XIII. — A Madame le Maitre
Sur la mort du coiiUe de Diinois, onf.ml do madame la duchesse de Longueville.
Ce 26 janvier <634.
Ma très-chère sœur, Hélas! mon Hieu, quelle nouvelle non? avons reçue par le dernier ordinaire ! Xous attendions de 1.1 joie, et nous avons eu beaucoup de tristesse pour la perte de notre petit prince; mais je me reprends et je fais scrujjule de prononcer ce mot de perle, puisque celte bénite créature, (pii n'est [lerdue (jiie pour la terre, a été enrichie d'un bien éternel par un effet si particulier de la Providence divine, que l'on en demeure ravi d'admiration, et obligé de se taire de la douleur que l'on porte de celte |)rivalion, jiour rendre mille aclions de grâces au Fils de Dieu d'avoir eu soin de se conserver cette petite âme (jui demeurera éternellement en son sein, d'où elle voit les }.Mandeurs (jui l'atlendoient en la terre iuliniment audessous de ce (jui lui est doimé dans le ciel.
Nous désirions (jue madame de Longueville mît au monde un héritier de sa maison, et elle y a mis un prince du sang de Jésus-dhrist, (|ui a reçu aussitôt l'héritage (h; son Père. Mais, comme il y en a trop pour lui, j'espère qu'il désirera d'avoir des frères auxiiuels il en fera part quand ils auront possédé ce (ju'il a laissé eu la lerre. (Icpemlaiil nous demandons à Dieu avec une parfaite conliance la conservation de notre bonne princesse, afin qu'après le présent «ju'elle a fait au ciel, elle en fasse un .lulre sur la ti-rre.
Adieu, ma clicnî sd'ur; nous allendons les nouvelles de ftnmedi connue la fin d<> lous nos uiaiiv ; car, .ipics l'.ieeidfnt
arrivé, si la santé de Madame se rétablit, il n'y a plus rien à craindre, au lieu qu'on eût toujours tremblé pendant sa grossesse que ce précieux enfant n'eût porté les rigueurs de sa maladie. Je suis à vous, ma chère sœur, autant que je dois divinement et humainement.
Sœur Agnès de Saint-Paul. I. R. B.