LETTRE CXL VIII
ce St. C>r, 9 avril.
Ous croyez peut-être , Monfeigneur , que je vous dirai que j'aurai de la
peine à vous donner les foins que votre bonté vous a fait imaginer : je ne ferois pas fincere. Je vous aflure que j'aurois été ravie de ne trouver que vous & de recevoir de vous la bénédiction , l'abfolution, la pénitence, & enfin notre Seigneur. Je ne (ai rien qui put être plus confolant pour moi : & je ne vous plaindrois point dans ces fondions : car vous êtes trop faint pour les dédaigner. Après cet épanchement de mon cceur, il faut vous rendre mille grâces du fecours que vous nous donnâtes hier: mais on nous fit faire nos ftations avec une pompe peu convenable à ce- que je fuis & à l'exemple de pénitence que je dois. Vos gens ne fe font que trop bien acquittés de votre commifîion : peu contens de faire les honneurs de notre-dame, ils nous ont accompagné par tout : j'ai prié de tout mon cœur pour Louis Antoine. Je voudrais m'acquiter aufïi bien
* M. le cemte d'Aven.
Dt Maintenon, i3i
de tous mes devoirs , que de celui qui s'accorde fi fort avec mon inclination.