‹ Lettres de M. de Bourlamaque au chevalier de LévisChapitre 10 sur 10 · LETTRES DU MARQUIS DE MONTCALM · texte numérisé non relu

LETTRES DU MARQUIS DE MONTCALM

26 août 1759.

Voici, mon cher Bourlamaque, réponse à votre lettre du 21. J’ai insisté auprès de M. de Vaudreuil qui vous eût rappelé, sans la crainte, qu’il ne faille que le chevalier de Lévis ne se porte aux Rapides ; cependant je crois avoir obtenu de lui un ordre conditionnel, mais à moins qu’on ne vous le dise, n’en faites semblant, car je vous écris comme votre ami, et non votre général. M. de Vaudreuil avoit peur que vous ne vinssiez sans ordre, je l’ai bien rassuré. Pour ici, si vous y venez de suite, je vous donnerai le poste du chevalier de Lévis, où je me suis quasi (établi), et je laisse, entre nous, souvent le commandement de l’armée au chevalier de Montreuil, qui s’en acquitte bien. C’est la charge de pourvoir à tout sur le champ, vu mon absence. Une lettre pour Amherst à cachet volant, vous ou le chevalier de Lévis l’enverrez quand vous voudrez ou croirez devoir l’envoyer. Soyez tranquille sur tous propos ; s’il y en a eu, point d’humeur, mon cher Bourlamaque. Jusqu’à présent nous n’avons pas perdu notre temps, et fiez-vous à moi, quoiqu’il arrive, nous ne le perdrons pas ; je n’ose (rien) vous dire, parce que vous en savez plus que moi. Laissez-vous conduire, mais le ciel sait toujours mieux, et si l’humeur me prend jamais, je vous prierai de me conduire. On ne peut vous être plus dévoué, et en faveur de cette sincère déclaration, faites grâce au manque de cérémoi niai avec lequel je finis ma lettre.

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