LETTRE C X V I I
îSçç. à Marli, le 20 janvier.
E croyez pas, Monfeigneur , que j'aie oublié de dire au roi que vouii le priez de faire écrire à M. de Ragnioles. & encore moins que je vous euâfè di I l'avoir fait fi j'y avois manqué. Le ro l'a oublié : il vient de me dire que vou,' aviez chargé M. de M. de l'en faire fou. venir. J'ai craint que votre confiance e* 2Tio i ne diminuât.
Le roi a lu l'arrêt -'"f & n'a point fent t de petit mot fur fes bons amis §. Il a eu charmé de l'éloquence de M. d'AguefTeau Nous avons vu des réponfes de Rome qui font fort vagues. Je me fuis impofe iilence fur cette affaire. Mais je ne puii m'empécher de vous dire que je craini qu'on n'en demande trop : qu'à force de pourfuivre le quiétifme, on n'attaque le
T L'arrêt du parlement du 20 janvier 1699, 1^1 condamnoit le problème propofé à l'abbé Boileat { de l'archevêché. Ce problème fut auiïi déféré an
St. Office , & y fut condamné k 2 juin 170c. $ Les jefuites.
de Maintenu n. i 43
-pur amour : & qu'en voulant trop de qua. lifications , on ne perde une cenfure qui auroit été meilleure , quelque générale qu'elle eut été , que de n'en avoir point du tout. Le pape ne promet rien, pas même la diligence e on eit. venu ici dans le defTein de tout oublier , pour ne penfer qu'à fe divertir : voilà, Monfeigneur, notre .catéchifme.
LETTRE CXVIU. *
à Marïy , 27 janvier. I oÇÇu
LE père de la Bourdonnaye m'a fait dire qu'il eft réfolu de quitter Moniteur : j'ai répondu que je crois qu'il fe doit à Dieu , à lui-même , à fa compagnie , au monde : peut-être cette démarche effrayera Monfieur. Si ma réponfe eftmau- Vaife , c'eft à vous à la racommoder : car je ne doute pas qu'il ne vous en parle. J'ai dit auffi que je croyois qu'il faudrait, quand il fera tout à fait réfolu , en dire un petit mot au roi. Je voudrois que ce mot palTat par vous .: occafion de jetter quelque chofe.
Le roi me dit hier que l'affaire de Blois alloit finir , & que le pape vouioit bien vous en renvoier l'examen. Je parlai pour *r Remembrer les éyiehés trop étendus, paxee
qu'on m'a dit que ce feroit un grand bien La reine d'Angleterre m'entretint hie lon-tems de vos louanges. Un de fes aumôniers, homme de mérite, lui a rendu compt< de votre audience , dont il eft charmé Pour moi, je trouve très-mauvais qu'ehY ne foit pas bornée. Si vous vous livrez ;| l'indifcrétion du public, vous n'y pourre; xéfifter : & votre vie eft nécefïàire.