Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]
Tous ceux qui ont lu la Vie de la pieuse Mère Marie de l'Incarnation, Ursuline, que nous avons publiée en 1873, et dont la deuxième édition est en vente depuis bientôt deux ans, ont pu voir, au moins dans une certaine mesure, combien cette sainte religieuse a de droits à l'admiration de quiconque professe la foi catholique : non-seulement à cause de ses éminentes vertus surnaturelles, mais encore pour les qualités de son esprit, ses talents naturels, sa science des choses de Dieu, son habileté dans la direction des âmes, son invincible énergie en présence des obstacles et des revers les plus propres à renverser tout courage humain. Partout et toujours, en effet, elle apparait et comme sainte d'une sainteté exceptionnelle, et comme esprit supérieur doué d'un ensemble de qualités que bien peu d'hommes ont possédé à ce degré de perfection.
Mais quelques lecteurs auraient pu craindre que ses historiens, et nous particulièrement, n'eussent groupé les faits avec un certain artifice propre à les faire plus resplendir qu'ils ne mériteni, ou qu'ils n'eussent réussi à peindre ses qualités et ses vertus sous des couleurs qui leur auraient donné un éclat factice ou exagéré. Si quelqu'un avait eu cette tentation, il lui serait facile, en tout cas, de se convaincre qu'elle est sans fondement. En examinant notre récit avec une sérieuse attention, il verrait,