A LÀ MEME, AU PERAY
II la console sar ^nel^ne nouvelle affliction et Texborte à s'nnir à Jésos-Cbrist qni a voulu souffrir rattaqne du démon, an désert, pour nous mériter la force de bien nser des tentations.
[Fin novembre 16S0.]
Ma très chère fille en Notre-Seigneur,
Je me vois obligé de partir pour aller voir M""* la Princesse qui est à l'extrémité, à laquelle je ne peux et ne dois refuser ce juste devoir en son dernier besoin, surtout après m'en avoir fait avertir (2) . Je ne sais si j'oserai vous demander M. de Saint-Perrier (3) pour quelques jours, pour l'employer en quelque service de Notre-Seigneur, au cas que cela n'incommode point monsieur l'abbé, votre frère.
M. de Bretonvilliers me dit Mer ce que je croyais bien sur votre sujet. J'eusse désiré avoir l'occasion de vous témoigner combien je suis fâché des rencontres^ de votre affliction, et néanmoins combien je révère Dieu qui permet au malin cet exercice qui, malgré lui, sera la purgation de votre cœur, la force de votre vertu et l'établissement parfait de Notre-Seigneur en vous. Allez toujours croissant en la retraite intérieure en Dieu où toutes ces attaques et ces agitations vous rappellent. Dites à Dieu souvent, avec Jésus-Christ au désert, qui
(1) Sur l'autographe.
(2} On trouTera plus loin quelques détails sur la mort de la priacess& douairière.
(3) M. de Saint-Perrier, dont il est encore parlé ailleurs, faisait sans doute fonction de chapelain ou de vicaire au Péray.La présence de M. Antoine de Sève lui permettait de s'absenter pour quelques jours.
doit être votre vertu et votre modèle tout ensemble :
Expectabàm eum qui sahum me fecil a pusillanimitate
spiritus et tempestate: Adorez beaucoup l'état du Fils
de Dieu livré aux puissances malignes, usant de ces
assauts à votre décharge et pour vous mériter la force
et la grâce d'en user saintement. J'eusse désiré vous
donner une ouverture pour monsieur votre fils, je ne
pensais pas vous tant écrire.
Olier.