A UN ÉVÉQUE
Il lai parle d'an ecclésiastique qnl par sa conduite se montrait Indigne du sacerdoce.
[Vers 164S (3).]
Monseigneur, Depuis que j'ai reçu l'honneur de votre lettre, j'ai
(1) Sur l'autographe.
(2 et 3) Il est très probable que ce prélat était Pierre Fenoillet, qui occupa
pensé être utile de m'informer à fond des sentiments de Monseigneur d'Aleth sur le sujet de M. Roanel et de sa promotion au saint ordre de prêtrise. J'ai enfin appris qu'il ferait grande difficulté d'admettre des personnes scandaleuses à cette dignité et surtout celles où il y avait si peu de fond et de marques de pénitence. Ce qui a fait, Monseigneur, que j'ai cru ne devoir pas hasarder une demande à votre nom que je crusse ne devoir pas réussir et qu'il me fallait tenir dans les bornes de la prière auprès de Dieu pour lui, que j'ai vu et que je sais avoir si peu de déférence pour moi. Je ne peux pas me promettre aucune chose sur son esprit, si votre bonté ni votre justice n'ont rien pu dessus lui. Je lui mandai, la dernière fois qu'il a reçu de mes nouvelles, que je n'aurais jamais aucun commerce avec lui si je ne le savais pour vous. Monseigneur, dans les derniers respects et les dernières obéissances, ce qui l'a éloigné, comme je pense, de la confiance et du commerce que j'aurais pu espérer de sa part, ne m'ayant fait savoir ni de bouche ni par lettres, aucune de ses nouvelles du depuis ce temps-là.
C'est là, Monseigneur, les termes où j'en suis avec lui, qui me fait croire être bien inutile en toutes cho-
très dignement le siège épiscopal de Montpellier depuis 1608 jusqu'en 1 652 . M. de Roanel, en effet, était de ce diocèse et possédait même l'archidiaconé de la cathédrale. Il avait passé un an au séminaire de Saint-Sulpice, probablement pour s'y préparer à la prêtrise, car il était diacre, mais il rentra dans son bénéfice, au mois de juillet 1644, sans avoir été ordonné. La lettre de M. Olier montre que la conduite qu'il tint d'abord à Montpellier fut loin d'être édifiante, mais on sait par Marie Rousseau que le serviteur de Dieu, dans le voyage qu'il fit en 1647, le vit, l'entretint et eut la consolation de le faire rentrer dans le devoir. Le chapitre de Montpellier le nomma plus tard à la prévôté de la cathédrale, dont il se démit en 1667. {Gallia christiana^ t. VI, p. 870.) — Cette date n'est qu'approximative.
ses sur son esprit, ne me croyant propre qu'à pleurer et gémir pour son état, le voyant si mal disposé vers Dieu et son Église et avoir si peu de déférence pour la personne du monde qu'il doit le plus chérir et honorer, qui est vous. Monseigneur, comme celui qui l'a comblé de tant de grâces et de témoignages d'amour et de bonté; ce qui m'a lié dès lors si fortement à votre personne et m'a fait être, toujours de plus en plus, Monseigneur, votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.
Olier, curé de Saint-Sulpice.
LETTRE XGVI (1).
A SAINT VINCENT DE PAUL (2)
Il lai demande nne religieuse pour la réforme d'nne abbaye
en Anvergne.
Vers 1645 (3).
Qui a Dieu a tout.
Monsieur,
Je suis sollicité de deux endroits pour vous écrire, l'une de la part de M. Landas, qui désire que je vous
(1) Sur l'autographe.
(2) On sait que saint Vincent de Paul, de 1643 à 1653, faisait partie du Conseil de conscience qu'Anne d'Autriche avait formé pour l'examen des affaires ecclésiastiques et particulièrement pour la nomination aux bénéfices.
(3) Cette date.n'est qu'approximative. 11 y'alieu de croire néanmoins que la demande faite à saint Vincent de Paul n'est pas postérieure à 1646, car le diocèse de Clermont ne reçut, durant les dix ans que saint Vincent de Paul fut au Conseil de conscience et M. Olier à la cure de Saint-Sulpice, que trois nouvelles abbesses, l'une à Sainte-Claire de Clermont, en 1644, l'autre à l'ÉcIache, dans la môme ville, en 1646, et la troisième, à Sainte-Claire d'Aigueperse, aussi en 1646. [Gallia christiana, t. II, p. 408, 418, 420.)
témoigne de la religion de Monsieur son père et sa mère, ce que je fais de tout mon cœur, comme ayant connu leur piété particulière (1). Et de l'autre part je suis prié par une demoiselle de Madame la princesse (2) de vous demander une religieuse pour la réforme d'une abbaye dont Monseigneur de Clermont (3) vous écrit et à moi, pour vous en supplier. Ce que je fais dedans l'esprit de procurer le bien de la gloire de Dieu partout où il peut être et particulièrement en nos cantons d'Auvergne si délaissés.
Je suis de toute ma volonté, en Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Olier, curé de Saint-Sulpice.
Monsieur, j'aurai le bien de vous envoyer ce livre qu'il vous plut me demander dernièrement : on me^l'a promis pour le premier jour.
LETTRE XGVII (4).
n l'exborte à mettre en Bien tonte sa confiance et à ne rien craindre malgré les persécutions du monde.
[Très probablement en 164S (îî).]
Mon cher Monsieur, ne nous appuyons qu'en Dieu
(1) Cette attestation était sans doute relative à des paroissiens de Saint- Sulpice et devait permettre à M. Landas d'obtenir une place à Saint-Lazare ou ailleurs.
(2) La princesse de Condé, Charlotte-Marguerite de Montmorency.
(3) Joachim d'Estaing, qui fut évêque de Clermont de 1614 à 1650.
(4) Tirée de l'Esprit de M. Olier, où MM. de Bretonvilliers et Tronson l'ont citée comme preuve de sa confiance en Dieu. (T. I, p. 52.)
(5) C'est durant cette année que l'œuvre de Saint-Sulpice fut particulièrement attaquée et persécutée. {Vie de M. Olier , t. II, p. 135 et suiv.)
et ne nous coulions qu'en lui seul pour l'œuvre qu'il lui a plu nous faire l'honneur de nous commettre. Ne regardons' jamais que lui en toutes choses. Il nous fera la grâce de nous conduire lui-même au milieu des tempêtes et des contradictions; et elles ne serviront qu'à faire éclater avec plus de lustre son amour, sa sagesse et sa puissance. Ces aimables perfections îie paraissent jamais davantage que lorsque, malgré les envies de l'enfer et les persécutions des hommes, il fait réussir l'œuvre qu'il a commencée et qu'il le conduit à sa perfection.
11 lui faut tout laisser et cependant demeurer en paix dans l'attente de son secours. Quand tout le monde serait soulevé contre nous il ne faudrait jamais désister de faire ce que nous croyons que Dieu désire, puisque nous sommes assurés qu'il peut dissiper tous les nuages en un moment et faire de nos plus grands persécuteurs, nos meilleurs et plus fidèles amis.
LETTRE XGVIII (1).
A M. DE 6RET0NVILLIERS (2).
n lai parle des étades qu'il doit faire en vue de la licence (3).