LXIX.— A la sœur Marie-Angélique de Sainte-Thérèse Arnauld
d'Andilly '.
Klle l'exlioileà corres|i()ii<lre à la gnico de Dieu par une prière coulinuelle.
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Ma très-chère soiir, Dieu nous donne de temps en temps lies scutimens de vos devoirs (jiii vous devroient servir de renouvellement si vous les ménagiez bien. La première chose que vous devez faire, c'est de bien ouvrir votre cœur à ses itisiiiralions, et les recevoir avec une grande reconnoissance «le la bonté de Dieu (pii ne vous abandonne j)oiut dans votre nonchalance et lâcheté, ce (|ue vous devez craindre qu'il ne fasse à la fin si vous ne correspondez point à la grâce (pi'iivous présente jtour en sortir. Il faut commencer, ma sœur, par une prière continuelle, c'est-à-dire (jue tous les temps qui vous ?ont donnés pour prier, vous lâchiez de faire en sorte que ce
> La «(i;ur Mîiiie-Aiij^fliqiie de Sainlo-TIuMèse Arnaiilii (rAiifiiliy naquit en 1630. Llle lui ('Icvrc :i l'oil-ltdvai ; mais elle en sortit en I6i7 et
fa^sa plusieurs années dans le niondc, pnrlanl le nom de niadi-tnoiselle de ,u/aney. M.iis ayant (•Ir liinrli<''e de Dieu, cilf nnlra i» I*orl-lU)yal au coniliii-nceinent d'oclolire \(V.t\. On lui donna rii.iliil !«• \'.\ diccndire Ui.'ii, et tWv (il profosidu le 21 n<iveud)if |(l,")l. On r.ipplitpia à servir la mère A^Ml(•<, SA lanle, dan>. ses infiruiilt's, cl ou lui lil apprendre la eliirurgie. «ju'rll»' pratitpia foil lialiilctniMil Klli- ar((iin|iaj;na la mère At;ni's dans .v»n exil en Oifi4. Klle est niorU- le SjauNirr 1700,
soient de véritables prières, et que vous ne donniez aucun lieu à la distraction volontaire. L'attention qu'on doit avoir à l'oraison et à l'office n'est point une chose forcée et pénible, ce n'est qu'une simple présence du cœur à Dieu, qui est de soi très-facile : la difficulté vient de ce que l'esprit s'emporte ailleurs, et qu'il le faut rappeler sans cesse, sans se lasser de ce combat qui se diminue à mesure qu'on y travaille. Quand vous vous trouverez dans la distraction, attachez-vous aussitôt aux paroles saintes que vous prononcez , elles prendront la place de la distraction qui se dissipera d'elle-même. Il faut même s'exciter par les cérémonies, en les faisant exactement et en pensant à ce qu'elles signifient. Que si vous êtes encore notablement distraite par votre faute, ne manquez pas d'eu faire pénitence à la fin de chaque office. Si Dieu vous fait la grâce de vous bien acquitter de l'office, tout le reste de vos actions se ressentira de la bénédiction que vous y aurez reçue. Vous dites bien vrai dans votre billet, que n'ayant pas d'attention à vos prières, vous ne méritez pas que Dieu vous la donne dans vos autres exercices. On a moins de liberté de penser à Dieu dans le travail parce que l'esprit est divisé, et lors Dieu veille pour nous quand nous avons veillé pour lui dans l'oraison. C'est pourquoi au sortir de l'oraison on fait quelquefois des actions de vertu sans y penser, à quoi l'on se trouve porté par la bonne disposition qu'on a reçue devant Dieu. Ce sera par cette même voie que vous deviendrez silencieuse, comme il est dit dans la sainte Ecriture, que c'est à l'homme de préparer son cœur (en l'exposant souvent à Dieu) et au Seigneur de gouverner la langue. Invoquez souvent Dieu par des versets des psaumes, en choisissant un tous les jours; dites aussi l'oraison de la semaine, et ne laissez point passer de quart d'heure sans quelque oraison jaculatoire qui entretienne cette étincelle que Dieu a rallumée dans votre cœur. Il ne faut point se décourager, cela ne sert à rien, et il est de même inutile de se plaindre tant de sa misère, sinon pour en sortir et pour en prendre les moyens qui sont toujours faciles, parce que Dieu ne demande rien de nous qui ne soit proportionné aux grâces qu'il nous fait; et quand on désire véritablement de porter son joug, il l'adoucit aussitôt; mais il faut faire le pre-