‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 198 sur 243 · LETTRE C C X V I · texte numérisé non relu

LETTRE C C X V I

DÉ M, LE' C, DE NôAiLLÏS.

TE ne puis plus tenir, Madame , à la peine que me donnent les nouveaux malheurs de l'état. Il faut , s'il vous plaît, que vous me permettiez de rompre le filence , & d'avoir l'honneur de vous dire ù quel point j'en fuis touché. Je le fuis

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pour ls roi , je le fuis pour vous , Madame , je le fuis pour M. le duc de Bourgogne , je le fuis pour le bien public : en un mot, je me fens pénétré par tous les endroits qui rendent cette affaire malheureufe. Il faut adorer les jugemens de Dieu & s'y foumettre ? ils font bien profonds : mais ils n'en font pas moins adorables : il eft jufte : que fa volonté foit faite ! Il la faut aimer, quelque dure qu'elle foit. Je n'ofe propofer de nouvelles prières publiques : car je comprends les inconvéniens qu'elles pourroient produire dans ces circonftances : mais je vais faire redoubler tes prières particulières : il faut faire toutes fortes d'efforts pour fléchir ia colère de Dieu , & arrêter fon bras furieufement appefanti fur le roi & fur le royaume. Je n'ofe témoigner à Sa MajeiYé ma douleur. Je prends feulement la liberté de vous fuplier qu'elle n'ignore pas mes fentimens fur tout ce qui la regarde. Je fuis né, & je mourrai , s'il plait à Dieu, avec tout l'attachement pofïîble à fa perfonne & à fes intérêts : je prierai N. S. toute ma vie avec toute l'ardeur dont je fuis capable , de la combler de grâces , de gloire , de profpérités , & d'années. Je ne cefTerai aufïi de demander pour vous, Madame , toutes fortes de confolations & les moyens de vous faire connoitre

de Mainte non. 273

mon très fincere & très refpeftueux attachement.

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