‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 134 sur 247 · CVII. — A Mademoiselle Pascal · texte numérisé non relu

CVII. — A Mademoiselle Pascal

* Sur divers sujets.

20 /euner 1650.

S'il avoit été nécessaire, M. Singlin n'auroit pas manqué de

donner secours à sa chère tille, qui n'a rien à craindre tandis

est née le 4 octobre 1 625. Elle connut Port-Royal en 1 647 et conçut le dessein d'y être religieuse. Au mois de mai 1648, elle fit connaître son désir à son père, qui s'y opposa, ne voulant pas s'en séparer ; elle demeura donc chez lui vivant en religieuse, et se conduisant selon les avis de la mère Angélique et de la mère Agnès.

M. Pascal père étant mort le 24 septembre 1651, M""^ Pascal entra à Port-Royal le 4 janvier 1652, à l'âge de 26 ans. Elle prit l'habit le dimanche 26 mai 1652, et fit profession l'année suivante, le 5 juin 1653. Elle fut d'abord chargée du soin des postulantes en 1655, et ensuite de l'éducation des enfants en 1657. Envoyée à Port-Royal-des-Champs le 6 ou le 7 novembre 1659, on l'y établit sous-prieure et maîtresse des novices, le 3 janvier 1 660. Elle est morte le 4 octobre 1 661 , âgée de 36 ans.

V, Les lettres de il/"" Périer et de Jacqueline Pascal, publ. par M. Faugère, cl Jacqueline Pascal, par M. V. Cousin.

CIX — A LA SIJEI R AX.ÈLIulE DE SAI.M-JEAN. 167

qu'elle craindra. I.es choses dont elle se ]daint ne sauroienl lui faire de mal tandis qu'elles n'entreront point dans son cœur: tout ce qu'elle a à faire, c'est de se confondre devant Dieu de ce que les choses qui h devroient faire rougir sont capahles de lui donner de la complaisance. Que ce soit sa pénitence de porter cela avec humiliation, en renouvelant les géniissemens de sa vie passée,

M. Singlin voudroit pouvoir servir N. en la manière qu'elle désire. U faudra chercher des inventions pour cela; car au lieu (|iie Noire-Seigneur dit que ceux qui font mal craignent la lumière de peur que leurs uuvres ne soient découvertes, c'est maintenant ceux (jui font hien qui sont ohligés de se cacher, de peur de scandaliser ceux qui appellent le mal hien, et le bien mal.

GVIIL— Â Mademoiselle Pascal.

Sur le retardement de Dieu dans les âmes.

25 février 4 6o0.

Nous eûmes hier un sermon admirahle de M. Singlin. Je vous y aurois souhaitée, sinon que j'aurois eu peur que cela eût irrité votre désir et rendu votre attente plus pénihle. Notre-Seigneur vous veut purifier parce retardement, de ne l'avoir pas toujours désiré; car il faut avoir longtemps faim et soif de la justice pour expier le dégoût qu'on en a eu autrefois.

Saint Augustin sur ces paroles du Prophète-Roi : Sed tu, /domine, j/.sv/ufv/i<o (Ps. vi, '.]), exprime à merveille ce retardement de Dieu dans les âmes, qui désirent lahoudance de ses grâces, et auxcpielles Dieu les dillere : Mdes animam luctantem cum vitiis suis et à medico dilalam, afin que la santé lui soit plus chère.

CIX.— A la sœur Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly. Sur divers sujets.

Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement 1

(Fin (Ir février I60O.)

.Ma très-chère sœur, Nous vous renvoyons le petit extrait . Je vr)us sui)|»lic de dire à la mèn; prieure (pie jf m'atteudois

qu'elle nous enverroit la retenue de ma sœur Antoinette , sur l'exhortation du jour de l'habit, dont je ferois un sommaire de trois points que j'enverrois à M. de la Place* pour le corriger; car c'est trop lui donner de peine de tout revoir, n'ayant dessein que d'extraire ce qui doit servir de considérations et d'entretiens pendant l'assistance, pour le faire entrer dans les Constitutions, suivant l'inspiration que vous en avez eue; et quand même on ne le voudroit pas mettre en ce lieu, cela est fort utile pour donner en particulier.

Vous avez prévenu le jour où l'Église nous ordonne de rompre la dureté de nos cœurs en les déchirant en plusieurs pièces, qui sont autant de renoncemens à notre propre esprit. Je prie Dieu, ma chère sœur, qu'il vous donne et à moi cette flexibilité qui fait la meilleure partie de la pénitence, puisque rien ne satisfait mieux au péché que d'agir contre la cause de la plupart de ceux que nous faisons.

ex.— A Mademoiselle Pascal.

i8 mars 1650.

Je vous avois fait réponse, et je crois que vous aurez eu le même sentiment que moi, et que vous n'aurez rien perdu aux lettres que vous n'aurez pas reçues; car Dieu se contente qu'on expose son état à ceux qu'on doit prendre pour sa conduite, après quoi il remédie souvent par lui-même aux choses pour lesquelles on a eu recours aux créatures.

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