‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 132 sur 326 · A M. DE BRETONVILLIERS · texte numérisé non relu

A M. DE BRETONVILLIERS

n le cbarge de quelques commissions et lai exprime le désir de servir Dieu mieux que jamais.

[Probablement en octobre 1646 (2).]

Monsieur, Je vous adresse encore ce billet pour, donner à ma

(1) Sur l'autographe.

(2) La raison qui fait incliner à placer cette lettre en 1646 et non plus tard, c'est que dès le mois d'octobre de cette année M. Olier cessa d'être en rapport avec le P. Bataille, ainsi qu'on le lit dans les Mémoires du serviteur de Dieu. Ce religieux, devenu bien différent de ce qu'il avait été d'abord, s'était retiré de la réforme de Saint-Maur et avait quitté l'abbaye de Saint-Germain, Marie Rousseau ne le voyait plus. D'autre part, cette lettre semble supposer que M. de Bretonvilliers était à la communauté delà paroisse, ce qui ne put guère avoir lieu avant 1646, qui fut l'année où il reçut la prêtrise. Or en 1646 M. Olier passa au moins une partie du mois d'octobre hors de Paris , dans quelque lieu solitaire oîi il vécut très recueilli, habituellement occupé de Dieu et des besoins spirituels de ses paroissiens. Un jour qu'il eut la pensée d'aller à Paris pour rendre un service assez léger à une personne de sa paroisse, Notre-Seigneur le retint, luifaisant entendre qu'il l'aimait mieux en cette solitude, priant pour le service des âmes ; que d'autres suppléaient à ce qu'il ne faisait pas extérieurement. Octobre 1646 convient donc assez bien pour la date de cette lettre.

mère, en attendant que je vous aille voir et elle aussi. Dieu est bon partout et partout il est adorable. C'est pourquoi il le faut aimer, adorer et servir, ce que je tâche de faire en ce pays, pour me préparer à le faire mieux que jamais par delà, en son esprit dans lequel je suis tout vôtre.

Priez pour la paroisse en mon absence et la recommandez à tous, entre autres à la bonne mère (Marie Rousseau) et M""^ Rémi (1). Mon frère viendra bientôt, vous le secourrez s'il vous plaît (2). '

Monsieur, depuis celle-ci écrite il est survenu des choses qui m'ont obligé d'écrire au P. Bataille et à M™" Rousseau à laquelle vous donnerez le paquet pour les deux. Je fais mes recommandations à nos Messieurs par M. Andrés (3); vous les ferez à M. Joly (4) de ma part en particulier, et à M. Picoté (5) .

(1) M™^ Remî était la compagne de Marie Rousseau.

(2) Nicolas-Edouard Olier, seigneur de Fôntenelle, et grand andiencier de France, habitait la paroisse de Saint-Sulpice où il mourut, rue Féron, le 27 novembre 1669.

(3) M. Ândrés était sans doute un des prêtres de la communauté. Marie Rousseau désigne sous le nom de M, André le prêtre qui, en 1645, trahit M- Olier et le livra à ses persécuteurs. Elle ajoute, il est vrai, qu'il demanda grâce et obtint son pardon ; mais cela n'autorise pas à penser qu'il s'agit de lui en cette lettre.

(4) M. Claude Joly, prêtre du diocèse de Verdun, entra à Saint-Sulpice le 8 juillet 1643, et travailla longtemps à la paroisse avec zèle et succès. En 1651 il devint trésorier de la cathédrale de Beauvais, puis curé deSaint- Nicolas des Champs, à Paris, enfin évéque de Saint-Pol de Léon d'où il fut transféré sur le siège d'Agen en 1664. 11 mourut le 21 octobre 1678.

(5) M. Picoté était alors supérieur de la communauté des prêtres de la paroisse de Saint-Sulpice.

Page 1