AU MÊME, A PARIS
Il lui anuonce son prochain retour à Saint-Sulpice.
[Verneuil, fin d’août 1649 (2).]
Vive Jésus en Marie.
Monsieur et très cher en Notre-Seigneur.
J’ai vu ma mère fort en peine de mon retour si prompt; néanmoinslui ayant fait entendre l’importance du sujet et l’obligation que j’avais de me rendre à Paris aussitôt que Msr de Metz, enfin elle m’a promis son carrosse, mais à condition que vous m’enverrez homme exprès le jour de son arrivée. J’ai cru ne lui pouvoir refuser cette condition, sur quoi je vous prie de vouloir vous en informer expressément pour me le mander à point nommé. Je passerai par Ruel, qui est mon chemin, pour voir Mme d’ Aiguillon (3), pour savoir à fond d’où vient la commission de M. de Montagu, qui n’a point de qualité pour écrire au nom de la reine, et par qui il a pu être sollicité et s’embarquer là-dedans (4).
(1) Sur l’autographe.
(2) Cette lettre est sans date, mais l’affaire des Oratoriens, qui paraît avoir motivé le prompt retour de M. Olier, comme on le verra bientôt, la place naturellement vers la fin du mois d’août 1649. Elle est sûrement écrite de Verneuil où Mme Olier avait une habitation ; car Ruel est tout à fait sur le chemin qui conduit de ce lieu à Paris.
(3) Mme d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, était une des bonnes paroissiennes de Saint-Sulpice. Elle habitait alors son magnifique château de Ruel.
(4) Gautier de Montagu, plus connu sous le nom de lord Montagu, était un lord anglais protestant, qui se convertit à Loudun et entra même
Je vous prie de ne laisser de me renvoyer demain le petit Martin pour m’apporter mes lettres. Je pourrai partir ensuite ou le samedi ou le lundi, au plus tard, au cas que Msr de Metz dût être encore le mardi à Paris. Comme jen’ai pointde carrosse je suis à la merci de nos bonnes gens. Adieu, mon cher enfant, je ne vous ai point oublié, ni le cher frère, depuis notre départ. Je suis en Notre-Seigneur et sa très sainte Mère, mon cher enfant, votre tout acquis.
Cher.