fort simplement les phénomènes (rattrM:tioo et de répidsion que présentent les corps conductaiy éleetrîsés directement ou par influence.

Ofielques-ana en phénomènes dans lesquels les deux éleciBGÎIéMemblent ne pas se comporter d*nne manière symétrique, 10^ indiqués un peu plus loin par Euler (lettre XY). On en connaît d'autres encore; mais la symétrie est la régie, et le défaut de symétrie l'exception.

Cepéndadi il s*€D faut bien que Phypothése d*nn fluide unii|M, admiitfMr Euler et par Franklin , soit définitivement condamnée. On est plutôt lente de croire qu'elle prévaudra , lorsque la science de l'électricité offrira une systématisation plus parfidte. hf^

Si le fluide électrique existe répandu dans tout l'espace , à la ■tnière de Téther, les actfons répulsives exercées en tout sens inr une même particule se déthiisent dans Tétatf de diffusion ■ifiome, qui correspond à Tétat naturel ou neutre. L'équilibre pturra être troublé par l'addition comme par la soustraction d'une certaine qi^mtîté de fluide qu'un corps ou une portion détenpinée de l'espace doit posséder dans l'état naturel. La sous- Inction d'une quantité A de fluide électricpie équivaudra ma- «dferteniént à l'addition de la même quantité A d'un fluide hypothéâque, qai aurait des propriétés directement contraires à ccUes du fluide, unique que nous admettons maintenant. Sans qn'Q soit besoin d'entrer dans de plus grands détails , le lecteur comprendra comment les explications données dans l'hypoibèse des deux fluides peuvent s'adapter à l'hypothèse du fluide «nique.

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LETTRE XIIL

(14 juillet t70I.)

Sur la communîoetion de Télectricité à une barre de fer, par le moyen d'un globe de verre.

Après les expériences faites avec des tuyaux de verre , on est parvenu à porter l'éleotricité à un plufi haut degré de force. Au lieu d'un tuyau , do s'cBl servi d'un globe ou d'une boule de verre qu'on IKl tourner bien vite autour d'un essieu ; et en y apjdiquant la main , ou un coussin fait d'une i|iatière qu a des pores ouverts , on produit un (rolleinent qu rend la boule tout entière électrique.

Lay?or. 6 représent^cette boule, qu'on peut fain tourner autour des^^Hbieux A et B (^. 6 ) , par yi mécanisme semblable à celui dont se servent les tour neurs (i). C est le coussin appliqué assez fortemenl contre la boule, auquel elle se frotte en tournait Dans ce frottement les pores du coussin étant coiti' primés plus que ceux du verre, l'éflier qui y,e8l contenu en est chassé, et forcé de s'insinuer dan^ les pores du verre , où il s'accumule de plus ell plus, puisque les pores ouverts du coussin en fournissenl toujours de nouveau, y étant continuellement sup* pléé par l'éther des corps environnants; de sorte qut

(i) Le globe est remplacé par un plateau dans les machiné électriques de construction moderne.

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