XIII. — A Madame d'Aumont
Ma très-chère sœur, j'avois dessein de vous aller trouver dans votre cellule pour vous entretenir plus raisonnablement que je ne fis la dernière fois, sil eût plu à Dieu de m'en faire la grâce; mais j'ai été au parloir depuis la conférence jusqu'à vêpres. Ce sera pour demain. Dieu aidant. Je lui demanderai la grâce de vous pouvoir parler de la prière, puisque vous le désirez, et que je vous dois obéir dans tous les besoins de votre âme.
Ma très-chère sœur, je donnerai votre billet à M. Singliu et vous en donnerai la réponse pour ce qui est du noviciat; car, pour l'article secret, il vous en résoudra de vive voix.
Je ne puis consentir à votre veille du soir. Il me semble qu'y ayant douze heures au jour, vous devez prendre de celles-là pour satisfaire à votre dévotion, qui doit finir à huit heures du soir.
Je vous supplie de vous souvenir de moi dans votre profonde retraite, pour suppléer à mes innombrables distractions. Adieu, ma très-chère sœur.