ir le dénoùment
adant enfin plus traitable
■ >n amant!
Or, comme si j'exigeais de vous, caro nrio, iilles épre rait trop vos
habitudes vas , — je ne veux pas que voua
m'aimiez, — je ne voudrais pas, moi, me... marier, sans toutes les épreuves préalables usitées dans le bon vieux temps. Quoique, à tout prendre, de dos jours ce Boni presque toujours des restes qu'éil dos young ladies î elles se marient les dents longues, h t pauvn >. comme on di1 & igen, et après avoir rongé quelques maigres bribes, —
DE L'INCONNITE. 21
elles mordent où elles peuvent. De là, toutes ces histoires terribles qui font dresser les cheveux sur la tète.
Et puis, après tout, un homme, non entamé, qui épouserait une femme comme moi, serait un homme bien à plaindre , croyez-le , à cause même de l'excessive fidélité dont je me sens capable !
Néanmoins, quoique je ne veuille vous voir en aucune façon, je me sentirais bien heureuse si vous vouliez me sacrifier votre Rubens, et rester à Paris à la même époque que moi. Ce serait là comme l'aube d'un voyage à Cythère, qui pourrait doucement et sans choc nous conduire à l'apothéose finale.
Songez donc comme il est doux de se trouver dans la même ville, à une proximité qui nous permettra peut-être d'écouter le bruit de la même charrette, — d'entendre travailler le même maçon, — de voir tomber la même pluie, — de savourer enfin le même brouhaha ! — Quelle poésie! Il me semble que c'est déjà là un joli commencement pour un attachement qui menace de durer autant que nous.
i RE S
A propos — que faites-vous de mes lettres?
:ii qu'elles
ieni me survivre el passer fortuitement
« Um- des main- railleuses ou froidemenl indiffé-
tt puis, pour une n. I bien
délical - crire ainsi à quelqu'un qui
oe lui a pas ûté !
Votn angi r< In IL .
DE L'INCONM E.
\on caro mio — non, vous ne mourrez pas cette année, et votre horrible gastrite n'est que le résultat d'un excès quelconque — de table ou autre. J'ai consulté notre physician-surgeonchemist-doctor Pklipps : — un peu de frugalité et de la sagesse, ne pas travailler, dormir, se tenir les pieds chauds, et tout sera dit. Notre docteur Phlipps a une vaste clientèle dans le West-End, il est très-savant et pas droguiste ; quoiqu' apothicaire, c'est un honnête homme.
Vous me répétez encore que vous êtes vieux et laid, très-capricieux d'humeur, toujours distrait,
taquin et méchant quand voua souffre! — et voua
-il la qui n«' soil très-rassuranl '.
Ali tentate ;i,l que voua l<
vous adorer. On homme joli et d'un
--il ni'.' forait fuir au DOUl du monde.
Prenez garde : ai voua m'avez tromp
I lid que voua nie le promettez, moi aussi je poignarderai le soleil, et même je lui jetterai du . comme
font les naturels d'une île que l'on est en train joui rir au pôle
voua lord Brougham? — est-il beau?
. Bfa bien, j'en fais s. — Non
•m France le grand orateur Crémieux..., il me prend a toute heure
I ver dans sa i.
Dme un enfant qui <J
Mirabeau, I** grand Mirabeau, j'aurais i
ah! voua me dites que voua ôtea Laid, impru-
— Eh bien, faite- un pas de plus, ajoutez
un charnu a votre laideur, écrivez-moi que \ ou-
quitte tout |>'jin voua suivr< .
DE L'INCONNUE. 2a
Mais sortons de l'exagération, mon cher Caliban. vous êtes triste, vous avez, dites-vous, mille raisons de l'être. Et puis, voilà tout, et vous laissez comme toujours ma vive sympathie le bec dans l'eau. — Vous avez besoin d'un ami féminin; eh bien, c'est dit, servez-vous de moi pour cet usage, — honorezmoi de votre platonique amitié — mon sein s'ouvre tout grand pour vos plus intimes confidences, — versez-y vos peines..., inondez-le de vos larmes amères : elle vous trompe, n'est-ce pas, celle qui n'est pas moi? Elle est fausse, cruelle, volage, — enfin, elle vous rend bien malheureux, — et ce qui est le plus terrible, elle se moque de vous, et blesse votre amour-propre... Et ce n'est que de vive voix que vous pouvez me confier toutes ces choses-là.
Alors, s'il en est ainsi, attendez-moi sous... Je vous dirai sous quoi quand je serai à Paris. — Mais auparavant j'irai aux références...
Le scldzzo va piano e sano. Vous le recevrez bien sûr un jour ou l'autre.
Vamos poco a poco. y evitcmos la orilla, un trcpozon nos perderio...
Car autrement :
i i; i S // I in hiiiid, rrith wandering steps and *low} Through Eden we should take our solitary way. Donc, cher ami,
}'(/(t mon Eth ihychirsac ly colh siih nazal
dernière phrase esi du carthaginois le plus
pur; si vous n'en saisissez pas bien le sens, faites-
-] i traduire par votn Irlandaise blondi !
Tant pis, je viens de me trahir — vous le voyez,
tout ! — et cela vient de ce que, par suite
d'une forte déma iux doigts, j'ai lu la
lettre que vous écrivait M. \... il y a cinq jours.
\fea culpa. — Je suis femme, et je saurai bien
lire pardonner, amigode mi aima.
\ bientôt.
) 'our foolish darling.
Pardonnez-moi, — je souffre, et ne saurais faire aucun effort pour vous écrire trois lignes qui aient le sens commun. J'ai peine à tenir la plume, tant elle pèse à mes doigts. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis indifférente : je souffre, voilà tout.
Vous savez ce que c'est vous-même. Moi aussi, je suis bien triste, à cause de bien des choses. J'ai comme des étranglements au cœur, — puis des sensations très-pénibles dont vous ne pouvez vous faire une idée, vous autres. Puis... des serrements à la gorge... et des tremblements. Les extrémités
Il rTRES
• :it tout à coup, et, — lorsque la chaleur revient, — je me détire les bras à les briser, et j'ai de longs bâillements qui ont l'air de me partir du bout d
Nuire aimable surgeon Phlipps, que je viens de consulter, s'est mis à rire de bon cœur. J'étais . — a Votre maladie est loin d'être mortelle, m'a-t-il dit en clignant un œil, — c'esl i
simple crise d'éclosion, — ce n'est pas moi qui dus guérir! » Je me sentais tellement agace qu'il me disait là, que j'ai levé la main sur lui, et mm j'ai voulu le battre; — il m'a saisi les doigts et y a déposé un baiser très-médicalement respectueux. — -Mais enfin, n'est-ce pas là une bien grande hardiesse pour un homme de science, je vous le demande?
D'autant que je sens bien qu'il n'a rien compris à ma maladie, — je suis trèx, f n's-malade ; et quand je serai mort'1.... on dira : La pauvre
fillel qui aurait |>u croire qu'elle était si en danpie cela !
horribles angoi m'empêchent pas,
le penser à vous — par intervalles — dans
les rares éclairciee que me laisse ma maladie.
J'ai même eu la force d'envoyer mon portrait demi- grandeur à l'artiste, pour qu'il m'en lasse une bonne copie, toute petite. — Vous devez savoir à qui je la destine.
Je sais par Y... qu'.en octobre dernier vous m'avez vue et dévisagée à votre aise, et cela, à mon insu. Que m'importe l'impression que ma personne a pu produire dans votre esprit ! C'est là une préoccupation temporelle, — et dans l'état désespéré où je me trouve, mes idées doivent se tourner exclusivement vers mon souverain rédempteur.
Adieu.
P. S. — Si vous m'aimez, au reçu de cette lettre, la dernière peut-être! — prenez vite une voiture, allez aux Petits-Pères, et faites brûler un petit cierge à la chapelle, au fond, à droite, — ne vous trompez pas. — Vous direz une prière, à votre façon. — Faites cela pour votre amie.
\ Il
à Londres, j'en suis heureuse : mais lia toul à lait inconsolable -i je croyais en Être la Beule cause. Est-ce pour moi qui ivez bravé ih< glad waten of thi dark blm tea, et que vous av( z deus heures durant
à faire les politesses d'usag et dorée qui peuple l'empire de Neptune? — tttôl le British Muséum qui vous
Suit-. m. oe \ pas de venir nous
rendre visite ai /><>>"< soua un prétexl i sous
un autre. — Je voua en prie, ne jouez p
moi la comédie banale que l'on voit au théâtre. J'ai horreur de toutes les traditions ; tout ce qui serait voulu et combiné dans nos relations ferait tomber le charme, et mes illusions s'évanouiraient. Livrons-nous à l'inattendu.
Je suis bien aise que le schizzo vous ait plu.
Enfin vous êtes à Londres. — Je vous le répète, j'en suis heureuse, bien heureuse. Mais je vous affirme que nous ne pourrons nous voir d'aucune façon, — à moins que le hasard seul!... Et si je le voyais poindre, ce hasard, sachez que je me mettrais aussitôt en mesure de l'éviter et même de le fuir.
Ne me forcez pas à vous dire pourquoi je suis aussi rétive... — Chez vous le désir de me voir de près tourne à l'idée fixe, et cette persistance effarouche mon instinct. Il eût mieux valu que vous ne m'eussiez jamais rien écrit à ce sujet. et peut-être serais-je venue de moi-même.
Vous me dites : « Vous savez bien que je ne vous mangerai pas. » Ah! voilà, pour un homme d'esprit, un joli pas de clerc que vous avez l'ai; là. — Je ne vous mangerai pas! Et aussitôt j'ai
ce pauvre petit chaperon rouge, ;t naturellement, a cet affreux RaminagrobU ; je me suis métamorphos souris craintive, et je reste repliée dans mon trou.
Et là, pour ni'' rétablir en confiance, 'y li- et
je relis vos lettres presque journellement. —
b d'en tirer une synthèse qui soit vous. J<-
n'y trouve que contradictions, rien qui supporte
-• . \ êtes, pour moi, un b ne
fermé à double unir. I o être réfractaire à toute sympathie. Vous êtes encore plus mystère que le premier jour.
as, — vous, qui faites de si jolis aposur le diamant vrai et le diamant faux. qui ôtes-vous vous-même? Êtes-vous le caillou brut qui cache le diamant avant la taille, ou seulement le silex d'où peut jaillir L'< lincelle quand on le heurte? — Je u'<-n sais rien, j'ai
it de vous heurter, — j' ittends encore
elle...
Vous me traitez en enfant, — vous amoncelez
des phrases pour m'éblouir, — votre style est
il t.- préméditée, votre plume vous
guide, plutôt qu'elle ne vous obéit, et votre politique sentimentale me paraît parfois cousue de lit blanc...
Non, ce n'est pas ainsi que parle la nature!
Le style c'est l'homme, dit-on; or comme dans le style de vos lettres je ne vois aucun homme, j'en conclus à une embuscade épistolaire, et je me tiens sur mes gardes, j'ai peur d'une double méprise !
Que va-t-il résulter de cet excès de franchise? je frémis rien que d'y penser.
Ce que vous avez de mieux à faire c'est de remonter sur votre Olympe et de me rejeter dans mon néant.
Et ce sera ma faute; pourquoi ai-je voulu jouer le rôle de Sémélé? ....
Cher ami, il ne faut tenir aucun compte de cette lettre, je ne vous en adresse que la copie, et je viens d'en jeter le brouillon au feu, — là, — il brûle, il s'éteint... Voilà toutes les petites religieuses qui rentrent dans leurs cellules, — puis
mus
la tourière qui ferme la port — plus rien, bonne nuit! demain I" soleil luira comme d'habitude, i otoins qu'il oe fasse un épais brouillard; — cela dépendra de Jupiter.
Mis* Pandon .
Amigo Antonio La Mariquita de vm, manana estant en Paris...
Je ne veux pas vous gronder de votre long silence, je ne crois pas que vous ayez voulu me tenir rigueur, je crois plutôt que pendant cette période écoulée, vous ennuyant au logis, vous avez déployé vos ailes vers un lointain pays ; — ne me dites pas que c'était bouderie toute pure, je ne vous croirais pas. Vous êtes de ceux à qui les pieds démangent plus que le cœur — et le vôtre attend encore le premier coup de poignard de la femme aimée, — du moins, je me
: — et fussé-je la femme Votre E e ae me risquerais pas
; ta lame de mon poignard dans la triple dure écorce qui chez vous enve ... vis-
— c imme vous l'appelez poétiquement.
Entre vous et moi, le cœur n'est pas en jeu, et depuis bientôt, de* années, c'est convenu, — non nprenons sans nous entendre, —
nous arrivons parfois à nous crista lis sr l'esprit ; il Sets de prisme où notre âme, qui n'est pas un viscère, entrevoit toutes les couleur- de l'arc-en-ciel, puis tout retombe dans la pénombre, et tout est à refaire.
Nou- Boulevons le cristal de Sysiphe.
Que voul( - a qui ne jouera pas
l oui Sur table. En amour se li\, être dupe, — et l'on en meurt.
\ . encore une loi- que j<' comprends
. . théorie. — Oui. — C'est ce qui me Bauve.
pauvre Julie de Chavern^ '. entraînée par
// tbl< M , ><■.'■■ cl L'Acadé-
Dl'. L'LXCO N N 0 E. 37
la passion du jeu, n'a-t-elle pas inconsidérément joué son va-tout; — et alors, cet affreux Darcy, faisant sauter la coupe, a tourné le roi du premier coup, fait la vole, empoché l'enjeu, remis ses gants, et salué sa dupe comme eût fait le premier escroc venu.
Don Juan ou Lovelace eussent au moins sauvé les apparences, et, par une attitude inspirée, laissé planer dans la conscience de leur victime une vibration éolienne et comme un vague espoir de revanche.
L'histoire à laquelle je fais allusion est peutêtre la plus morale et la plus efficace qu'on ait jamais écrite, depuis qu'on écrit. Si j'étais le gouvernement, j'exigerais par un article de loi que cette œuvre fut religieusement déposée dans toutes les corbeilles de mariage.
Mais par dessus tout, cher correspondant, j'ai retenu dans ma mémoire quelques lignes de ce livre qui sont pour moi comme le critérium de la personnalité de l'auteur lui-même. Les voici :
« Aussitôt qu'il se retrouva clans son appartement de garçon , Darcy passa une robe de
i ["TRES
chambre turque, mit des pantoufles, et ayant de Latakié une longue pipe dont le tin au était de merisier de Bosnie, urne d'ambre blanc, il se mit en devoir de la Bavourt r, en se renversant dans une grande bergère garnie de maroquin et dûment rembou
i . personnes qui s'étonneraient de h voir dan» rcttt vulgaire occupation, au moment où peut-itn il aurait pu rêver plus poétiquement*
JE RÉPONDRA] qu'niit Ooii/k pipi est Utile* sinon
nécessain à la rêverie} ci qm le moyen d< bien
jouir d'un bonheur) c*est dt dissocier à un autn
bonheur. I \ ni: usa mis, homrm fort sensuel y
lit jiiiiniis uni letln de samaitresst iiemii
. attisé h /'< u. si on était en
tur un < anapé commode* n
Ali : je commence à le deviner celui que l'auteui
appelle, m dbmes uns, homme fort sensuel, c'est
neilleur ami qu'il devrait dire, car Lout le
monde -ait qu i le meilleur ami d'un auteur, c'est
lui-même.
Quel pacha I — Va voyez-vous d'ici l'esclave
rata, la blonde odalisque attisant alterna-
tivement le cœur et la pipe de son seigneur
et maître, et ses lèvres roses disputant au bout d'ambre blanc la bocca luilo t remanie de son Paolo ?
Quelle jolie aquarelle, — hein !
\ propos d'aquarelles, je passe tous les jours des minutes à contempler votre Moine et votre Infante, et je me demande à quoi vous pensiez en les faisant. — Quand vous dessinez vous n'écrivez pas, et alors les pensées qui vous traversent Le cerveau doivent être vraies, intimes et naturelles. — Que je serais donc curieuse de savoir à quoi vous pensez sans y penser !
Quant à votre mèche grise — destinée à me rassurer — que prouve-t-elle ? Mon plus jeune frère est venu au monde avec une mèche toute blanche, il l'a encore. Il y a de nombreux exemples de pareils phénomènes. Vous me direz que la votre est grise, mais avec du noir et du blanc on fait du gris. J'ai eu la patience de faire le dépouillement du scrutin. — les noirs l'emportent à une grande majorité. — Concluez.
Mon pauvre cousin s'écarte de plus en plus du temporel, et toute éventualité de mariage semble
LETTRES
s'évaporer; il se mortifie tellement qu'il en devient diaphane, ce « n t i inquiète beaucoup mon parrai iir pense qu'il serai! urgent de le
conduire à Naples. — avant un mois, c'est prôna en route — et nous ne ferons que i: Paris.
11 y avait dans ce projet de nous unir imr obli- . — un devoir de famille, — j'y étais i siobligation cesse par la foin -. — je ne me marierai jamais, dût-on m'offirir an trône.
J us l'une nature beaucoup trop indépendante. — J'ai des aspérit s, des angles que personne au monde ne pourrait arrondir. — Je suis une exception, un monstre, une anomalie dans la nai ainsi, cher ami, ne vous m prenez jamais sur ■ de nos relations : — je cherche à me (aire un ami masculin.
Et lorsque nous serons bien persuadés, l'un et l'autre, qu'aucun de nous deux ne peut ni ne doit dominer son partner, ni le tenir eu
;l sera 'lit que chacun pourra à sa guise courir où il lui plaît, et garder sa plus complète
DE L'INCONNUE. il
indépendance — lorsque surtout, devenue un peu plus libre de mes faits et gestes, j'aurai fait à mes mœurs une maison de verre, ces entrevues que je vous refuse aujourd'hui pourront devenir normales, et défier le qu'en dira-t-on.
Votre amie.
LETTRES
Jl- !)•.• m'y attendais pas 1... — Il me tombe une
fortune de 40,000 francs de rente. Elle me vienl
d'un ami «h: mon parrain qui m'a connue très-peu.