V. — A Monsieur Arnauld d'Andilly
Sur rclablisseiiieiil de l'uidn; du 1 rès-Suiiil-Sacrcmoiil.
Lp 2r>j,tiUti 1G-2i).
Mou cher frère , Je vous fais mille excuses d'avoir faut lardé à vous remercier, comme Je fais Ires-hniulilemeut, delà
' !.:• iiièr« Angélique.
' H<-ll<*-nu>re de M. d'Andiflv.
' M;..l.-.m.-d'Andillv.
' Madain.' AriKiiild', KII.» ri., il it Pnrl-Hoyrd d«'|niis le 30 mai IT,?.';.
peine qu'il \ons a plu prendre pour nos lettres, èsquelles il me semble que vous avez eu grande bénédiction ; et il ne se pouvoil autrement, y ayant travaillé de si bon cœur, et dans la pensée que vous étiez fort honoré de cette commission. J'espère que ce sentiment sera inspiré à tous ceux qui prendront part à cette œuvre divine qui mérite le service de toutes les créatures.
Nous avons envoyé la minute à Monseigneur de Langres ' : je vous manderai sa réponse. Pour ce qui est de la difficulté sur le litre d'Ordre du Très-Saint-Sacrement, c'est moi toute seule qui en use indiscrètement, n'y ayant que la multiplication des monastères qui puisse former un Ordre ; et quand il plaira à Dieu que cela soit, le nom suivra nécessairement; la part qu'y a saint Augustin n'étant que comme une étoile en présence du soleil, et pour cela je pense (ju'il seroitbonde dire dans les lettres : des filles gardant la règle de Saint- Auguslin, et non de l'Ordre de Saint-Augustin, comme porte la bulle : néanmoins on dit qu'on y gagnera toutes les grâces et privilèges octroyés à cet Ordre; mais je trouverois que c'en seroit un plus grand que d'appartenir uniquement à Jésus-Christ en ce mystère qui enferme toutes les grâces de Dieu, et le Dieu même de la grâce. La date de la bulle est de vingt et sept. C'est une pitié que ce trésor soit si longtemps caché en la terre, et que cette lumière demeure sous le muid; mais pourtant je ne m'en étonne pas, car où se pourront trouver des âmes dignes de cette vocation ; et qui ne dira comme saint Pierre : Retirez-vous de nous, Seigneur, etc. Encore en un besoin cette disposition tiendroit-elle lieu de quelque chose, sinon qu'il est aussi malaisé de bien connoître le néant de la créature que la dignité du Créateur, puisqu'il y a infinité en l'un et en l'autre. Mon espérance est qu'une parole toute-puissante viendra détruire tout ce qu'elle trouvera contraire à son dessein, et fera sur les sujets raisonnables ce qu'il lui plaît d'opérer sur les inanimés , dans lesquels elle s'établit aux dépens de tout ce qu'ils sont. En attendant cette heureuse destruction, je subsisterai dans le désir de vous être plus unie
< Zamet.