‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 173 sur 243 · LETTRE CLXXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXXIX

24 Septembre . I~0^,

JE priai hier le roi de lire votre lettre , Monfeigneur , pour lui tenir lieu de le&ure fpirituelle. Il feroit difficile d'en faire une meilleure. Dieu veuille la bénir ! On la fit avec attention , & fans réponfe , hors fur la foire St. Germain , diiant que c'eit. M. de Chamillard qui s'oppofe à ce changement , & qu'il falloit défendre feulement les boutiques , où l'on invite les paflTans à ofFenfer Dieu.

Je vis hier , & je vous le dis en fecret , un mémoire de M. le procureur général , fpecieux , éloquent , qui conclut à fupprimer la plus grande partie des communautés établies fans lettres patentes , & à faire des réglemens pour celles qu'on voudra garder , lefquels établiront la vifite & l'autorité des magiftrats fur la conduite intérieure & extérieure de ces maifons. Vous ferez confulté là-delîus. Je pris la liberté de dire que je ne croïois pas qu'il me fut impofiible de faire un mémoire contre celui de M. d'Agueflèau:

Que je ne pouvois penfer qu'il y eut tant à craindre d'établitïèmens que l'on pouyoit féparer d'ua moment à l'autre : que

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je ne croïois pas que cette affaire fut la plus preffee des nôtres. En effet, Monfeigneur , il me femble que ces réformes feroient plus à propos dans un tems de paix. Je foumets mes vues aux vôtres.

On parla hier au hon père pour ce quevous favez , & aufïî doucement que vous l'avez defiré : il ne m'^ft point revenu qu'on parle d'un fucceTeur.

Nous avons la trilte cour d'Angleterre.

Je n'ai vu la reine qu'une fois. Le mauvais tems fait que le roi eft toujours chez moi : ainfi je m'y trouve cloué-3. Il y eut hier une mufïque dans ma chambre , où je crois que perfonne ne fe diverti*. Je ne fai point de nouvelles : & M. le M. ne vous lai Ment pas ignorer celles qui méritent d'aller jufqu'à vous. Je crois devoir à vos bontés pour moi la confiance de vous dire que je me porte bien.

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