‹ Lettres de M. de Bourlamaque au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 17 sur 27 · ELA · texte numérisé non relu

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I1 veut le mériter, cette campagne. Les nouvelles arrivées hier de la Belle-Rivière, sont bonnes, Je vous renvoie à Doreil pour le détail.

Le 13 juin. — Le jeune volontaire du régiment de la Sarre est le sieur Granet, donné à M. de Langy, pour aller en guerre avec lui; et vous êtes prié, Monsieur, de le faire aller à tous les partis, découvertes, s’il se conduit bien, afin qu'il puisse mériter. Il campera, mangera avec le piquet de la Sarre, comme y étant soldat, et sera à la discipline de M. le chevalier Mauran.

Depuis votre départ, rien de nouveau, car la pluie n’est pas une nouveauté,

Le 17 juin. — Nouvelles de Louisbourg du 5 décembre, qui nous auroient fait grand plaisir, si elles étoient arrivées en mars. Gardez-moi la lettre de M. l’Intendant que je vous envoie, Nulle léttre des bureaux de la guerre, que deux ; l’une pour envoyer des imprimés de sentences ; et l’autre pour envoyer le nouveau règlement et modèle, pour l'uniforme des chirurgiens. M. de Belle-Isle à toute la guerre. M. de Crémille, adjoint, demande la protection de Doreil qui, entrenous, m’écrit de facon à me faire apercevoir que je ne dois pas le négliger. M. de Saint-Priest toujours en Languedoc. Le public regrette le maréchal d'Estrées.

La réputation de d’Armantières croule, celle de Chevert se soutient ; il a boudé contre la cour, Contades et lui trouvent la charge de percepteur difficile, L’électorat de Hanovre reperdu entièrement et évacué ; Chevert,

après la bataille d'Hamstenbeck a été... avec le comte de Lorges, son inférieur, qu’il avoit malmené en paroles, comme ayant mal mené sa division, Le maréchal d’Estrées informé, a fouté aux arrêts le comte de Lorges (comme dit le marquis de Vaudreuil). Ces détails sont sûrs, mais pour vous seul, ainsi que la promotion de la colonie, à cause des notes,

On a dit avoir vu quelques pistes d’Agniers vers les Cèdres ; il y a quatre-vingts sauvages en campagne, avec Langy, Longueuil et Bleury.

Le 27 juin, — J'ai trouvé ici, Monsieur, l’intendant ; il est parti ce matin. Les Anglois, tous rachetés, partent demain avec M. Fesch, et de là à Halifax en paquebot. Autre paquebot pour Londres. J'ai fait une belle lettre pour M. de Vaudreuil, à être imprimée; il en a été enchanté, et moi aussi, qui ne suis pas toujours content de mes ouvrages. C’est la description simple des faits, concernant la capitulation, à M. de Moras, et à imprimer.

Les vaisseaux de guerre partent le 13 de Québec ; les huit compagnies y sont arrivées sur cinq bâtiments. Le Robuste est arrivé ; il y avoit le capitaine Rosier, lieutenant de frégate, une épée d’or. Le Superbe pris. Il y a des bâtiments qui arrivent tous le jours ; on crie toujours misère ; on varie sur la récolte. Marcel fait le tour avec les bateaux... Plaignez-moi. On vous refuse tous Canadiens, hors cinquante pour l'hiver ; gardez ceux que vous avez. Des sauvages, dans treize jours. Songez à l’arrangement pour l’hiver; un commandant francois

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je le cherche, Senezergues ou d'Hébécourt; pour vous seul, six piquets, cinquante hommes de la colonie avec cinquante Canadiens: Wolff. Soyez à l'instruction, au logement ; il faut que l’on voie que le poste roule sur des Francois. Je veux aller à Québec, Doreil m'en presse.

Quartrers d'hiver : — La Reine à Québec; la Sarre à l’île Jésus, Lachenaie, etc. ; Royal - Roussillon à Laprairie : Languedoc à la Pointe-aux-Trembles de Québec; Guyenne à Chambly ; Berry 1° aux anciens quartiers de la Reine; Berry 2" à l’tle d'Orléans; Béarn à Montréal, Lachine, la Pointe-Claire, Niagara relevé, les piquets rentrent, M. de Bourlamaque à Québec; le chevalier de Lévis à Montréal; le major général, idem ; le marquis de Montcalm, partout,

Conseil de guerre, cet antomne, pour Beauséjour et Gaspareau ; n’en dites mot, Je serai le conseil pour sauver ceux de Beauséjour, perdre le commandant de Gaspareau. C’est mon avis, ne devant pas être juge. C’est bien assez écrire sans scribe, Je dis tant de bien de M. Pénisseault, qu’on croit quasi que je songe à madame,

Dites à vos deux bataillons que c’est à eux à écrire en France, pour envoyer des blancs. pour retirer ordonnances et se faire payer des pensions et gratifications, Béarn a-t-il des tailleurs? Se chargeront-ils de l’entreprise de son habillement pendant l'hiver, qu’on lui donneroit à faire ? il est en pièces.

A Carillon, le 8 octobre 1758.

L'occasion de l'officier écossois, envoyé au sujet de la capitulation de Frontenac, nous a procuré, Monsieur, les nouvelles ci-jointes ; je. les voudrois meilleures pour le bien de l'Etat, Nous ne savons rien, nous trouvons que la saison s’avance et que l'ennemi s’y prendra tard, s’il a envie de venir dans cette partie, Je crois, en mon particulier, qu'ils feront hiverner un corps au lac George. Je compte avoir encore à rester ici, de trente à quarante jours. Je m'estimerai heureux et content d’être à Montréal le 15 décembre. Ceci pourra passer pour une campagne, Je vous serai obligé de communiquer mes nouvelles à l’intendant et à M. Doreil, quoique j'aie prié M. le général d'en faire part à M. l'évêque. Mes compliments aux belles dames,

P. S. — La cavalerie a bien fait; a dû souffrir, et le régiment de Montcalm devoit y être.

Le 8. — J'ai l'honneur, Monsieur, de vous adresser une lettre à cachet volant pour M. l'intendant; et tout malade que vous êtes, traitez la matière avec lui; je dois vous dire, et vous pouvez, si vous le jugez à propos, en toucher un mot à l’intendant, qu’un bavardage, que j'ai regardé comme tel, et que je n'ai pas cherché à approfondir, paroît avoir sa source dans le cercle de la Reine et de Berry. Il n’auroit tenu qu’à moi qu'ils eussent leur bien vivre, et on a fait entendre tenir cela de M. l'intendant même, chez M"° Péan. Je prie M. l'intendant de m'écrire une lettre que je puisse montrer aux troupes, Pour moi, je pense qu’il faut, dans la crise, les aider, et que cela est nécessaire,

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Le 13. — Je serois en mesure, mon cher Monsieur, de gagner une bataille, car j'ai dans ce moment, je ne dis pas bouches, mais bien bons combattants : six mille huit cents ici ou à la Pointe, et deux cents sauvages ; y, mais je crois et j'ai cru qu'ils ne viendront pas, Langy est en parti, Une découverte part aujourd’hui, une vers le sud, l’autre vers le nord, Nos colonies s’ennuient.

Je voudrois que les nouvelles de votre santé eussent été meilleures. Vous n'êtes pas surpris que je sois de l'avis de Doreil surtout, car je suis assez en général de l'avis de tout le monde, Je compte avoir encore trente jours à rester ici de ma personne, car je fermerai la porte ; c'est une campagne, au moins, par l'ennemi (sic).

Le 19, — J'ai eu l'honneur, Monsieur, de vous écrire, hier, des bonnes nouvelles de Carillon du 6, par M. de Joannès, Je les ai encore meilleures du 15, avec le détail de l’action du 13; mais c’est M. de Villeray; L qui en est le porteur, Celle-ci vous ajoutera que plusieurs de mes officiers et soldats voulaient y marcher; mais l’ordre de M. de Vaudreuil étoit que cela roulât sur la Durantaye; cependant d'Hébécourt a fermé les yeux sur ce que M. de Forsay, lieutenant au régiment de la Sarre, et d’Arennes, cadet nommé à une lieutenance en second de grenadiers, dans Languedoc, y ont été, et les sauvages disent que ce sont deux bons hommes. Langy, qui a marché, a eu la plus grande part à l'affaire, en cernant les Anglois. La Durantaye et la colonie ont entouré avec une valeur de leur âge et moins d'expérience. On auroit fait trente-cinq à quarante prisonniers, mais on a tué, Il pouvoit y avoir sur

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Al A M, DE BOURLAMAQUE 267 |: | dE ATV CET MN 2 RAR 4 | deux cent trente hommes, quarante Canadiens, Saint- st Jean, interprète ontaouais, s’est très distingué, a | l M" de Vaudreuil disoit ce matin : M, le général, les HA ut Anglois disent bien que vous êtes un grand général, Le MAL P. Floquet: tout est dû à votre prudence et à votre \ bonheur, Rigaud pleuroit de joie et de chagrin de la ii perte des sauvages, Saint-Sauveur disoit sa phrase “iii favorite : Rogers est tué, c’est complet, habit, veste et qi nl fl culotte, gel Les commissions du 14 janvier sont datées de New- OR York, signées Loudon; voici les qualités: Son Excel- sh lence le comte de Loudon, lord de Mackline, et un autre Ml dont j'ai oublié le nom; l’un des seize pairs d’Ecosse, SM

gouverneur de la Virginie, vice-amiral d’icelle, colonel du 13" régiment, colonel de Royal-Américain, major | général de toutes les forces de Sa Majesté britannique, ah levées et à lever dans l'Amérique septentrionale, Brûlez Ï mes lettres.

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Le 21, — Je souhaite que M. de Joannès voustrouve, QUE mon cher Monsieur, en très bonne santé : tout est fort m4

tranquille, ici ; les Anglois toujours à leur camp. J’en ML

ai eu des nouvelles d'avant-hier, Marin est encore en 1 LU parti, de même Hotchig. Langy Montegron est rentré

dans la carrière, le bras en écharpe, un pistolet à la LA | main ; l’émulation venoit pour ce genre de guerre. M. Dumas l’avoit éteint : intrigue, jalousie, misère, Les capitaines de la colonie sont partis, partent ou briguent de partir, Je resterai jusqu’au dernier moment, avec la “| jeunesse, Raymond, La Roche, Vermot et Degaus, capitaines, tous trois nés en France. Vous aurez la

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Reine et Berry, fort aise tous deux et Languedoc autant de se rapprocher de Montréal.

Mes compliments À M. Doreil, de vous à moi, exhortez le à ne pas tout gâter par le ton d'importance. Je compte n'être à Montréal que du 15 au 20,

Tout le monde trouve qu’il fait froid; j'ai encore mon habit d'été. J'ai écrit ce que vous voulez : éloge des talents, blessure énorme, mauvaise santé, crainte qu’elle ne vous permette pas la campagne prochaine, etc : D'Hébécourt a été à la tête des travaux poussés avec vigueur, à la toise ou à prix fait. Si vous voyez les dames, mes compliments ; et à M°° Marin, que j suis fort son ami, son serviteur ; que son mari partira au retour de cette course qu’il a voulu faire proprio F4 motu, car il m'a persécuté,

Le 25, — Je fais passer sous vos yeux, mon cher Bourlamaque, la lettre que j'écris à M. l’intendant, à l'égard des souliers qu’il veut nous donner en payant.

I] faut attendre à l'extrémité, et lorsqu'on se déterminera à en donner, que ce soit également pour chacun des huit bataillons. A l'égard des bonnets dont M. l'intendant n’a plus que quatre cents à donner, ma foi, il vaut mieux n’en donner à aucun bataillon, et les payer en argent. Voilà mon n.vis.

Je voudrois bien que la très jolie et brillante action de la Belle-Rivière fût suivie d’une pli: considérable, Je vous souhaite une meilleure santé, Je ne compte pas sur les ennemis, cet automne, quoi qu’on en lise à Montréal, Je n'ai point renoncé à aller à Québec, je

compte même y passer une partie de l'hiver ; vous pouvez le dire à Doxeil, à la rue du Parloir, et laisser croire à tous les autres ce qu’ils voudront.

P, S. — Dites à Joannès qu’il s'arrange pour que son bataillon occupe les quartiers du gouvernement des Trois-Rivières ; la Reine devant aller dans les leurs. Je n’ai pas le temps de répondre ni à Bernier ni à M. de Pontleroy.

Le 27, — MM. de Surimeau et d'Hert, mon cher Bourlamaque, prendront vos ordres pour leurs quartiers qui seront ceux que Berry occupoit jadis, et ceux de Languedoc, à la Rein. Je les charge l’un et l’autre de vous rendre compte et vous communiquer un règlement de M. de Vaudreuil, rendu de concert, mais dont la condition pourroit être mieux. D'ailleurs, à l'ordinaire, comme l’année dernière, je vou. souhaite force santé,

Il paroît que les ennemis s’en vont et hiverneront au lac Saint-Sacrement ; pas en ce cas, la colonie Québecquoise.… les deux de Berry. La Reine (partira) le 1° et le 2, La colonie des Trois-Rivières, Languedoc, le 3 ; elle de Montréal, le 4; La Sarre et Béarn, le 6 ou le 7; toyal-Roussillon, Guyenne, le 7 ou le 8. Garnisons : quatre cents hommes dont trois cents troupes de terre, cent colonie ; et Saint-Frédérie, colonie, cent quat:2vingts, Manneville n'ira à Québec qu'avec moi, Que votre santé soit meilleure, voilà tous mes souhaits,

P.S,— Le chevalier de Lévis se médicamente pour des hémorroïdes dont il souffre,

Le 31.— M. le marquis de Vaudreuil m’a écrit pour me confimer, Monsieur, le traitement accordé par M. l'intenlant, Je jars le 4, et tout le monde sera parti le 6, J'ai chargt les premiers colonels de Berry de prendre vos ordres; ceux de la Reine et Languedoc de vous rendre compte. Si Privat vous écrivoit pour pouvoir être établi de sa personne aux Trois-Rivieres, faites-le : il seroit également à portée de ses quartiers, et prévenez-en l’intendant,

Le 5 novembre, — Vous vous intéressez, Monsieur, ainsi que moi, à M. d’Arseval, qui est un vrai panier percé; grondez-le bien, accoutumez-le à vivre de peu.

MM. de Berry ont promis de l’établir dans quelque quartier, qu’il y passe son hiver sans faire aucune dépense, Voyez de convenir avec Surimeau de ce qu’on lui donnera, par mois, pour appointements, dont la retenue sera faite à l’arrivée de ses lettres, Il s’est avisé de prêter, à ce qu'il m'a dit, cent soixante livres au petit la Naudière, Je l'en ai bien grondé, eomme M. Gaillard qui s'avise de lui vendre une montre à crédit, à qui il doi trois cent dix livres, Voyez que le petit la Naudière ne remette point l'argent à M. d’Arseval, mais faites-le remettre à M. Gaillard, à-compte ; parlez-en à la mère,

Au reste, le moindre mécontentement que vous puissiez avoir de M. d'Arseval, mettez-le-moi en prison ; c’est un vrai service que vous lui rendrez, et dont il vous aura obligation, un jour, et à moi,

A Montréal, le 9 novembre 1758.

J'apprends, Monsieur, qu'un commis du munitionnaire part pour Québec, et j'en profite pour vous écrire et répondre à la lettre du 23. Je vois que vous avez obtenu de l’'intendant l’eau-de-vie pour les officiers nommés et non pourvus de lettres; question à vous faire, pour que les cinq bataillons, dont j'ai les aidesmajors, ici, soient uniformes, avec les trois autres ; cela ne doit, ce me semble, s'entendre que pour les officiers, nommés le 4 novembre, et à qui j'ai fait faire la campagne comme officiers ; à l'égard de ceux nommés cet été et qui n'ont pas fait ce service, je douterois; en tout cas, ils ne peuvent prétendre que du jour de leur nomination, 25 juillet, Au reste, dans le doute, j'ai dit aux cinq aides-majors d'ici, de ne prendre que pour les premiers, sauf à y revenir. A l'égard des corps de garde, la demande indiscrète et jalouse de ceux qui sont dans le gouvernement de Québec fera perdre peut-être pour cette année, au moins pour la prochaine, cet avantage à ceux de Montréal ; cependant cette diftérence est commune, car souvent, en Italie, les troupes du L.. sont mieux pour des petits avantages que celles du Milanoïis; mais nous n'avons pris dans nos huit bataillons de lesprit d'union qui doit y avoir dans une famille, que celui de jalousie, qui empêche un père de rien donner, crainte de ne pas contenter ceux à qui il donnera, et mécontenter ceux à qui il ne donnera pas. Si l’intendant veut savoir l’origine de cette faveur ou abus, que je n’ai su qu'en avril 1758, sur un démêlé entre Tourville, capitaine de Bearn, et son hôte, l'hiver de 1755 à 1756, avant mon arrivée, dans ces

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