‹ Lettres de M. Olier, fondateur du Séminaire de saint-Sulpice [microform]Chapitre 174 sur 326 · LETTRE CLI · texte numérisé non relu

LETTRE CLI

A MADAME TRONSON, AU PÉRAY

Il lui parle d'an pèlerinage qu'il va faire, n l'exborte ensuite à unir le recueillement de Marie aux fonctions extérieures de Martbe.

[Paris, 20 septembre 1649.] Qtci a Dieu a tout.

Madame,

Je suis bien marri de ne pas donner à Votre charité ce qu'elle désire et ce qui lui est dû par tant de titres. Je rends à Dieu ce que je vous dérobe, car je lui fais un sacrifice qui lui sera, comme j'espère, bien agréable, puisque en suivant les ordres de sa divine Providence qui m'appelle ailleurs, je M sacrifie, tout d'un temps, la joie, le repos et la suavité que votre solitude a coutume de me donner (2). Nous sommes à Dieu par-dessus

dans l'état ecclésiastique. La reine Anne d'Autriche l'estimait beaucoup et j usqu'à sa mort elle l'honora de sa confiance. . i

(1) Sur l'autographe. ...

(2) M. Olier avait quitté le Péray pour faire le pèlerinage de Notre- Dame de Liesse. Il le fit, en effet, vers la fin de septembre, pour remercier

tous ses dons et toutes les grâces qu'il nous office et qu'il nous communique, et il me semble qu'il aime beaucoup ces victimes de sainteté et qu'on lui sacrifie ce qu'il y a de plus délicat en sa grâce.

Si, vous êtes ici de retour jeudi au soir, j'aurai le bien de vous voir et vous laisser les petits ordres de l'œuvre de Notre-Seigneur, car je dois partir vendredi pour un pèlerinage qiié je dois à Dieu, il y a du temps. Je vous envoie en attendant ces papiers de Toulouse que vous verrez à loisir, et dont nous^ nous entretiendrons à votre retour. Je prie Notre-Seigneur qu'il donne sa bénédiction à ses desseins sur vous et toute votre famiQe, particulièrement en l'affaire de monsieur votre fils aîné, que je désire d'autant plus qu'elle vous promet plus de repos, et vous tirant ainsi de l'exercice de Marthe, eUe vous établira dans la paix de Marie que vous goûterez avec autaht^de plénitude et d'abondance que vous aurez été fidèle à ces emplois extérieurs.

En attendant, unissez et joignez l'une à l'autre. Que l'intérieur de Marie opère en l'extérieur et par les mains de sa sœur Marthe 1 Soyez touj ours en Jésus-Christ ; qu'il soit en vous principe de toute votre lumière, et votre opération extérieure, qu'il vous occupe en tout vous-même et qu'il soit seul vivant et opérant en vous dessous l'écorce de la vieille . créature.

Je suis de toute ma volonté. Madame, votre très humble et très obéissant serviteur.

Olier.

. . , . . Ce jour saint Eustache.

la sainte Vierge de l'avoir protégé dans l'affaire des Oratoriens qui voulaient s'établir dans lé faubourg Saint-Germain. (On peut voir dans la Vie de M. Olier [t. II, p. 432] toute la suite de cette affaire.)

Vous me ferez souvenir à votre retourde vous'donner la dévotion du chapelet de Notre-Dame que j'eusse été bien aise d'achever au Péray, que j'ai tracée depuis votre départ, qui me parait comprendre les grandeurs de notre sainte maltresse et être utile aux enfants qui la servent (1).

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