LETTRE CLXXV I
21 décembre. *'.?*,
'E vous fuplie, Monfeigneur , de voir le mémoire que je vous envoie. Il
eft d'un homme que je confidere infiniment , & auquel je ne voudrois rien refufer. Mais vous favez ce que je puis. Je voudrois de tout mon cœur que mon frère voulut donner de l'argent pour foutenir un établi iïèment qui méritoit de trouver plus de protection. Les tems ne font pas favorables pour demander au roi. Quant à ce qui me regarde, je vous aflT.ire , que ce fera le comte d'Ayen, qui payera les deux mille écus que je donnai pour cette œuvre il y a quelque tems. Car je l'empruntai fur la terre de Maintenon , n'étant jamais en état de donner de pareilles fommes. Mes aumônes font réglées fur ce que je touche d'argent. Et je ne fai perfonne à qui il en coûtât plus d'en faire d'extraordinaires. Je n'ai nul crédit fur l'efprit de mon frère. Je ne fai fî dans le fonds , il feroit fâché que la communauté le quittât. Quoiqu'il en arrive, il devroit fe réduire pour pouvoir donner davantage. Il a trop de domeftiques. Mais c'efr. à ces Meilleurs à le perfuader. Je fuis bien édifiée & bien honteufe de ce que M. de Madot fait pour lui. Il faudra bien tâcher d'obtenir du roi quelque récompenfe. Parlez franchement à ces MefTieurs une fois pour toutes. Car il m'eft impofïible de rien faire pour eux. .Vous favez combien de fois vous avez été
iefufé , quand vous avez parlé pour cet établiffement du tems du bon M. le doyen.